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Une visite inattendue |
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Ce qui rend un homme malheureux, ce n'est pas de mourir, ni même de mourir de faim. Beaucoup d'hommes sont morts. Tous les hommes sont mortels. C'est de vivre dans la misère sans savoir pourquoi, de travailler comme des bêtes sans rien gagner, d'avoir le cur épuisé, isolé, sans amis, dans un « laisser-faire » glacial et généralisé. |
Thomas Carlyle (1795-1881) |
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Résumé de cet épisode : |
| Sarah s'attèle à travailler aux cuisines. Pourtant, sa frêle constitution l'empêche de porter des choses trop lourdes, ce dont semblent bien se moquer James et Marie. Heureusement, voyant la détresse de Sarah lorsqu'elle doit emporter l'encombrante marmite de soupe, Becky le fait gentiment à sa place. Au lieu de cela, la fillette est chargée d'apporter le pain dans la salle à manger où se tiennent attablées ses anciennes camarades. Lorsqu'elle entre, toutes les conversations cessent abruptement : les élèves sont tiraillées entre l'envie de s'adresser à Sarah, notamment Lottie et Marguerite, et la crainte d'une punition pour avoir désobéi à Mlle Mangin. Sarah poursuit son tour de table et, quand il lui faut servir Lavinia, elle parvient à ravaler son orgueil. Toutefois, son ancienne rivale n'a rien oublié des avanies qu'elle a subies ; elle en profite pour faire choir un petit pain et imputer ce geste à la maladresse de Sarah. Devant la directrice venant d'entrer, Lavinia relate l'incident à sa façon, en travestissant la réalité, de sorte que Sarah doit se confondre en excuses et se verra contrainte de manger le petit pain tombé à terre. Toutes ces injustices troublent profondément Marguerite, d'autant plus que Mlle Mangin réitère avec vigueur l'interdiction qui leur est faite de parler à Sarah, si ce n'est pour lui intimer un ordre. Puis Sarah se voit astreinte à nettoyer la salle de classe ; alors qu'elle s'apprête à quitter les lieux, Lavinia et ses amies rentrent dans la pièce. La nouvelle représentante de la classe n'a de cesse de tourmenter la pauvresse : la voilà obligée d'astiquer le pupitre de Lavinia en subissant ses railleries. En sortant, la fillette se retrouve face à Marguerite, qui est en retard pour le cours. Cette dernière balbutie un "Bonjour, Sarah". Mais la petite orpheline de demeurer muette, ce qui n'empêche pas Marguerite de poursuivre son soliloque, non sans une certaine gaucherie. Mais craignant que Marguerite ne subisse les foudres de la directrice pour son retard, Sarah coupe court à ce tête-à-tête. Le soir venu, dans la chambre de Lavinia, Sarah est l'objet de la conversation. Lavinia et ses amies médisent abondamment sur le sort de la fillette et se moquent de son infortune. Marguerite, qui partage la même chambre, endure ces sarcasmes qui la meurtrissent intimement : quoique maladroite pour exprimer ses sentiments, elle n'est aucunement indifférente aux malheurs de Sarah. Et Marguerite de pleurer toutes les larmes de son corps. Pendant ce temps, en cuisine, une complicité vivace naît entre Sarah et Becky, celle-ci l'aidant de son mieux comme le ferait une grande sur. Seulement, l'attitude toujours courtoise et digne de Sarah lui vaut l'animosité de James et Marie, bien résolus à la briser moralement en lui martelant qu'elle n'est plus une princesse, mais une vulgaire fille de cuisine pour le restant de ses jours. En haut, quand toutes ses condisciples paraissent endormies, n'y tenant plus, Marguerite se lève et se vête en catimini. Entre-temps, ayant achevé son travail, Sarah rejoint sa mansarde pour étudier encore un peu. Mais arrivée au seuil de la porte, une surprise l'attend : quelqu'un se tient dans sa chambre. Perplexe, elle surmonte son appréhension et entre pour, à sa stupéfaction, trouver Marguerite. Celle-ci se précipite dans ses bras. Ecartant les mises en garde de cette dernière sur ce qui l'attend si sa présence en ces lieux était découverte, elle se confesse : sa froideur et son apparente indifférence à son égard lui sont devenues insupportables ; elle redoute que Sarah ne veuille plus d'elle pour amie. Devant la spontanéité de Marguerite, la fillette avoue avoir quelque peu changée, tant du fait des ordres de Mlle Mangin que parce qu'elle ne voulait pas que Marguerite soit punie pour lui avoir parlé. Mais tout cela est bien égal aux yeux de Marguerite, rien n'ayant plus d'importance que d'être amies. Cet aveu bouleverse Sarah qui réconforte comme elle le peut Marguerite en l'assurant de son indéfectible amitié. |
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Les jeunes filles, en se retrouvant, se jetèrent dans les bras l'une de l'autre avec cette impétuosité qui caractérise les affections de la jeunesse. |
William Thackeray (1811-1863), La Foire aux Vanités (trad. Georges Guiffrey) |
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Il faut que vous sachiez, à sa gloire, que jamais rien dans notre misérable vie n'a pu la soumettre, tandis que moi j'ai souvent été vaincu par une lâche épouvante. |
Charles Dickens (1812-1870), Le Mystère d'Edwin Drood (trad. C.B. Desrone) |
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Que signifie ce mot : « heureux ceux qui pleurent ! »
Nous pleurons, quand nous sommes forcés de recevoir un élément nouveau, étranger, hostile à notre nature. C'est-à-dire, quand nous sommes tenus de nous modifier, de nous instruire... On a raison de dire « Rien n'instruit plus que le malheur.» |
Jules Michelet (1798-1874), Sur les chemins de l'Europe (1834 ; paru en 1893) |
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Avis personnel à propos de l'épisode |
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Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
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Vis à vis de la nouvelle :
L'exquise politesse de Sarah n'est pas sans agacer James et Marie, dont les manières sont plutôt frustres. Mais dans l'anime, l'attitude constante de la fillette puise ses origines dans sa grande dignité et, aussi, dans l'excellente éducation qu'elle a reçue (Mme Carmichael en fera la remarque à son mari, dans l'épisode 44) :
"James : _ « Oui madame Marie » par-ci, « oui monsieur James » par-là... C'est insupportable ! Elle nous répond comme si elle était encore une princesse !...
Marie : _ C'est ça qui est embêtant... Rhmpf... Tant qu'elle continuera à se croire riche comme avant et à prendre des airs de princesse, on aura du mal à la faire travailler..."
D'ailleurs, en dépit de cette déchéance sociale dont elle est la victime, le souvenir de l'appartenance à une classe supérieure demeure vivace chez Sarah, puisque jamais elle ne se laissera aller à commettre des actes de familiarité ou à se départir de son savoir-vivre, sans jamais être obséquieuse. Elle se bornera simplement à demander à Becky et à Peter de ne plus l'appeler mademoiselle, une telle marque de politesse revêtant une solennité incongrue eu égard à sa condition de fille de cuisine _ l'un des échelons les plus bas dans la hiérarchie des domestiques _ vêtue de hardes.
A contrario, dans la nouvelle, si Sarah adopte un comportement semblable, c'est parce qu'elle persiste à se comporter comme une princesse (ce que, par fantaisie, elle s'imagine être, prenant notamment exemple sur Marie-Antoinette dont la petite, admirative, rappelle qu'elle sut faire montre de dignité, malgré les humiliations et l'emprisonnement, jusque dans les derniers instants), aussi y-a-t'il chez elle davantage d'insolence alors que, dans l'anime, cela n'est que le témoignage d'une bonne éducation :
"Une princesse se doit d'être polie, se dit-elle. Et ainsi, lorsque les domestiques, qui prenaient le même ton que leur maîtresse, étaient insolents et la commandaient, elle gardait la tête bien droite, et leur répondait parfois d'une façon qui les faisait la regarder avec de grands yeux, cela étant si étrangement poli."
Vis à vis du roman : |
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Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Emilie
César |
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Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
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