Peter, l'enfant de la ville

A peine avais-je fait quelques pas dans la rue que je fus impressionné par le changement complet produit par mes nouveaux vêtements sur ma condition sociale. Toute trace de servilité avait disparu dans l'attitude des gens du peuple avec lesquels j'entrais en contact. En un clin d'œil, pour ainsi dire, j'étais devenu l'un d'entre eux. Ma veste râpée et déchirée aux coudes signalait à tout venant la classe à laquelle j'appartenais, et dont ils faisaient aussi partie. Nous étions désormais de la même race : à la place de la flagornerie servile et de l'attention trop respectueuse dont j'avais été l'objet jusqu'ici, je partageais maintenant avec eux une sorte de camaraderie familière.
Jack London (1876-†1916), Le peuple d'en bas (trad. François Postif), éd.Phébus
 

Résumé de cet épisode :

Sarah se réveille à l'aube, encore tout habillée, après avoir sombrée dans le sommeil malgré elle alors qu'elle étudiait. La fillette se lève et son regard, embrassant la pièce, aperçoit l'ocarina que lui avait offert Peter pour son anniversaire ; aussitôt, elle se remémore quel gentil garçon il était. Mais ces réminiscences s'avèrent brèves : Becky et elle doivent se présenter aux cuisines où elles se font admonestées dès leur arrivée : pas question pour elles de se reposer, même un dimanche matin. D'emblée, Sarah commence par laver les marches du perron ; la tâche est rude mais la petite orpheline puise en elle le courage moral de ne pas se plaindre. Bien plus tard, le collège s'éveille enfin, les élèves se préparant pour la messe avant de se mettre en rangs sur le trottoir. En la croisant, ses anciennes camarades n'osent lui parler. Pour sa part, Lavinia expose une nouvelle fois l'étendue de sa malice, en faisant trébucher Sarah qui renverse son sceau d'eau usée. Peu après, alors que Mlle Mangin et sa sœur se préparent à conduire les élèves à Saint-Paul, la fillette sollicite la permission d'aller aussi à la messe mais la directrice lui rappelle sèchement sa condition présente. Son labeur accompli, Sarah est dépêchée au marché de Covent Garden, à la place de Becky. Par cette matinée printanière, la petite fille flâne dans ces rues qui lui si sont peu familières. Elle admire les vitrines des magasins de couture, les personnes élégantes apprêtées pour l'office dominical et avise le Savoy Hotel où elle séjourna avec son père lors de son arrivée à Londres. Tout concourt à lui faire se souvenir d'un temps si proche et pourtant si lointain où elle était heureuse. Au même moment, profitant qu'elle soit perdue dans ses songes, des gamins la renversent et lui volent l'argent qui lui avait été confié pour les courses. C'est une catastrophe : il ne lui reste plus qu'un shilling sur les trois qui lui avaient été remis. Sarah est transie d'effroi à l'idée dont réagira Marie, la cuisinière. Alors qu'elle scrute vainement le sol alentour à la recherche de sa monnaie, un coursier manque de la bousculer ; celui-ci la hèle d'une voix qui incontinent sonne familièrement à ses oreilles : C'est Peter ! Après s'être enquis des raisons de sa présence au marché, le garçon se propose de l'aider. Il se révèle étonnamment astucieux et, par d'habiles négociations, sa roublardise tire Sarah d'un fort mauvais pas. Les courses terminées, les deux enfants discutent nonchalamment appuyés sur le parapet d'un pont. Peter avoue l'inquiétude qui le taraude depuis qu'il a perdu son emploi de cocher. Mais les évènements n'ont nullement contribué à émousser le respect qu'il éprouve envers Sarah au point que celle-ci, quelque peu gênée par l'aspect solennel de ses politesses, le prie de l'appeler simplement par son prénom, ce que Peter a le plus grand mal à faire. La fillette confie son admiration devant la débrouillardise de Peter que les circonstances de la vie ont obligé à se montrer aussi inventif. Mais le garçon ne demeure pas moins ouvert à la détresse de Sarah, aussi lui promet-il de lui venir en aide à tout moment. Vient l'instant de se séparer. Sarah s'en retourne seule au collège, mais son cœur déborde de reconnaissance envers Peter.
 
Bon et brave cœur ! et si modeste ! Pas plus de présomption vaniteuse que chez le plus doux écolier. Il était simplement et fermement fidèle à son devoir dans les grandes comme dans les petites choses. N'est-ce pas le fait des grands cœurs ? Il n'y a pas de petite chose pour un grand cœur.
Charles Dickens (1812-†1870), Le Mystère d'Edwin Drood (trad. C.B. Desrone)
 
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Avis personnel à propos de l'épisode

"Sarah : _ Mais je reconnais cet hôtel ! C'est celui dans lequel nous avons logés, mon papa et moi, en arrivant des Indes. J'étais heureuse à ce moment-là... Les choses ont changé..."
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Vis à vis du roman :
 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Willy, oncle de Peter
Emilie
César
 

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

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