Au revoir Mr Dufarge

Résumé de cet épisode :

Tandis que Sarah et Becky s'affairent à servir les repas dans le réfectoire, les élèves font leur entrée, exubérantes de joie et de vitalité. Lavinia et ses compères ferment le banc. Celle-ci se dirige incontinent vers la fillette et s'enquiert de savoir si elle a bien terminé son devoir de français. Sarah se voit obligée de répondre timidement par la négative, s'excusant d'avoir été si éreintée la veille qu'elle n'a pu s'empêcher de s'assoupir, ivre de fatigue, mais ses justifications ne font qu'irriter davantage Lavinia qui se persuade qu'elle a agi ainsi à dessein. Sarah parvient néanmoins à la rasséréner en lui promettant que sa composition _ comme celles de ses amies _ sera finie avant que ne commence le cours. L'entrée de Mlle Mangin et de sa sœur met un terme à leur échange. Mais la jeune Crewe, encore toute songeuse, se fait tancer par la directrice qui la somme de poursuivre son labeur. Quelque temps après, les deux petites servantes se retrouvent dans la lingerie. Délicieuse de prévenance, Becky se propose de soulager Sarah de ses tâches pour qu'elle puisse se consacrer à la traduction de Mlle Herbert. Touchée, Sarah accepte volontiers. Et l'orpheline de s'affairer puis de filer apporter les copies, sans même attendre que l'encre ne soit sèche. Lui dardant un regard plein de morgue, Lavinia arrache plus qu'elle ne s'en saisit le devoir et rabroue ses copines médusées par les prouesses linguistiques de Sarah. Un pincement au cœur, cette dernière ne peut que constater avec amertume que même en lui faisant plaisir, elle ne réussit qu'à s'attirer ses sarcasmes, ce qui la meurtrit intimement. Toutefois, l'arrivée impromptue de M. Dufarge la saisit de court. N'osant croiser son regard _ la fillette se trouble à l'idée d'avoir été complice d'un stratagème destiné à l'abuser, même en y étant contrainte _ elle court jusqu'à sa salle de classe précipitamment. Le vieux professeur débute le cours. Il commence par demander à Lavinia, à Jessie et à Gertrude si elles ont bien fait leur travail, à savoir rédiger une lettre en français. Devant leur réponse chantée d'un seul chœur, il interroge Jessie. Placée sur la sellette, celle-ci constate avec effroi qu'elle ne parvient pas à déchiffrer l'écriture de Sarah. Sa lecture se mue en une suite de hoquets hésitants. A l'écoute de sa piètre prestation, qui suscite les rires de toutes ses camarades, le choix de M. Dufarge se porte sur Gertrude. Mais la petite replète s'empêtre elle-aussi. Lavinia sent la menace se rapprocher. Or, quand vient son tour, tétanisée par la gêne, elle ne peut se résoudre à lire sa copie. En but à son silence, son professeur, qui n'a nullement été trompé par sa duplicité, se fait remettre les devoirs : L'exposé de leur tricherie devant le parterre d'élèves vaut aux trois compères une cuisante humiliation. Mais, chez Lavinia, la colère l'emporte et elle sourd par tous les pores de sa peau. Dans sa classe, Sarah est loin de se douter à l'instant de l'exécration dont elle fait l'objet. Les cours étant terminés, Sarah et M. Dufarge conversent dans le couloir. Sa gentillesse lui vaut d'être gratifiée de chaleureuses paroles. Pourtant, tapie derrière une porte, Lavinia n'a rien perdu de la scène ; dans les méandres de son esprit tortueux germe déjà une vengeance terrible. Elle s'en va trouver sur-le-champ Mlle Mangin. Feignant d'être fort marrie _ et excellant surtout dans l'art de manipuler la directrice dont le comportement est si frustre et prévisible _ elle se plaint des attentions dont Sarah jouit de la part de son ancien professeur, égards d'autant plus insoutenables qu'ils sont dévolus à une vulgaire bonne. Et Lavinia de porter l'estocade, en usant de l'argument ultime pour ranger Mlle Mangin dans son camp : de sa voix fielleuse, elle regrette d'annoncer qu'elle sent peser sur elle le sentiment de devoir quitter cet établissement. Ne pouvant rester sourde à ses dires, la directrice tente de la rassurer. Mais elle aussi jubile : Voilà l'opportunité de se venger de M. Dufarge qui l'avait mortifiée en public. Sarah, qui est partie faire les courses, ignore la teneur de la conversation se déroulant sur ces entrefaites entre son ancien professeur et Mlle Mangin. A demi-mots, cette dernière expose tout le ressentiment qu'elle a accumulé à son encontre, concluant sa diatribe en lui conseillant de prendre un peu de repos, dans son pays natal. Le vieil homme comprend sur l'instant que si l'envie lui prenait de contrecarrer les agissements de la directrice, ce serait Sarah qui en pâtirait le plus : n'a-t-elle pas rappelé, en guise de préambule, combien elle avait été bonne envers cette enfant ? Qui sait quels tourments lui seraient infligés en représailles … L'esprit miné par le chagrin, d'un pas lourd, M. Dufarge sort de la pension pour la dernière fois. Avisant la présence de Becky sur le perron, il lui demande si elle sait où se trouve Sarah. En apprenant qu'elle est au marché, il confie à la servante un mot à répéter à la petite. Puis il s'en va. Etant revenue, Sarah réalise ce qu'il est advenu en écoutant Becky. Bouleversée, la malheureuse court aussi diligemment que ses petites jambes le lui permettent, dévalant les rues, jusqu'à l'endroit où habite le vieil homme. A bout de souffle, elle parvient enfin à son appartement. En l'apercevant, Sarah se jette dans ses bras, en pleurs. Celui-ci tente de l'apaiser, lui assurant qu'elle n'y est pour rien, mais la jeune orpheline avoue qu'elle a désespérément besoin de sa présence. Devant ses larmes, M. Dufarge essaie de lui prodiguer un dernier conseil, pour soulager sa peine, mais ses adieux sont bel et bien inéluctables. Sarah le remercie, avant de s'effondrer contre son sein, pour épancher son chagrin. Le soir, à la lueur malingre d'une chandelle, la fillette se figure entendre les sirènes des navires. C'est, pour elle, l'affreux son marquant le départ pour toujours d'un homme qui fut bien plus qu'un professeur : un ami, un confident et, d'une certaine manière, presque un père.
 
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Avis personnel à propos de l'épisode

"Sarah : _ Oh, monsieur Dufarge !
M. Dufarge : _ Pourquoi pleurez-vous, Sarah ?
Sarah : _ Becky vient de me dire que vous aviez décidé de partir loin d'ici pour toujours...
M. Dufarge : _ Ho, mais ça n'est pas la peine de pleurer !...
Sarah : _ Je suis sûre que c'est à cause de moi que vous êtes obligé de partir.
M. Dufarge : _ C'est faux : je ne pars pas à cause de vous Sarah, vous n'y êtes pour rien ; si je pars, c'est uniquement pour des motifs personnels. (...)
Sarah : _ Alors vous n'avez jamais pensé à moi ? Quand vous serez parti, je vais me sentir seule... J'ai besoin de vous, j'ai besoin de vos conseils, monsieur Dufarge... Oh !... (...)
M. Dufarge : _ Jamais je ne pourrais vous oublier... Adieu, mademoiselle Sarah...
Sarah : _ Adieu professeur... Adieu et merci beaucoup, monsieur Dufarge !..."
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Si un professeur de français apparaît bien dans la nouvelle, sans qu'il se voit gratifié par un nom, il n'existe en revanche aucun événement comparable à celui développé dans le présent épisode.

Vis à vis du roman :

La prise en affection par M. Dufarge de Sara, orpheline, et son départ forcé après les manigances tramées par Lavinia ne figurent pas dans le roman. Néanmoins, dans le chapitre 2 intitulé "Une leçon de français", où la directrice se retrouve ridiculisée après que Sara ait montré à tous qu'elle parlait couramment cette langue, il y a une petite phrase qui a peut-être servi d'inspiration pour cet épisode (Qu'on se rappelle les propos que tient M. Dufarge dans son appartement meublé lorsqu'il converse avec Sarah :
"J'aime beaucoup Londres mais l'hiver y est un peu trop froid pour moi, c'est tout. Je ressens le besoin d'un climat plus doux car je commence à vieillir. Cela fait déjà très longtemps que j'y pense ; je vais retourner dans le Midi de la France, là où je suis né. J'ai très envie de revoir mon village natal, au bord de la mer.")."
"Monsieur Dufarge esquissa un sourire, et ce sourire reflétait un immense plaisir. Entendre cette jolie voix enfantine parler sa propre langue avec tant de simplicité et de charme fit qu'il se sentît presque dans son pays natal, lequel lui paraissait, au milieu de tous ces jours sombres et brumeux dans Londres, bien lointain."
 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Mr Dufarge
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
César
 

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

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