Mon amie Marguerite

Objet de toutes les moqueries, la pauvre Marguerite trouve en Sarah une amie sincère et emplie de compassion.
 

Résumé de cet épisode :

Lors de la leçon de français, c'est au tour de Marguerite d'être interrogée mais celle-ci s'avère incapable de répondre. Heureusement, Sarah lui vient en aide mais cela n'empêchera pas Lavinia et ses deux acolytes, Jessie et Gertrude, de railler cruellement la pauvre Marguerite. Toujours sensible à la détresse des plus faibles, Sarah prend sa défense ; pourtant, son geste, allié à son attitude empreinte de dignité, lui vaudra le mépris des trois autres. Restées seules, Sarah conforte une Marguerite en larmes ; la discussion se noue et elle lui témoigne de son admiration mais Sarah sait rester humble et minimise ses talents. Puis Sarah invite son amie à poursuivre leur conversation dans sa chambre, afin de rencontrer Emilie, que son imagination fantasque dépeint comme une personne réelle. Au fil de leurs confessions mutuelles, Sarah découvre une camarade blessée, qui se sent humiliée et rejetée par son père ; le contraste avec M. Crewe, qui chérit sa fille unique, accroît encore davantage la sympathie que porte Sarah à son amie. Puis, Marguerite se souvenant qu'elle a oublié l'anniversaire de sa tante Eliza, Sarah propose d'aller le lui souhaiter en prenant sa voiture. En l'absence de la directrice, Mlle Amélia consent à une telle sortie, pourvu que les fillettes rentrent avant son retour. Après une brève halte chez un fleuriste de Covent Garden, Peter, Sarah et Marguerite vont rendre visite à la tante Eliza qui habite en banlieue. Le temps passe hélas si vite que, déjà, elles sont en retard. Lorsqu'elles parviennent enfin au collège, elles se voient accueillies par Mlle Mangin, furieuse de cette escapade. Alors que cette dernière s'apprête à corriger Marguerite, Sarah s'interpose et endosse la responsabilité de cet acte, ainsi que la punition allant de paire. Consciente qu'elle ne peut punir ainsi une élève comme Mlle Crewe, la directrice surseoit à tout châtiment. Néanmoins Marguerite déborde de gratitude envers Sarah. Désormais, une amitié très forte liera les deux petites filles.
 
Mlle Amélia tente de raisonner sa sœur pour qu'elle ne lève pas la main sur la fille de M. Crewe. Mlle Mangin se pliera de mauvaise grâce à ses paroles, non sans accumuler un immense ressentiment envers la jeune Sarah.
 
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Avis personnel à propos de l'épisode

"Sarah : _ Mademoiselle la directrice, c'est moi la fautive : j'ai entraîné Marguerite, je l'ai accompagnée... Si vous devez punir, eh bien, c'est moi qui suis la responsable."

(à venir)
 
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Lorsque Sarah prend la défense de Marguerite, elle doit faire face aux remarques mordantes de Lavinia et de ses compères. Mais la fillette répond par le silence, mutisme qui exaspère Lavinia au point de sommer Sarah de dire quelque chose. La nouvelle comprend un passage traduisant les pensées de Sarah sur ce sujet et qui explique son attitude :

"Comme pour répondre, avait-elle coutume de dire, je ne réponds pas très souvent. Je ne réponds jamais lorsque je puis l'éviter. Quand les gens vous insultent, il n'y a rien de mieux pour eux que de ne pas dire un mot -- uniquement les regarder et penser. Miss Minchin devient blême de rage lorsque je fais ça. Miss Amélia paraît effrayée, tout comme les filles. Ils savent que vous êtes plus fort qu'eux, parce que vous êtes suffisamment fort pour contenir votre colère et qu'eux ne le sont pas, et ils disent des choses stupides qu'ils souhaitent ne pas avoir dites ensuite. Il n'y a rien de si fort que la colère, excepté ce qui vous la fait retenir en vous -- c'est plus fort. C'est une bonne chose que de ne pas répondre à vos ennemis."
Toutefois, tout comme dans l'anime, Sarah éprouvera bien du mal à demeurer ainsi stoïque lorsqu'elle sera confrontée aux brimades et aux humiliations quotidiennes inhérentes à sa condition de servante.

Sarah se lie d'amitié avec Marguerite non parce qu'elle est brimée par les autres élèves, mais surtout pour assouvir son appétit de lecture (après qu'elle soit orpheline), le père de cette dernière lui envoyant régulièrement des colis de livres. Ça n'est qu'après ça que Sarah lui présente Emilie.

Dans l'anime, Sarah fait montre d'infiniment plus de tact envers Marguerite, la cancre, que son alter ego dans la nouvelle. En témoigne ce passage, extrait du dessin animé, où la fillette minore ses facultés et tente de faire recouvrer à Marguerite son amour-propre :

"Marguerite : _Tu sais bien que je suis la plus mauvaise élève de l'école, chuis pas du tout intelligente. Et je suis tellement lente!
Sarah : _Allons, Marguerite, tu ne peux pas penser ça de toi!
Marguerite : _Tu sais, j'aurais tellement aimé être aussi brillante que toi, surtout en français...
Sarah : _Ma mère était française et je l'ai toujours entendu parler à la maison depuis ma naissance. Toi aussi tu le parlerais si tu l'avais toujours entendu parler.
Marguerite : _Nan, c'est faux, tu m'as entendu tout à l'heure, j'y arrive pas! La grammaire française, c'est tellement difficile! J'arrive pas à comprendre... T'es pas d'accord avec moi, Sarah?"
Et une scène analogue, de la nouvelle, où Sarah se ravise juste à temps de dire un mot blessant (elle est déjà orpheline à ce moment) :

"_ M'aimes-tu ? dit Ermengarde, finalement, après qu'elle eût détaillé Sara de pied en cap.
Cette dernière hésita une seconde, puis elle répondit :
_ Je t'apprécie parce que tu n'as pas mauvais caractère ; je t'aime parce que tu me laisses lire tes livres ; je t'aime parce que tu ne fais pas de plaisanteries méchantes à mes dépends pour lesquelles je ne puis rien. Ça n'est pas ta faute si...
Elle s'arrêta subitement. Elle était sur le point de dire, « tu es stupide ».
_ Si quoi ? demanda Ermengarde.
_ Tu ne peux apprendre les choses rapidement. Si tu ne le peux pas, tu ne le peux pas. Si je le puis, pourquoi, je le puis... C'est tout. Elle marqua une pause durant une minute, en regardant le visage grassouillet devant elle, et ensuite, plutôt lentement, une de ses sages pensées, vieux-jeu, vînt à elle.
_ Peut-être, dit-elle, qu'être capable d'apprendre les choses rapidement n'est pas tout."
Il est simplement précisé que le père de Marguerite est un intellectuel (non un professeur d'université comme dans l'épisode).

Vis à vis du roman :

Sara aperçoit Marguerite pour la première fois lors du petit-déjeuner (on notera que sa position d'élève favorite lui vaut le privilège de s'asseoir à côté de la directrice, place enviée s'il en est) :

"Ce même matin-là, après que Sara se fut assis à côté de Miss Minchin, consciente que le classe toute entière était occupée à l'observer, elle avait remarqué très tôt une petite fille, ayant à peu près son âge, qui la regardait avec insistance de ses yeux bleu clair emplis de tristesse."
Marguerite (Ermengarde) paraît d'emblée sympathique aux yeux de Sara et son sentiment de bienveillance à son égard de ne fait que croître après qu'elle se soit fait grondée par la directrice et raillée par Lavinia et Jessie. Sara est, à en croire les dires de l'auteur, coutumière de ce genre d'attitudes empreintes de compassion puisque son père fit un jour la remarque, à son sujet, que :

"Si Sara avait été un garçon et vécut il y a quelques siècles, avait coutume de dire son père, elle aurait parcouru le pays, l'épée à la main, secourant et défendant tous ceux plongés dans la détresse. Apercevoir des gens dans le malheur lui donne toujours envie de combattre."
Nous ne pouvons nous empêcher de souligner que cette phrase de l'auteur véhicule et pérennise, peut-être à son corps défendant car Frances Hodgson Burnett, de par son comportement, paraissait être un parangon d'émancipation féminine, une certaine forme de sexisme, reflet de la pensée de l'époque sur le rôle de la femme : prendre les armes pour lutter semble être exclusivement une affaire d'homme, comme si l'habileté martiale n'était qu'un apanage masculin. Pourtant l'histoire a eu son lot de femmes éclatantes de courage dans le sort de la guerre, à l'instar de Ste Geneviève exhortant les siens à défendre Lutèce contre Attila ou, si l'on veut se référer à un modèle plus belliciste, comme Jeanne d'Arc. Probablement l'histoire anglaise ne peut-elle pas se réclamer d'une pareille iconographie susceptible d'imposer de telles figures dans l'esprit collectif, même si la Reine Boadicée eut constituée un personnage d'une ampleur équivalente.

Il n'est pas évident de prendre la mesure de l'incapacité crasse de Marguerite à parler français en regardant le dessin animé puisque ce sont ses hoquets qui provoquent le désespoir de M. Dufarge. Le texte nous apporte en comparaison une de ses prestations à titre d'exemple :

"Sa prononciation poussait M. Dufarge à sourire malgré lui, et Lavinia, Jessie ainsi que les autres filles plus fortunées gloussaient en l'écoutant ou bien la regardaient avec une morgue pleine de dédain. (Sara), elle, feignait de ne rien n'avoir entendu lorsque Miss St. John prononçait « le bon pain », « li bong pang »."
Le roman dévoile davantage de choses au sujet du père de Marguerite. On saisit à quel point il est érudit et combien son désarroi doit être profond face à sa fille guère douée pour les études :

"Si vous aviez un père sachant tout, parlant sept ou huit langues, et ayant des milliers de livres qu'il connaît apparemment par cœur, il tiendrait pour une chose ordinaire que le contenu de vos livres de leçons vous soit au moins familier."
Marguerite passe environ une heure en la compagnie de Sara, dans la salle de jeu de celle-ci, avant que la cloche appelant les pensionnaires pour le déjeuner ne les interrompe (l'escapade chez la tante Eliza est une invention propre à la série). A cette occasion, Sara parle bien sûr d'Emilie, mais aussi de son plaisir à raconter des histoires et à faire semblant (c'est d'ailleurs pour cela qu'elle a un petit salon, afin de pouvoir s'isoler quand elle le fait car elle répugne à être entendue), de son voyage et des Indes, avant que la conversation ne se porte sur leurs pères. La petite souligne à quel point elle l'aime ("J'aime le mien dix fois plus que tout au monde.") mais, si la douleur de la séparation se lit sur son visage, et contrairement à ce que croit Ermengarde/Marguerite, Sara contient son chagrin en rappelant que son père est un soldat et, à son image, elle se doit d'être forte et de supporter la douleur :

"_ Je lui ai promis de tenir bon, dit-elle. Et je tiendrai parole. Il faut savoir endurer. Pense à ce qu'endurent les soldats ! Papa est un soldat. S'il y avait une guerre, il aurait à supporter les marches forcées et la soif, sans parler, peut-être, de graves blessures. Et jamais il ne dirait quoi que ce soit _ pas même un mot ne sortirait de ses lèvres."
Toutes ces références martiales ont été abandonnées dans le dessin animé (comme le fait que M. Crewe soit un officier ayant le grade de capitaine), choix qui se distingue singulièrement des adaptations cinématographiques où, au contraire, ces éléments ont été mis en exergue.

Dans le roman, Marguerite/Ermengarde propose à Sara d'être amies, au sens de nouer une amitié forte et durable, à l'image de celle qui unit... Jessie et Lavinia.

La discussion entre Ermengarde/Marguerite et Sara vient à porter sur Lavinia après que Sara eut pensé à voix haute qu'en fait elle était peut être une horrible enfant parce qu'elle n'avait jamais vécu d'épreuves susceptibles de la rendre plus sociable. Mais Marguerite lui apporte la contradiction en citant l'exemple de Lavinia, avant que Sara n'avance une explication originale quant à la méchanceté de celle-ci :

"_ Comment saurai-je que je suis réellement quelqu'un de gentil ou bien une enfant affreuse ? Peut-être suis-je une enfant au caractère épouvantable, et personne n'en saura jamais rien, simplement parce que je n'ai jamais subi d'épreuves.
_ Lavinia n'a jamais eu aucune épreuve, fit remarquer avec flegme Ermengarde, et pourtant elle est suffisamment détestable comme cela.
Sara se frotta le bout du nez d'un air songeur, perdue qu'elle était dans ses pensées.
_ Et bien, finit-elle par dire, peut-être... Peut-être que c'est parce qu'elle est en pleine croissance.
Ses mots étaient le fruit d'un souvenir charitable après qu'elle eût entendu dire Miss Amélia que Lavinia grandissait si vite qu'elle crût que cela affectât sa santé et son caractère.
"
 
Frances Hodgson Burnett Le talent d'écrivain de Frances Hodgson Burnett se manifesta de façon très précoce : à l'âge de dix ans, elle rédigea un poème humoristique qui suscita l'admiration de sa mère, aussi commença-t-elle à écrire. Toutefois, ses frères John et Herbert concevaient quelque amertume à son égard, et peut-être, aussi de la jalousie. A propos de leur attitude envers elle, voici ce que Frances consigna par écrit :

"Vous ne pouvez pas faire en sorte que des garçons cessent à moins de les tuer... Si vous les injuriez et trépignez, ils vous taquineront davantage ; si vous fondez en larmes, ils riront et diront que c'est toujours comme ça avec les filles, aussi, tout bien considéré, le mieux est de ne pas paraître en colère et de contenir votre fureur à l'intérieur du petit corsage de votre robe."
Ces paroles sont à rapprocher de la réaction de Sarah dans l'anime et dans la nouvelle.
 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Mr Dufarge
Gertrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint John
Peter
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Fleuriste
Tante Eliza
Emilie
Bonaparte
César
Jump

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

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