C'est elle la jeune fille

Résumé de cet épisode :

(à venir)
 
La dure épreuve va finir :
Mon cœur, souris à l'avenir.
Ils sont passés les jours d'alarmes
Où j'étais triste jusqu'aux larmes.
Paul Verlaine (1844-†1896), La dure épreuve va finir
 
Quant à croire aux choses, je les crois toutes, pourvu qu'elles soient incroyables.
Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray (1890)
 
Épisode précédent
 

Avis personnel à propos de l'épisode

(à venir)
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Après s'être changée, Sarah reste à l'écart des autres élèves : elle est dans sa mansarde lorsque survient Sulya. Et lorsqu'elle décide de le rapporter auprès de Ram Dass, elle passe près des salles où les autres jeunes filles répètent. Dans la nouvelle, la directrice lui demande de revêtir ses nouveaux habits et de redescendre pour aller apprendre ses leçons dans la salle de classe. Une demi-heure après, Sarah est de retour auprès de ses anciennes camarades.

Voici la version de la lettre que Sarah adresse à son mystérieux bienfaiteur :
"J'espère que vous n'allez pas penser qu'il est incorrect que je vous écrive ce billet quand vous souhaitez demeurer anonyme, mais je n'avais pas du tout l'intention d'être impolie, ou d'essayer de découvrir la vérité, seulement, je voulais vous remercier d'avoir été si gentil envers moi - si admirablement gentil, et pour avoir fait tout comme un conte de fée. Je vous suis si reconnaissante et je suis si heureuse ! J'étais si seule, j'avais si froid, j'étais si affamée et maintenant, oh, pensez juste à ce que vous avez fait pour moi ! S'il vous plaît, permettez-moi de dire juste ces mots. Il me semble qu'il fallait que je les dise. Merci -- merci -- merci !
La petite fille de la mansarde"
La rencontre avec Sulya diffère quelque peu : d'abord, plusieurs nuits se sont écoulées entre le moment où Sarah adresse une lettre à son bienfaiteur et celui où elle trouve inopinément le petit singe dans sa mansarde. Ensuite, elle a la surprise de se retrouver nez-à-nez avec lui, Sulya étant installé dans sa chaise (il n'est donc pas sur le toit, pétrifié par le froid). Sarah découvre la manière dont il s'y est pris pour parvenir jusque là :

"Et très bientôt Sara découvrit comment il était arrivé dans sa chambre. La lucarne était ouverte, et il était facile de deviner qu'il s'était glissé par la fenêtre du grenier de son maître, qui n'était distante que de quelques pieds seulement et il était parfaitement facile d'y entrer ou d'en sortir, même pour un grimpeur moins agile qu'un singe. Il avait probablement grimpé jusqu'aux combles à l'occasion d'un voyage d'exploration puis, sortant sur le toit et étant attiré par la lumière dans la mansarde de Sara, s'était glissé à l'intérieur."
Après avoir conversé un peu avec lui, et lui avoir donné du gâteau, Sara le ramène chez son légitime propriétaire, sans que personne ne la remarque. Mais là, elle n'emploie aucun stratagème, contrairement à ce qu'elle fait dans l'anime en dissimulant le petit animal dans un panier.

L'entrevue entre Sarah et M. Crisford, amenant au dénouement final, connaît dans la nouvelle une construction plus sobre : la scène n'implique que trois protagonistes, pourvu que l'on fasse exception de Sulya : Sarah, Ram Dass et M. Crisford. Dans l'anime, en revanche, s'y ajoutent les serviteurs indiens, Boris, ainsi que la famille Carmichael réduite à quatre de ses membres : M. et Mme Carmichael, accompagnés de Donald et de Janet. Le moment où Sarah s'apprête à entrer dans la demeure de son bienfaiteur diffère donc (le Lascar dont il est question n'est autre que Ram Dass qui ne parle pas anglais, ce qui explique que Sara s'adresse à lui dans son idiome natal) :

"Très bientôt elle se tenait sur les marches de devant du Gentleman Indien, et le Lascar lui avait ouvert la porte.
_ J'ai trouvé votre singe dans ma chambre, dit-elle en hindoustani. Je pense qu'il est rentré par la fenêtre.
L'homme commença un rapide épanchement de remerciements ; mais, alors qu'il était juste au milieu de ses mercis, une voix inquiète, caverneuse, se fit entendre à travers la porte de la pièce la plus proche. A l'instant où il l'entendit, le Lascar disparut, laissant Sara tenant encore le singe. Il n'y eut pas à attendre longtemps cependant avant qu'il ne revînt, ramenant un message. Son maître lui avait dit d'emmener
la demoiselle dans la bibliothèque. Le Sahib était très malade, mais il souhaitait voir la demoiselle."
Pour mémoire, dans l'anime, Sarah est reçue par les deux serviteurs, qui ne comprennent que l'hindi, avant que Ram Dass ne l'introduise immédiatement auprès de M. Crisford.

Dans le dessin animé, M. Crisford entrevoit clairement pour la première fois la possibilité que sa petite voisine soit bien la fille de Ralph Crewe lorsqu'il apprend qu'elle parle hindi (on notera que dans la nouvelle, il ne conçoit aucun étonnement en l'entendant parler cette langue, alors que la chose est tout de même très singulière!) et qu'elle a vécu aux Indes. Dans le texte, un dialogue plus long se noue entre Sarah et M. Crisford : il commence de prime abord par l'interroger sur ce qu'elle est dans le collège. Et la fillette de répondre qu'elle était une élève mais qu'aujourd'hui elle ne sait plus très bien comment se définir. Sarah raconte alors que son père est mort ruiné. Ce propos donne lieu à un échange vif et surprenant entre le vieil homme infirme et la petite fille, mais à l'issue de celui-ci, M. Crisford paraît pénétré par la révélation que la personne en face de lui est l'enfant qu'il recherche depuis si longtemps ; il ne demande le nom de son père (et non son nom à elle, comme dans l'épisode) que pour dissiper un ultime doute :

"_ Il ne l'a pas perdu lui-même, dit-elle. Il avait un ami qu'il aimait, et ce fut son ami qui prit son argent. J'ignore comment. Je ne comprends pas. Il fit trop confiance à son ami.
Elle vit l'invalide tressaillir -- le plus étrange tressaillement -- comme s'il avait été soudainement effrayé. Puis il parla avec nervosité et excitation :
_ C'est une vieille histoire, dit-il. Cela arrive chaque jour ; mais parfois ceux qui sont blâmés - ceux qui font du tort -- n'en avaient pas l'intention, et ne sont pas si mauvais. Cela peut se produire à travers une faute -- une erreur de calcul ; et ils peuvent ne pas être si mauvais.
_ Non, dit Sara, mais la souffrance est tout aussi mauvaise pour les autres. Cela a tué mon père.
_ (...) Oui, dit-il enfin. Oui ; je puis le voir. Dites-moi le nom de votre père.
_ Il s'appelait Ralph Crewe, dit Sara. Le Capitaine Crewe. Peut-être,-- une pensée soudaine lui traversa l'esprit,-- peut-être avez-vous entendu parler de lui ? Il est mort en Inde."
_ (...) Oui, dit-il, je l'ai connu. J'étais son ami. Je ne lui voulais pas de mal. S'il avait seulement vécu, il aurait su. Cela a bien tourné après tout. C'était un compagnon jeune et admirable. Je l'aimais.
"
Cette scène a été écartée dans l'anime : sans doute ces mots durs ont paru contraster avec le caractère plein de mansuétude de Sarah ; de même, il est vrai que, sur le plan des sentiments, ces phrases sévères amoindrissent l'impact émotionnel de ces retrouvailles. Après cela, M. Crisford fait mander Me Carmichael.

Sara ignore tout des motivations de son bienfaiteur à ce moment de l'histoire : elle va se coucher en compagnie de Sulya. Ça n'est que le lendemain qu'elle apprend la vérité au sujet de sa fortune, après que Me Carmichael se soit entretenu avec la directrice (ce qui correspondrait à l'épisode suivant, chronologiquement parlant), de la bouche de Mme Carmichael.

Vis à vis du roman :
 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Lavinia Herbert
Lottie
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Tom Crisford
Ram Dass
Donald Carmichael
Janet Carmichael
Mme Carmichael
Me Carmichael
Jeanne
Serviteurs indiens
Emilie
Boris
Sulya
 

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

Voir les sujets thématiques traités dans cet épisode