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La représentante des élèves |
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L'humiliation suprême pour Lavinia : être obligée de céder sa place de représentante de la classe, en tête du cortège des élèves, au profit de sa rivale abhorrée. Ça n'est _ hélas pour elle ! _ que la première d'une longue liste d'avanies à venir pour la journée.
Car chacune des personnes de ce sexe aimable trouvant une rivale dans toutes ses semblables, est sûre d'avance de voir traiter, avec un charitable empressement, sa réserve de gaucherie, sa candeur de sottise ; et ce silence, qui n'est qu'une protestation timide contre la malveillance de ceux qui tiennent le monde à leur discrétion, est loin de trouver grâce devant le tribunal de l'inquisition féminine.
William Thackeray (1811-1863), La Foire aux Vanités (trad. Georges Guiffrey) |
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(...) Lorsqu'une femme a exprimé une opinion défavorable, toutes les lumières humaines essaieraient ensuite de lui démontrer que cette opinion est mal fondée, qu'elle n'en resterait pas moins inflexible dans sa détermination de ne pas revenir sur sa première idée. Bien plus, la seule possibilité de la plus faible contradiction, de la réfutation la plus timide engendre neuf fois sur dix, dans les jugements féminins, cette sorte d'acharnement qui entache les témoignages intéressés, tant une belle devineresse s'attache fortement à son erreur et passionnément à ses propres finesses. |
Charles Dickens (1812-1870), Le Mystère d'Edwin Drood (trad. C.B. Desrone) |
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Résumé de cet épisode : |
| Pour la malheureuse Becky commence une journée harassante qui ne se terminera que lorsque tout le monde sera couché. Alors qu'elle s'affaire à ses besognes épuisantes, les élèves attendent le départ pour aller à la messe. Après un tour pendard de Lavinia, Sarah et Marguerite arrivent en retard. Mais une surprise de taille les attend : soucieuse de maintenir la réputation de son établissement au firmament, Mlle Mangin nomme Sarah représentante des élèves, à sa place. De retour de l'office, la directrice apprend que la femme du Préfet, charmée par les manières de Mlle Crewe, a décidé de rendre une visite au pensionnat, aussi une leçon extraordinaire est-elle organisée sur-le-champ. Mais là encore, les vexations pleuvent sur Lavinia qui doit échanger sa place d'élève modèle avec Sarah ; elle enrage et ne parvient à contenir ses larmes qu'avec difficulté, tant cette préférence envers la fille de M. Crewe, qui s'explique par la fortune de ce dernier, lui paraît injuste. De son côté, Sarah est consciente des affronts subis par Lavinia et ne demandait pas tant de faveurs de la part de Mlle Mangin. Lorsque arrive l'heure de la leçon, les bonnes manières de Sarah ayant fait merveille, Lavinia, avide de briller en public, ne parvient qu'à se ridiculiser doublement, en avouant son ignorance devant toute l'assemblée et en assistant, impuissante, à la prestation de sa rivale dont l'érudition stupéfie l'auditoire. Sarah ayant ravi la femme du préfet, Mlle Mangin, à titre de remerciements, autorise les élèves à jouer pour le reste de l'après-midi. A la demande de Lottie, Sarah obtient le droit de faire faire des tours sur son poney à toutes celles le désirant. De colère, Lavinia a préféré ne pas participer à cette petite fête, mais ses amies elles-mêmes l'ayant laissée seule, elle boue de frustration et finit par ourdir sa vengeance. Elle feint de venir se joindre aux autres élèves mais, à l'aide d'une épingle, blesse Jump qui regimbe et s'enfuit au galop, emportant Marguerite sur son dos. Seule l'intervention de Peter et de Sarah empêche le pire de survenir ; pourtant, par son geste, Lavinia a réussi à gâcher l'ambiance. Le soir, dans sa chambre, Sarah se doute que Lavinia est à l'origine de la réaction de Jump et qu'elle la déteste encore davantage, eu égard aux événements de la journée. |
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Sans la promptitude d'esprit de Peter, il s'en est fallu d'un cheveu que la petite fête tournât au désastre, la faute à la méchanceté crasse de Lavinia. |
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Avis personnel à propos de l'épisode |
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Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett : |
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Vis à vis de la nouvelle :
Sarah ne prend aucunement la place de Lavinia en tant que représentante des élèves : elle est d'office mise à la tête de chaque cortège lorsque les élèves se déplacent en dehors de la pension, la directrice la tenant par la main. De même, lorsque des parents soucieux de placer leurs enfants dans le collège de Mlle Mangin se présentent, Sarah est appelée, avec sa poupée, dans le salon où ils sont reçus.
Vis à vis du roman :
Consciente de l'aubaine que représente une élève fortunée et brillante telle que Sara, la directrice lui adresse quotidiennement des louanges, notamment de crainte qu'elle ne se plaise pas au pensionnat et s'en ouvre à son père, ce qui se traduirait par son retrait de l'établissement :
"En conséquence de quoi Sara était louée pour sa célérité à apprendre ses leçons, ses bonnes manières, la gentillesse qu'elle manifestait envers ses camarades ainsi que sa générosité si d'aventure elle donnait six pence à un mendiant sur les sous de sa petite bourse."
La série ne comporte néanmoins aucun moment où l'on voit Sarah se livrer à un tel geste charitable (ce qui aurait pu avoir de son intérêt si l'on songe, en parallèle, à des scènes comme celle où Donald la gratifie d'une pièce ou lorsqu'un vendeur la confond avec une mendiante sans le sou, dans l'épisode 21).
Le caractère de Lavinia nous est brossée par l'auteur (on notera le passage où il est question des plumes d'autruche, parangon d'élégance alors, et de la présence de Sara marchant aux côtés de Miss Minchin lors des sorties d'élèves, ce qui n'est pas le cas dans le présent épisode où Sarah marche en tête, Mlle Mangin fermant le banc avec sa sur) :
"Lavinia, en fait, était profondément méchante, sans compter qu'une jalousie terrible à l'égard de Sara l'animait. Jusqu'à l'arrivée de la nouvelle élève, elle se persuadait régner sur l'école sans concession aucune. Elle était parvenue à s'imposer parce qu'elle pouvait se révéler infiniment désagréable si les autres ne la suivaient pas. Elle se montrait autoritaire envers les petites, et assumait de grands airs avec celles suffisamment âgées que pour être ses camarades. Elle était plutôt jolie et avait été l'élève la mieux habillée lors des sorties où le pensionnat huppé marchait en rangs deux par deux, avant que les manteaux de velours de Sara et ses manchons de zibeline n'apparussent, ajoutés aux plumes d'autruche, et ne fussent conduits par Miss Minchin en tête de cortège. Cela, au début, lui avait causé une grande amertume ; mais le moment vint où il fut patent que Sara était une chef, elle aussi, non parce qu'elle pouvait être désagréable, mais bien parce qu'elle ne l'était jamais." |
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Alors qu'elle avait emménagé dans le Surrey, en Angleterre, Frances fit l'acquisition d'un cob alezan qu'elle appela Gordon, destiné à servir de monture ou pour tirer le petit attelage qu'elle avait. L'animal était présumé être rétif et impétueux mais Stephen Townesend, qui officiait en qualité de chargé d'affaires de Frances, semblait montrer le contraire en montant le cheval à sa guise. Un jour, alors qu'elle se rendait à la gare pour prendre Stephen, Gordon s'emballa et précipita Frances par-dessus la voiture. Stephen, qui était descendu à la gare entre-temps, s'inquiétant de ne voir personne sur le quai, alla à sa rencontre ; Frances avait heurté la route la tête la première et elle gisait par terre, inconsciente. Ayant suivi un cursus médecal, Stephen établit un diagnostique de commotion. Frances fut transportée d'urgence dans la petite maison qui lui avait été offerte où elle demeura trois jours dans le coma. Plusieurs mois de convalescence lui furent nécessaires, avec les soins d'un docteur, Owen Lankester, un ami de la famille. De surcroît, des infirmières venaient même de l'hôpital St Bartholomew, de Londres, pour s'occuper d'elle. |
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Personnages figurant dans l'épisode : |
Sarah Crewe
Becky
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint-John
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Mariette
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Mme Martin (femme du Préfet)
Bonaparte
César
Jump |
Divers |
Anachronismes, erreurs et autres curiosités
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