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Une journée difficile |
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Résumé de cet épisode : |
| La nuit est tombée et Sarah est seule dans sa mansarde, serrant Emilie dans ses bras. La fillette est apeurée : la pièce raisonne de mille bruits inquiétants, la fenêtre claque sous les mugissements du vent qui s'engouffre aussi par la cheminée. Pourtant, surmontant sa peine, elle garde confiance dans ses forces quoiqu'elle s'avère lucide quant aux difficultés à venir. Soudain, des grincements la préviennent que quelqu'un s'approche puis une lumière se devine sous la porte. Sarah est effrayée et se blottit, mais ça n'est que Becky. Becky, qui pleure et se montre révoltée par le sort échue à la gentille demoiselle. Pour elle, Sarah demeurera toujours une princesse et elle lui promet de l'aider de toute son âme. Sans le savoir, ces paroles réconfortent Sarah au-delà de toute espérance. Avant de partir, Becky lui remet les cadeaux qu'elle avait oubliés de prendre. En les voyant, Sarah ne peut réfréner un pincement au cur : sa nouvelle condition lui interdit désormais d'être l'amie de Lottie et de Marguerite. La bougie que lui avait donnée Becky s'éteint ; Sarah est à nouveau plongée dans l'obscurité, terrorisée par les grattements de rongeurs et le vent. Les fillettes se retrouvent au réveil, à l'aube. L'insistance de Becky à vouloir faire le ménage dans sa chambre pousse Sarah à la chasser gentiment. Une fois cette tâche accomplie par elle-même, la petite orpheline se rend dans le bureau de la directrice. En chemin, tout lui remémore son ancienne existence : la clochette appelant les élèves, ses appartements maintenant vides et inoccupés
Au pied de l'escalier, elle rencontre Mariette, son ancienne femme de chambre. Celle-ci doit quitter le pensionnat. Cette nouvelle déchirante fait s'effondrer de chagrin Sarah. Mais les adieux seront de courte durée : Mlle Mangin, arrivée entre-temps, dissimule mal l'agacement que lui inspire cette scène. Elle en profite pour morigéner Sarah de ne pas s'être présentée plus tôt à son bureau avant de remarquer le ruban noir que la petite fille porte pour le deuil de son cher père. Sarah est sommée de l'ôter mais, courageusement, elle refuse. Prenant ce geste pour un nouvel acte de désinvolture, la directrice l'emmène auprès de James et Marie. Elle leur ordonne de faire montre d'une extrême sévérité à son égard. Le répit pour la fillette est de courte durée : elle doit commencer par débarrasser la salle à manger ; les reliefs de nourriture seront ses repas. Puis elle enchaîne les corvées : laver la vaisselle, balayer la salle de classe
Inopinément, Sarah se trouve confrontée à ses anciennes camarades ; de suite, elle s'efface et se tient à l'écart. Lavinia lui adresse un regard goguenard au passage, tandis que la petite Lottie ne comprend pas ce qui se passe. La directrice en profite pour rappeler à sa sur que les élèves ne doivent plus lui adresser la parole. De même, la demande de la petite fille de pouvoir continuer à étudier en classe après les cours est rejetée : elle n'est plus désormais qu'une domestique. Mais Sarah est résolue à passer outre cette interdiction : si elle ne peut étudier là, elle le fera dans sa chambrette. L'amitié de Becky et la possibilité de pouvoir continuer à nourrir son esprit sont en effet les deux seules choses qui lui permettent de garder espoir. |
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Le monde est méchant, ma petite : / Avec son sourire moqueur
Il dit qu'à ton côté palpite / Une montre en place de cur.
- Pourtant ton sein ému s'élève / Et s'abaisse comme la mer,
Aux bouillonnements de la sève / Circulant sous ta jeune chair.
Le monde est méchant, ma petite : / Il dit que tes yeux vifs sont morts
Et se meuvent dans leur orbite / A temps égaux et par ressorts.
- Pourtant une larme irisée / Tremble à tes cils, mouvant rideau,
Comme une perle de rosée / Qui n'est pas prise au verre d'eau.
Le monde est méchant, ma petite : / Il dit que tu n'as pas d'esprit,
Et que les vers qu'on te récite / Sont pour toi comme du sanscrit.
Pourtant, sur ta boucle vermeille, / Fleur s'ouvrant et se refermant,
Le rire, intelligente abeille, / Se pose à chaque trait charmant.
C'est que tu m'aimes, ma petite, / Et que tu hais tous ces gens-là.
Quitte-moi ; - comme ils diront vite : / Quel cur et quel esprit elle a ! |
Théophile Gautier (1811-1872), Le monde est méchant |
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Avis personnel à propos de l'épisode |
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Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
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Vis à vis de la nouvelle :
Un dessin de Reginald Birch, qui illustra de nombreux ouvrages de Frances Hodgson Burnett du vivant de l'auteur.
 Contrairement à Sarah qui essaie de se réconforter en conversant avec Emilie, dans la nouvelle, la fillette pose sa poupée sur ses genoux, puis s'abaisse jusqu'à ce que son visage touche celui d'Emilie, ses bras l'enserrant, et reste là, sans prononcer un mot, sans faire de bruit et sans verser de larmes.
Tout comme dans l'anime, Sarah prend le deuil mais elle ignore tout des règles le présidant, aussi se vête-t-elle d'une robe noire, devenue trop petite pour elle ; Emilie l'accompagne également, revêtue d'une pièce de crêpe noire.
Mis à part Lavinia et ses deux acolytes, trop contentes de se gausser de l'infortune qui accable Sarah, les autres élèves, après avoir manifesté leur chagrin en pleurant à l'énoncé du décès de son père, témoignent d'une attitude mêlant gêne et compassion (exception faite de Lottie et de Marguerite qui s'avouent les plus sensibles à sa détresse). Dans la nouvelle en revanche, toutes les filles adoptent un comportement sardonique à son encontre (peut-être est-ce dû au fait que Sarah ne se fait pas d'amie parmi elles) :
"Et lorsqu'elle avait vu les filles rirent entre elles et se moquer des ses pauvres habits devenus trop grands (...)."
En revanche, si Sarah ne peut étudier après son travail, il en va autrement dans la nouvelle puisqu'on l'envoie carrément dans la salle de classe, avec une pile de livres, pour apprendre jusqu'à tard dans la nuit : plus qu'une bonne à tout faire, la directrice souhaite que Sarah devienne capable d'enseigner, ce qui lui permettra de réaliser de substantielles économies. Cette différence s'explique par le fait que, dans l'anime, cette possibilité d'étudier n'a plus ce caractère aliénant, ce surplus de travail qui s'ajoute à son labeur : c'est, pour Sarah, la satisfaction de ce besoin vital qu'elle a de nourrir son esprit, pour ne pas être abêtie par les tâches de somme qu'elle exécute, tâches qui risqueraient de la rabaisser au rang des gens de la classe inférieure, une plèbe inculte et frustre dont James et Marie expriment la quintessence. Ainsi, à plusieurs reprises, la fillette manifeste avec angoisse sa crainte de régresser ; on lira avec intérêt cet extrait de David Copperfield, de Dickens : "Rien ne peut exprimer ce que j'éprouvai en voyant etouffées dans leur germe toutes mes espérances de devenir un jour un homme instruit et distingué. Le sentiment de n'avoir plus aucun espoir, la honte de ma situation, le supplice pour mon jeune cur, à l'idée que, jour après jour, tout ce que j'avais appris, pensé et aimé, tout ce qui avait excité mon ambition et mon intelligence s'effacerait peu à peu de ma mémoire pour ne plus jamais y revenir, toutes ces souffrances ne peuvent se décrire". Cela explique que cette faculté lui soit d'abord déniée et qu'il lui faille la conquérir, secrètement : Sarah triomphe de l'asservissement de sa condition en premier grâce à son esprit, c'est la seule possibilité lui permettant de se soustraire à cette fatalité qui la condamne à une existence de misère depuis qu'elle est seule. Ce thème de la délivrance par la puissance de l'intellect _ ici la poursuite de l'éducation en catimini et l'imagination de l'enfance _ a été maintes fois traité dans la littérature et le cinéma (on pensera Au joueur d'échec, de Stefan Zweig, reclus dans une prison et qui parvient à garder sa lucidité en pratiquant mentalement ce jeu). Mais si l'imagination de Sarah lui permet de transcender et de sublimer l'instant présent, les études demeurent le seul espoir de vaincre à terme la pesanteur des conditions de classes de la société victorienne, dont le poids les apparente à un système rigide de castes, et qui trouvent en la directrice une parfaite incarnation allégorique.
Vis à vis du roman : |
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Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Mr Dufarge
Mariette
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Emilie
César |
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Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
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