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La mansarde |
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Pour la grisette et pour l'artiste,
Pour le veuf et pour le garçon,
Une mansarde est toujours triste :
Le grenier n'est beau qu'en chanson. |
Théophile Gautier (1811-1872), La mansarde |
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L'ancien homme d'affaire de M. Crewe, débarrassé de tout scrupule et de toute obséquiosité maintenant que son mandant n'est plus de ce monde, étale l'étendue de sa bassesse. Après s'être montré odieux à l'endroit de Sarah, terrassée par l'affliction, ses paroles onctueuses convainquent la directrice de faire de la fillette une souillon corvéable à merci.
Les deux démons qui la poursuivent la tiennent maintenant dans leurs griffes ; ils ont pour eux la loi, l'autorité, la force, l'argent, le crédit. Charles Dickens (1812-1870), Vie et aventures de Nicolas Nickleby (trad. P. Lorain) |
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Résumé de cet épisode : |
| Alors que toute trace de la fête a disparu, Me Barrow informe Mlle Mangin qu'il doit procéder à la liquidation des biens de M.Crewe, biens se résumant désormais à tout ce que possède Sarah. Lorsqu'ils pénètrent dans ses appartements, à leur grande surprise, la fillette leur fait face, stoïque, contenant ses larmes. L'étonnement passé, l'avoué prend la directrice de court en clamant qu'elle l'a autorisé à saisir tous ses biens. Lui qui jadis se montrait si obséquieux envers le père de Sarah critique maintenant ouvertement sa prodigalité, sans aucune retenue. Et Sarah de devoir endurer ses paroles acerbes. Impitoyable, il recense tous les biens de la petite fille, la bousculant et s'en prenant à Bonaparte. Pendant ce temps, en cuisine, une Becky éplorée informe Peter que Mlle Crewe doit être chassée du collège. Elle ignore tout de la conversation qui se tient entre Me Barrow et la directrice ; alors que cette dernière lui fait part de son intention de mettre la fillette à la porte, maintenant qu'elle est sans argent, l'homme de loi plaide la cause de Sarah : jeter dans les rues une malheureuse orpheline ruinée serait d'une grande maladresse et la réputation de son établissement en pâtirait grandement. A la place, il la convainc de garder Sarah dans l'optique de la faire travailler. Ainsi elle pourra rembourser les dettes nées de toutes les dépenses faites récemment. Cette suggestion ravit la cupidité de la directrice. Sur ce, il quitte le collège, emportant avec lui Bonaparte et Jump. Sarah, qui a assisté à toute la scène depuis sa fenêtre, ne peut que geindre de douleur. Mais l'idée de l'avoué a fait son chemin dans l'esprit de la directrice. Passant outre la compassion de sa sur, elle lui commande d'aller chercher les vieux vêtements rangés dans le grenier. Puis elle convoque Sarah. La petite fille s'attend à devoir quitter les lieux, or elle n'a nul part où aller. Toutefois, Mlle Mangin joue les âmes charitables et la prévient des conditions impitoyables régnant dans les rues de Londres. Elle lui annonce son intention de la garder, en échange de son labeur. A l'énoncé de cette nouvelle, Sarah se perd en remerciements. La directrice la coupe, sans aménités : si elle la garde, c'est afin qu'elle fasse office de servante, de bonne promise aux tâches les plus ingrates. La voilà désormais contrainte de revêtir la tenue misérable que Mlle Mangin lui donne. En proie à une immense honte de se montrer ainsi vêtue de guenilles en public, Sarah gravit les marches sans un mot, tandis que la directrice informe ses anciennes camarades de jeux de la nouvelle situation. La fillette gagne sa nouvelle chambre, située sous les combles : une mansarde lugubre, froide et enténébrée. |
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Effrayée et peinée, Sarah découvre les prémices de l'univers sordide qui s'ouvre à elle : une mansarde poussiéreuse, aux murs pelés. Désormais seule et abandonnée, la petite orpheline tente d'apprivoiser son chagrin.
Elle passait ainsi d'un vaste hôtel à un petit réduit sans se plaindre, sans être émue. Elle se refermait presque constamment dans sa petite chambre, mais elle languissait en silence, et chaque jour on pouvait signaler les progrès de son affaiblissement. William Thackeray (1811-1863), La Foire aux Vanités (trad. Georges Guiffrey) |
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Avis personnel à propos de l'épisode |
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Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
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Vis à vis de la nouvelle :
La directrice essaie vainement de séparer Sarah de sa poupée, mais la fillette réagit avec une véhémence et une impudence qui ne transparaîtront, dans l'anime, qu'à la fin. Néanmoins, dans la nouvelle, le caractère de Sarah est bien plus rebelle et farouche, au point de provoquer plusieurs fois des affrontements de face avec Mlle Mangin. Ainsi, on mesurera dans cette scène toute la différence entre une Sarah docile, suppliante, et celle de la nouvelle :
"_ Posez votre poupée ! dit Miss Minchin.
_ Non, fit l'enfant, je ne la poserai pas ; je la veux avec moi. Elle est tout ce que j'ai. Elle est restée avec moi tout le temps depuis que mon papa est mort.
Elle n'avait jamais été une enfant obéissante."
En outre, la directrice décide de son propre chef de garder Sarah (il n'y a pas de Me Barrow pour intercéder en sa faveur). Mais ici encore, la cupidité est le principal moteur de son geste.
Un passage décrit la tenue vestimentaire de Sarah une fois orpheline : "Elle portait, ce jour-là, une jupe bleue défraîchie en panne*, qui couvrait à peine ses genoux, une pèlerine brune en tricot, et une paire de bas vert olive que Miss Minchin avait confectionnée à partir d'une paire noire de sorte qu'elle soit assez longue pour durer."
A noter que, dans la nouvelle, la chambrette de Sarah est située juste à côté de celle de la cuisinière (Madame Marie dans l'anime!). Voici à quoi ressemble sa mansarde :
"Elle monta deux étages de plus, et atteignit la porte de la mansarde, l'ouvrit et pénétra à l'intérieur en la refermant derrière elle. Elle se tint contre et regarda autour d'elle. La pièce avait un plafond en pente et était blanchie à la chaux ; il y avait une grille de cheminée rouillée, un sommier en fer et quelques pièces de mobilier bizarres, provenant des belles pièces du dessous où elles avaient été employées jusqu'à ce qu'elles soient jugées être totalement usées. A la lumière de la lucarne, qui ne montrait rien d'autre qu'un rectangle de ciel gris et morne, il y avait un petit tabouret rouge et délabré, qui faisait office de repose-pied." Vis à vis du roman : |
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Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Me Barrow
Emilie
Bonaparte
Jump |
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Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
Voir les sujets thématiques traités dans cet épisode |
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| * La panne est un tissus proche du velours, mais à poils plus longs et moins serrés. La petitesse de la jupe _ outre son caractère étriqué et l'allure ridicule que cela confère à l'enfant _ constitue une humiliation supplémentaire eu égard aux conventions sociales : quoique les petites filles portassent des jupes ou des robes plus courtes que celles des femmes (pour lesquelles les vêtements ne pouvaient découvrir plus que la cheville), la hauteur du genou constituait l'indice au-delà duquel la respectabilité n'était plus de mise. |
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