La fête du 1er mai

Résumé de cet épisode :

Alors que Sarah, en compagnie de Becky, travaille depuis l'aube, que la faim la tourmente depuis la veille, elle remarque, à sa grande surprise, que Mlle Amélia réveille les pensionnaires bien plus tôt que de coutume. Toutes se hâtent de se préparer et sortent dehors, dans le square en face du collège ; là, dans la brume matinale, elles se livrent à un curieux manège : elles déambulent en humant l'air. Devant ce spectacle, Sarah s'en ouvre à sa voisine de chambre. Amusée, Becky lui explique qu'aujourd'hui est le premier mai, le jour de la rosée de mai : recueillir cette rosée confère beauté pour le reste de l'année. Ayant grandi aux Indes, Sarah ignore tout de cette tradition ; la fillette est sur le point de se joindre elle-aussi à cet amusement lorsque la cuisinière surgit. Marie tance vertement les deux petites filles avant de leur intimer l'ordre de retourner travailler sans plus attendre. Justement, James doit s'occuper des préparatifs de la fête, aussi leur commande-t-il d'aller chercher le mât de cocagne entreposé au grenier. Après le déjeuner, Mlle Mangin annonce aux filles qu'elles vont toutes devoir se rendre dans le parc pour célébrer cette journée ; à cette occasion, une reine du premier mai sera élue parmi les élèves de l'établissement. Sarah est encore en train de terminer l'installation du mât que surviennent déjà ses anciens condisciples. Ravie de pouvoir lui parler, Lottie entreprend de lui raconter ce qu'elle a fait ce matin. Et comme Sarah n'a pu se joindre à eux, elle lui offre un flacon contenant un peu de rosée. Mais Lavinia et ses amies, qui assistent à la scène, ne se privent pas de les vilipender cruellement, surtout Sarah qui est la cible de leurs plus féroces sarcasmes : qu'importe qu'une fille de cuisine soit belle, son visage sera toujours couvert de suie. C'est en trop pour Lottie, qui prend la défense de Sarah, mortifiée par ces propos assassins. La petite orpheline se voit néanmoins contrainte de tempérer Lottie, particulièrement agacée par Lavinia. Malheureusement, la directrice arrive sur ces entrefaites. Sarah fait les frais de nouvelles remontrances pour s'être jointe à ses camarades. Depuis la cuisine où leur parviennent les échos de la fête, Sarah et Becky poursuivent leurs tâches, le vendre vide. Mais la fillette ne saurait jouir d'un instant de répit : Marie se moque bien que la faim la harcèle, elle commande à Sarah d'aller faire les courses incontinent. Une fois ses emplettes faites, Sarah retourne tant bien que mal au collège. Son panier est bien trop lourd pour ses maigres forces. Harassée et affamée, la fillette défaille, au point de se faire presque écraser par un fiacre. Tandis qu'elle reprend son souffle sur la chaussée devant une riche demeure, une voiture s'arrête à sa hauteur. Un petit garçon, prénommé Donald, sort précipitamment de la maison pour monter dans la berline quand son regard s'arrête sur Sarah. A la fois intrigué et apitoyé, le garçonnet prend la fillette pour une marchande de rue. Ces paroles, dites avec la candeur d'un enfant, la blessent cependant terriblement. Pourtant son allure misérable suscite la compassion de Donald : de bon cœur, il lui offre tout son argent pour qu'elle puisse s'acheter à manger. Quoique Sarah, humiliée, refuse, le garçon passe outre et finit par avoir raison de ses réticences. A son retour, la petite fille passe devant la fête qui s'achève par le couronnement prévisible de Lavinia. Mais son esprit est ailleurs. Une fois dans sa mansarde, la pauvre orpheline s'effondre en larmes. Elle est éreintée physiquement et qu'on ait pu la confondre avec une mendiante, tant son visage est émacié, ses bras frêles et ses vêtements usés jusqu'à la corde, l'a meurtrie au-delà du supportable. Accablée de douleur, Sarah supplie son père de venir la secourir. Mais seuls ses sanglots répondent à ses implorations.
 
Je sais que je travaillais du matin au soir, dans le costume le plus mesquin, avec des hommes et des enfants de la classe inférieure. Je sais que j'errais dans les rues, nourri de façon insuffisante et peu satisfaisante. Je sais que, sans la miséricorde de Dieu, l'abandon dans lequel on me laissait aurait pu me conduire à devenir un petit voleur ou un petit vagabond.
Charles Dickens (1812-†1870), David Copperfield (trad. P.Lorain)
 
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Avis personnel à propos de l'épisode

"Sarah : _ Papa chéri, aide-moi, je suis maigre, je n'ai plus de forces !... Regarde-moi !... Pourquoi es-tu parti ? J'ai tellement, tellement besoin de toi !... Je t'en prie, viens me sauver !"
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Les Carmichael, que Sarah surnomme la Grande famille, habite, dans la nouvelle, dans West Square, en face du collège et non dans une rue à proximité, comme dans l'anime. De même, il se passe du temps avant que Sarah ne fasse leur connaissance : elle les connaît surtout de vue parce qu'elle passe souvent près de leur maison lorsqu'elle sort pour les commissions.

Sarah les aperçoit dans l'épisode depuis la rue, son regard plongeant dans une des pièces de leur maison. Curieuse et pourvue d'une fertile imagination, Sarah aime à regarder les intérieurs :

"Cela avait toujours intéressé Sara d'entrevoir fugitivement les pièces avant que les volets ne soient clos. Elle aimait imaginer des choses à propos des gens qui s'asseyaient devant les âtres dans les maisons, ou qui se penchaient sur des livres posés sur les tables."
Dans la nouvelle, la famille des Carmichael comprend huit enfants. Ignorant le nom de la Grande famille, Sarah leur prête une noble et distinguée origine en les affublant du patronyme de Montmorency. Pareillement, les huit enfants reçoivent des prénoms nés de l'esprit fantaisiste de la fillette : ainsi, elles les surnomment Ethelbertha Beauchamp, Violet Cholmondely, Sydney Cecil Vivian*, Lilian Evangeline, Guy Clarence (en fait Donald), Maud Marian, Rosalind Gladys, Veronica Eustacia et Claude Harold Hector. Tous sont bien plus jeunes que Sarah et ils passent le plus clair de leur temps dans la nursery ou en promenade, certains dans des landaus poussés par leurs nounous.

Outre M. et Mme Carmichael et leurs huit enfants, Sarah voit également de temps en temps leur grand-mère (qui n'existe pas dans l'anime, à l'instar des six autres frères et sœurs de Donald et Janet).

Vis à vis du roman :
 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Donald Carmichael
Janet Carmichael
Mme Carmichael
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Emilie
César
 

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

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* Vivian était le prénom du second enfant de Frances Hodgson Burnett. C'est sur sa suggestion qu'elle écrivit Little Lord Fauntleroy, publié en 1885.