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Larmes de douleur |
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Puis-je voir d'un autre le malheur,
Sans éprouver aussi de la douleur ?
Puis-je voir d'un autre l'affliction
Sans quérir une douce consolation ?
Puis-je voir une larme tomber,
Et ne pas sentir ma peine partagée ?
Un père peut-il voir son enfant,
Pleurer, sans être empli de tourment ? William Blake (1757-1827), De la douleur d'un autre (in Chants d'innocence) |
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Résumé de cet épisode : |
| Après avoir terminé les cours, Lavinia convie ses amies Jessie et Gertrude pour le thé. Au moment de parvenir devant ses appartements, elles l'entendent rudoyer Becky : cette dernière aurait mal accompli son travail, aussi Lavinia se plaint-elle qu'il lui faudrait une vraie femme de chambre, à l'instar de Sarah. La petite servante s'en retourne dans la lingerie où officie sans discontinuer sa compagne dans la misère. Becky lui rapporte les tracas que lui occasionne Lavinia. Consciente que c'est là le souhait de celle-ci, constamment l'opprimer, Sarah se montre soucieuse de la soulager de ce labeur ingrat en se proposant d'aller ranger la chambre à sa place. Becky essaie bien évidemment de la persuader de n'en rien faire : elle devine en effet que Lavinia et ses comparses sont à l'affût de la moindre opportunité pour tourmenter leur ancienne camarade. N'importe : la gentillesse de Sarah passe outre ses mises en garde. Dès qu'elle pénètre dans ce qui fut jadis sa chambre, les sarcasmes s'abattent sur sa personne. Chaque mot dissimule de fielleuses allusions à la condition qui était naguère la sienne. Avec courage, la petite orpheline contient ses larmes. Mais Lavinia ne compte pas s'arrêter en si bon chemin : elle exige que Sarah fasse immédiatement le ménage, en sa présence. La fillette s'exécute. Le spectacle de la voir ainsi humiliée, ramassant la poussière à genoux, la réjouit. Jessie et Gertrude ne demeurent pas en reste : elles aussi se délectent de la scène, se joignant à la curée, en jetant par terre de concert des miettes et des morceaux de papier. Devant leur comportement aussi imbécile que cruel, Sarah comprend que cela peut durer des heures avant qu'elles ne se lassent de la rabaisser ainsi. Elle leur fait front et, d'une voix claire, leur annonce qu'elle ne nettoiera les lieux qu'après qu'elles les aient quittés. Lavinia fulmine devant cet affront : elle jure à Sarah de le lui faire payer. Sa besogne achevée, Sarah s'entend dire que Mlle Mangin l'attend impatiemment. Cette dernière est furieuse : Lavinia est en effet venue se plaindre de ses manières, pleines de morgue et d'impudence. Comme elle ne peut se permettre de perdre une élève aussi importante pour son établissement, elle tance durement Sarah avant de mander James et Marie. Elle commande à ses derniers de faire montre d'une extrême sévérité à l'égard de la petite fille : il est temps de museler son insolence. Ceux-ci ne se font guère prier pour appliquer ses ordres : Sarah se fait incontinent rabrouer et insulter. Sans le moindre répit, elle doit se rendre au marché. A son retour, la fillette subit la colère de James : elle n'a pas rapporté de pommes de terre. Pour se défendre, elle produit la liste des commissions où il apparaît qu'il a omis de les noter. Cela ne l'empêche nullement de lui imputer cet oubli avant de lui ordonner de retourner en acheter. Une fois Sarah partie, écurant de mauvaise foi, le cuisinier avoue son mensonge à Marie, en riant. Dehors, une pluie drue et cinglante s'abat sur la capitale ; la fillette est vite trempée jusqu'aux os. En arrivant à Covent Garden, la petite ne peut que constater que le mauvais temps a eu raison des vendeurs : tous ont fermé boutique. L'anxiété la ronge : elle doit à tout prix ramener des patates pour le souper. Heureusement, une bonne âme lui conseille de se rendre au marché Saint-James, quoique éloigné, car il demeure ouvert assez tard. La petite se presse donc d'y aller, alors que l'averse se mue en orage grondant. Dans sa hâte, son soulier se coince dans un interstice des pavés, la déchaussant. Avant qu'elle n'ait pu s'en saisir, un fiacre filant à vive allure écrase sa chaussure, manquant de renverser la petite fille au passage. Comble de l'infortune, son godillot est tout abîmé, béant à l'extrémité. Ne pouvant le remettre, Sarah doit poursuivre sa route, clopin-clopant, seulement chaussée d'un soulier. Il est tard et la plupart des magasins sont fermés, à son grand dam. Quant à la pluie, glaciale, elle ne cesse de balayer Londres. A force de courir sur les pavés, le bas de Sarah se délite : la pointe est toute défaite, découvrant son pied nu. Lorsqu'elle arrive enfin au marché, toutes les stalles paraissent closes. Seul demeure un vendeur qui s'apprête à fermer son étal. En apercevant Sarah, à la vue de son air misérable, il la repousse sans ménagement, la confondant avec une mendiante. Ça n'est qu'après qu'elle se soit justifiée en montrant son argent qu'elle peut enfin obtenir des pommes de terre. Sous les intempéries qui durent depuis des heures, la fillette se dépêche de rentrer. Parvenue devant St James's Palace, Sarah, en trébuchant, se blesse à son pied dénudé. La douleur l'assaille, au point de pleurer tant sa souffrance est grande. La petite tente de récupérer ses patates éparpillées sur le trottoir mais chaque pas, chaque frottement de son orteil meurtri lui arrache un cri de douleur. Ayant assisté impuissant à la scène, le soldat en faction devant le palais ne peut se résoudre à rester immobile plus longtemps. Sans mot dire, il vient en aide à la petite orpheline, avant de regagner prestement son poste. Revenue au collège, Sarah se fait derechef gronder par James : ces pommes de terre qu'elle a pourtant ramenées au prix de tant d'efforts sont toutes germées. Il s'apprête à la renvoyer une fois encore au marché mais comme Marie le lui fait remarquer, il est désormais si tard que plus rien n'est ouvert. Reste à savoir ce qu'il va advenir des patates. En guise de punition, la cuisinière suggère de les faire manger à Becky et à Sarah jusqu'à ce qu'elles soient toutes terminées. Bien plus tard, la pauvresse peut enfin regagner sa mansarde, en claudiquant. Elle n'aperçoit pas Lavinia qui, derrière sa porte, l'épie et l'attendait avec impatience. En voyant Sarah blessée, éreintée et accablée, elle ne peut réprimer un sourire de contentement. |
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Marcher dans la nuit sous un déluge, avec des vêtements mouillés et, en plus, le ventre à moitié vide, sans avoir mangé la moindre parcelle de viande depuis une semaine ou un mois, c'est une des épreuves les plus dures qu'un homme puisse affronter. |
Jack London (1876-1916), Le peuple d'en bas (trad. François Postif), éd.Phébus |
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Avis personnel à propos de l'épisode |
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Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
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Vis à vis de la nouvelle :
Sarah vit une mésaventure analogue dans la nouvelle mais là, il n'y a nul garde empreint de compassion ni de Becky pour la réconforter, juste Emilie pour seule confidente de ses tourments :
"Je ne peux plus supporter cela ! dit la pauvre enfant, tremblotant. Je sais que je vais mourir. J'ai froid, je suis trempée, je meurs de faim. J'ai fait mille miles en marchant aujourd'hui, et ils n'ont rien fait d'autre que me réprimander du matin au soir. Et parce que je n'ai pas pu trouver la dernière chose pour laquelle ils m'avaient envoyée, ils ne me donneront pas de souper. Des hommes ont ri de moi parce que mes vieilles chaussures m'ont fait glisser et tomber dans la boue. Je suis couverte de boue maintenant. Et ils ont ri ! Tu entends !"
A bout, la malheureuse exprime toute la colère que son cur renferme, frustration qu'elle dirige contre Emilie, par dépit et impuissance :
"Tu n'es rien d'autre qu'une poupée ! pleura-t-elle. Rien d'autre qu'une poupée - une poupée - une poupée ! Tu ne te soucies de rien. Tu es remplie de sciure. Tu n'as jamais eu de cur. Rien ne pourra jamais te faire éprouver des sentiments. Tu es une poupée !
Emily était étendue sur le plancher, avec ses jambes ignominieusement pliées par-dessus sa tête, et un nouvel endroit aplati au bout de son nez ; mais elle était toujours calme, et même pleine de dignité.
Sara cacha son visage dans ses bras et sanglota."
Cette scène poignante n'a malheureusement pas été reprise dans l'anime.
Vis à vis du roman : |
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Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Emilie
Melchisédech |
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Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
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