| |
| |
Une grave maladie |
     |
Est-il bon que, pendant que nous avançons sous la bannière de la science en marche, / Les enfants de la Cité se mouillent et se noircissent l'âme et la raison dans la crasse répugnante de la ville ? / Là, dans les ruelles sombres, le Progrès s'arrête, genoux paralysés, / Le crime et la faim jettent sur le trottoir nos filles par milliers , / Là, le patron prive la pâle couturière de son pain quotidien, / Là, un simple grenier sordide abrite vivants et morts, / Là, le feu sournois de la fièvre se faufile à travers les planchers pourris / Et la couche surpeuplée de l'inceste, là, dans les clapiers des pauvres. |
Alfred Tennyson (1809-1892) |
| |
Résumé de cet épisode : |
| (à venir) |
| |
Sa joue est sans couleur et sa bouche bleuâtre,
Le bouton de sa gorge est blanc comme l'albâtre,
Au lieu d'être vermeil.
Un souffle fait plier sa taille délicate ;
Ses bras, plus transparents que le jaspe ou l'agate,
Pendent languissamment ;
Sa main laisse échapper une fleur qui se fane,
Et, ployée à son dos, son aile diaphane
Reste sans mouvement.
Plus sombres que la nuit, plus fixes que la pierre,
Sous leur sourcil d'ébène et leur longue paupière
Luisent ses deux grands yeux,
Comme l'eau du Léthé qui va muette et noire,
Ses cheveux débordés baignent sa chair d'ivoire
A flots silencieux. Théophile Gautier (1811-1872), A travers les soupirs, les plaintes et le râle |
|
| |
|
| |
Avis personnel à propos de l'épisode |
|
| |
Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
 |
Vis à vis de la nouvelle :
Vis à vis du roman : |
|
|
| |
Par rapport à la vie de Frances Hodgson Burnett : |
 |
Tandis qu'au cours de l'hiver 1889 Frances habitait temporairement dans le Surrey, en Angleterre, une épidémie de grippe s'abattit sur Washington, là où résidaient son époux, Swan, et ses deux enfants, Vivian et Lionel. Les trois la contractèrent. Swan et Vivian guérirent rapidement mais l'état de Lionel ne cessait d'être une source d'inquiétudes permanentes : son enfant allait de rechute en rechute. Pis, il dépérissait à vue d'il : il perdait beaucoup de poids et était brûlant de fièvre. Le diagnostique de grippe ne tenait plus debout : les médecins affirmèrent qu'il était atteint de phtisie galopante. Un terme qui, dans le langage médical de l'époque, désignait la tuberculose. Très contagieuse, cette maladie est due à une mycobactérie, le bacille de Koch (du nom de Robert Koch, savant allemand qui l'identifia en 1882). Elle se propage par les voies aériennes, par inhalation des particules émises par une personne malade, mais ne se développe pas dans tous les cas : généralement il est nécessaire qu'il y ait un terrain propice, comme un affaiblissement de l'organisme (qui relève d'une infection ou d'une opération) ou des conditions sanitaires déplorables (qui aboutissent au même), ce qui explique ses ravages parmi les classes les plus défavorisées, vivant au contact d'eau souillé, dans un air insalubre, en étant insuffisamment alimenté... A l'époque, cette maladie était mortelle à plus ou moins longue échéance : il n'y avait aucun remède de connu ; on se contentait d'attendre, en espérant une rémission, et en administrant des palliatifs, tels que du laudanum ou d'autres dérivés opiacés pour calmer les crises de toux et les diarrhées. En 1838, un décès sur six était dû à la tuberculose ; à l'époque de Sarah, vers la fin du siècle, dix pour cent des morts lui étaient imputables. Frances se hâta donc de rentrer en Amérique, refusant de croire que son fils chéri pût mourir. Elle le fit hospitaliser dans un sanitarium, à Atlantic City, puis dans un autre, à Philadelphie : on considérait alors que l'air pur et vivifiant avait quelque chance d'améliorer l'état du patient. En vain. Lionel était désormais la proie de sueurs nocturnes qui le laissaient frissonnant ; son lit en était trempé jusqu'au matelas. Mais Frances était résolu à faire l'impossible pour son fils : peut-être y aurait-il en Allemagne des praticiens suffisamment doués pour le sauver. Transporté par bateau, soumis aux bons soins d'une infirmière constamment à son chevet, Lionel continuait à s'étioler : des quintes de toux violentes hachaient constamment sa respiration. Restée à Paris, Frances correspondait avec lui, prenant de ses nouvelles. La maladie empirait. Lionel restait alité, ne s'alimentait presque plus. Ses crachats étaient constellés de sang. A un de ses cousins de Manchester, Frances écrivit : "Tôt dans la matinée il toussa un petit peu et quand l'infirmière se pencha sur lui, elle vit que la fin était venue. Quand je lui parlai et l'embrassa, il émit un petit soupir et partit". C'était le 7 décembre 1890. Lionel fut inhumé au cimetière de St Germain, à Paris. Sur sa tombe figurait l'épitaphe-ci : "Lionel, qui était chéri des dieux". |
|
| |
Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Dr Wild
Tante Eliza
Emilie |
| |
Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
Voir les sujets thématiques traités dans cet épisode |
|