Le collège de Mlle Mangin

Sous l'œil désapprobateur de la directrice, Sarah convainc son père de ne pas renvoyer Peter.
 

Résumé de cet épisode :

Londres, dans l'Angleterre victorienne, à la fin du XIXème siècle. Dans le collège pour jeunes filles de Mlle Mangin règne une effervescence inhabituelle, tout le monde s'affairant à préparer la venue d'une nouvelle élève originaire des Indes. Fille d'un riche anglais vivant au Cachemire, Sarah Crewe représente en effet une hôte de marque, aussi les préparatifs vont-ils bon train pour satisfaire les désirs de son père, peiné à l'idée de se séparer de sa fille unique. Une brève promenade en fiacre et, déjà, M. Crewe et Sarah doivent visiter le pensionnat. Non sans une certaine appréhension, la jeune fille se présente à la directrice qui régente sans aucun partage cet établissement où Sarah devra poursuivre son éducation pour devenir une lady accomplie. Après avoir visité le collège et exprimé d'ultimes recommandations pour rendre le séjour de Mlle Crewe le plus agréable possible, le père de Sarah souhaite montrer à sa fille le poney qu'il lui a offert et la voiture allant de paire. Malheureusement, le cocher devant servir la jeune Sarah est souffrant et c'est son fils, Peter, qui le remplace de façon impromptue. Passant outre les récriminations de la directrice, inquiète de confier une telle élève à un enfant, Sarah supplie son père d'embaucher Peter. La fortune des Crewe, la diligence avec laquelle le père de Sarah satisfait ses moindres envies et le comportement de cette dernière, que Mlle Mangin confond avec des caprices et des effronteries, instille chez la directrice le ferment d'une animosité naissante. Sarah l'ignore, et c'est dans son attelage, aux côtés de son père, qu'ils baguenaudent pour la dernière fois, heureux, avant le moment fatidique où il faudra se dire adieu.
 
Derniers et délicieux instants de tendresse entre Sarah et son père.

Quel cœur assez barbare aurait pu songer à séparer ces deux êtres ?
William Thackeray, in La Foire aux Vanités
 
Qu'ils étaient doux ces jours de mon enfance
Où toujours gai, sans soucis, sans chagrin,
Je coulais ma douce existence,
Sans songer au lendemain. (...)
Mon cœur était encore tendre et novice,
Ne connaissait pas la noirceur,
De la vie en cueillant les fleurs,
Je ne sentais pas les épines,
Et mes caresses enfantines
Etaient pures et sans aigreurs.
Croyais-je, exempt de toute peine
Que, dans notre vaste univers,
Tous les maux sortis des enfers,
Avaient établi leur domaine ?
Gérard de Nerval (1808-†1855), L'enfance
 
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Avis personnel à propos de l'épisode

"Ralph Crewe : _ En effet, me séparer de ma petite Sarah n'est pas facile pour moi. Cet enfant a perdu sa mère à l'âge de quatre ans. (...) Pour Sarah aussi ce sera un grand changement. Elle aura peut-être un peu de mal à s'habituer mais j'ai pensé qu'il était préférable pour elle qu'elle poursuive ses études dans une excellente école plutôt que de rester avec moi aux Indes."

 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

La prime raison pour laquelle M. Crewe se sépare de sa fille et la place dans le collège de Mlle Mangin est que le climat de l'Inde exerce une influence délétère sur la constitution délicate de Sarah ; en outre, n'ayant plus aucun parent à sa connaissance, cela lui paraît être la seule solution que de la confier à un pensionnat. Dans l'anime, le choix de cet établissement s'explique par sa grande réputation, raison pour laquelle il l'a choisi (sans la recommandation de Me Barrow qui ne figure pas dans la nouvelle), a contrario de la nouvelle où aucun indice ne vient étayer ce choix (curieusement, la volonté de placer son enfant, à la santé rendue délicate, à Londres est des plus étranges : la ville, polluée au-delà de ce qu'on peut imaginer avec ses usines crachant de noires fumerolles épaisses, son fleuve nauséabond en été, ses taudis où sévissent tuberculose et paupérisme, son brouillard empuanti par les fumées souffrées, son climat humide et pluvieux, paraît tout aussi néfaste en comparaison).

Dans le dessin animé, la plaque de cuivre présentant l'établissement est située sur le mur, à côté de la porte. Elle porte l'inscription "Miss Minchin Select Seminary for Young Ladies" (Miss Minchin Pensionnat strict pour jeunes demoiselles). En revanche, dans la nouvelle, la plaque est fixée directement sur la porte ; l'inscription est rédigée en lettres noires et se compose de "Miss Minchin's Select Seminary for Young Ladies" (Pensionnat strict pour jeunes demoiselles de Miss Minchin).

Si le père de Sarah précise que sa mère est morte alors qu'elle n'avait que quatre ans, dans la nouvelle le narrateur indique que "sa maman mourut quand elle était bébé", c'est-à-dire beaucoup plus jeune (peut-être à la naissance ou dans les quelques mois suivant).

Vis à vis du roman :

L'anime choisit de restituer l'impression picturale que donnent les premières lignes du roman de Londres (un tantinet caricaturale, il est vrai), celle d'une cité plongée dans un brouillard dense et mystérieux :

"Par un sombre jour d'hiver, alors qu'un brouillard jaune flottait en nappes si épaisses et lourdes dans les rues de Londres que les réverbères étaient allumés et que les devantures des magasins s'en trouvaient illuminées par le gaz comme elles le sont la nuit, une petite fille à l'air étrange était assise, en compagnie de son père, dans un cab qui avançait au pas à travers les larges rues."
En revanche, l'apparition de Sarah est retardée (on ne la découvre que dans sa chambre du Savoy), ce qui n'est pas le cas sous la plume de l'auteur.

Sarah est préparée depuis longue date à passer sa scolarité en Angleterre : le climat ayant une influence pernicieuse sur la constitution de tous les petits britanniques vivant en Inde, Sarah sait, par ses amis et leurs parents, qu'elle aussi devra un jour quitter l'Inde pour ce qu'elle appelle l'endroit. Dès l'âge de cinq ans, elle s'en ouvre à son père car la chose la remplit d'inquiétude. A contrario, dans l'anime, le choix de confier Sarah paraît moins mûrement réfléchi et s'explique en majeure partie à cause du travail prenant de son papa.

Aucun hôtel n'est nommément cité. Le roman se borne à dire que "Sara resta avec son père dans son hôtel pendant plusieurs jours ; en fait, elle demeura avec lui jusqu'à ce qu'il prît à nouveau le chemin des Indes".

Le dessin animé reprend l'inscription de la plaque figurant dans le roman.

Sara est encore rajeunie dans le roman puisqu'elle n'a que 7 ans lorsqu'elle est confiée à Miss Minchin (contre 8 dans la nouvelle et dans le dessin animé, à la différence près que l'annonce du décès de son père a lieu pour son dixième anniversaire dans la nouvelle et pour ses neuf ans dans l'anime).

Concernant la mère de Sara, le roman fournit de plus précises indications puisque, nous dit-on, "Sa mère mourut à sa naissance, ainsi elle ne l'avait jamais connue et elle ne lui avait jamais manqué". Outre la différence quant à l'âge où Sarah perdit sa mère, notons que, dans le dessin animé, celle-ci reste chère au cœur de la petite ainsi qu'elle le manifeste à plusieurs reprises (avec Lottie, dans l'épisode 5, où lorsqu'elle s'efforce de sécher ses larmes, au début de l'épisode 17).

Une fois présentée à la directrice, Sara passe les quelques jours restant en compagnie de son père, dans son hôtel, et consacre beaucoup de temps à parcourir les boutiques ; très prodigue quant il s'agit de sa fille, M. Crewe dépensa sans compter, achetant à Sara bien plus de choses qu'elle n'en avait besoin. La garde-robe qu'il lui constitue pour l'occasion est d'ailleurs somptueuse :
"Il y avait des robes de velours rehaussées de précieuses fourrures, ainsi que des robes de dentelle, d'autres qui étaient enjolivées de broderies, des chapeaux avec de grandes plumes d'autruche, si douces au toucher, des manteaux et des manchons d'hermine, des boîtes pleines de petits gants et de mouchoirs, et une telle abondance de bas de soie que la jeune femme affable derrière le comptoir murmurait à chacune de ses collègues que l'étrange petite fille avec de grands yeux pleins de gravité devait être au moins quelque princesse étrangère -- peut-être même la petite fille d'un rajah des Indes."
Mlle Amélia apporte quelques précisions à ce sujet, nous apprenant "(que Sara a) de la zibeline et de l'hermine sur ses manteaux, et de la véritable dentelle de Valenciennes sur ses dessous".

 

Personnages figurant dans l'épisode :

Sarah Crewe
Ralph Crewe
Amélia Mangin
Gertrude Mangin
Mr Dufarge
Getrude
Jessie
Lavinia Herbert
Lottie
Marguerite Saint John
Me Barrow
Emilie (citée)
Marie la cuisinière
James le cuisinier
Peter
Mariette
Dorothée
Linda
Christelle
Diana
Jennifer
Pénélope
Jeanne
Suzanne
Bonaparte
César
Jump
Mlle Meredith (citée)

Divers

Anachronismes, erreurs et autres curiosités

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