Vis à vis de la nouvelle :

La prime raison pour laquelle M. Crewe se sépare de sa fille et la place dans le collège de Mlle Mangin est que le climat de l'Inde exerce une influence délétère sur la constitution délicate de Sarah ; en outre, n'ayant plus aucun parent à sa connaissance, cela lui paraît être la seule solution que de la confier à un pensionnat. Dans l'
anime, le choix de cet établissement s'explique par sa grande réputation, raison pour laquelle il l'a choisi (sans la recommandation de Me Barrow qui ne figure pas dans la nouvelle), a contrario de la nouvelle où aucun indice ne vient étayer ce choix (curieusement, la volonté de placer son enfant, à la santé rendue délicate, à Londres est des plus étranges : la ville, polluée au-delà de ce qu'on peut imaginer avec ses usines crachant de noires fumerolles épaisses, son fleuve nauséabond en été, ses taudis où sévissent tuberculose et paupérisme, son brouillard empuanti par les fumées souffrées, son climat humide et pluvieux, paraît tout aussi néfaste en comparaison).

Dans le dessin animé, la plaque de cuivre présentant l'établissement est située sur le mur, à côté de la porte. Elle porte l'inscription "
Miss Minchin Select Seminary for Young Ladies" (Miss Minchin Pensionnat strict pour jeunes demoiselles). En revanche, dans la nouvelle, la plaque est fixée directement sur la porte ; l'inscription est rédigée en lettres noires et se compose de "
Miss Minchin's Select Seminary for Young Ladies" (Pensionnat strict pour jeunes demoiselles de Miss Minchin).

Si le père de Sarah précise que sa mère est morte alors qu'elle n'avait que quatre ans, dans la nouvelle le narrateur indique que "
sa maman mourut quand elle était bébé", c'est-à-dire beaucoup plus jeune (peut-être à la naissance ou dans les quelques mois suivant).
Vis à vis du roman :
L'anime choisit de restituer l'impression picturale que donnent les premières lignes du roman de Londres (un tantinet caricaturale, il est vrai), celle d'une cité plongée dans un brouillard dense et mystérieux :
"Par un sombre jour d'hiver, alors qu'un brouillard jaune flottait en nappes si épaisses et lourdes dans les rues de Londres que les réverbères étaient allumés et que les devantures des magasins s'en trouvaient illuminées par le gaz comme elles le sont la nuit, une petite fille à l'air étrange était assise, en compagnie de son père, dans un cab qui avançait au pas à travers les larges rues."
En revanche, l'apparition de Sarah est retardée (on ne la découvre que dans sa chambre du Savoy), ce qui n'est pas le cas sous la plume de l'auteur.

Sarah est préparée depuis longue date à passer sa scolarité en Angleterre : le climat ayant une influence pernicieuse sur la constitution de tous les petits britanniques vivant en Inde, Sarah sait, par ses amis et leurs parents, qu'elle aussi devra un jour quitter l'Inde pour ce qu'elle appelle
l'endroit. Dès l'âge de cinq ans, elle s'en ouvre à son père car la chose la remplit d'inquiétude. A contrario, dans l'
anime, le choix de confier Sarah paraît moins mûrement réfléchi et s'explique en majeure partie à cause du travail prenant de son papa.

Aucun hôtel n'est nommément cité. Le roman se borne à dire que "
Sara resta avec son père dans son hôtel pendant plusieurs jours ; en fait, elle demeura avec lui jusqu'à ce qu'il prît à nouveau le chemin des Indes".

Le dessin animé reprend l'inscription de la plaque figurant dans le roman.

Sara est encore rajeunie dans le roman puisqu'elle n'a que 7 ans lorsqu'elle est confiée à Miss Minchin (contre 8 dans la nouvelle et dans le dessin animé, à la différence près que l'annonce du décès de son père a lieu pour son dixième anniversaire dans la nouvelle et pour ses neuf ans dans l'
anime).

Concernant la mère de Sara, le roman fournit de plus précises indications puisque, nous dit-on, "
Sa mère mourut à sa naissance, ainsi elle ne l'avait jamais connue et elle ne lui avait jamais manqué". Outre la différence quant à l'âge où Sarah perdit sa mère, notons que, dans le dessin animé, celle-ci reste chère au cur de la petite ainsi qu'elle le manifeste à plusieurs reprises (avec Lottie, dans l'épisode
5, où lorsqu'elle s'efforce de sécher ses larmes, au début de l'épisode
17).

Une fois présentée à la directrice, Sara passe les quelques jours restant en compagnie de son père, dans son hôtel, et consacre beaucoup de temps à parcourir les boutiques ; très prodigue quant il s'agit de sa fille, M. Crewe dépensa sans compter, achetant à Sara bien plus de choses qu'elle n'en avait besoin. La garde-robe qu'il lui constitue pour l'occasion est d'ailleurs somptueuse :
"Il y avait des robes de velours rehaussées de précieuses fourrures, ainsi que des robes de dentelle, d'autres qui étaient enjolivées de broderies, des chapeaux avec de grandes plumes d'autruche, si douces au toucher, des manteaux et des manchons d'hermine, des boîtes pleines de petits gants et de mouchoirs, et une telle abondance de bas de soie que la jeune femme affable derrière le comptoir murmurait à chacune de ses collègues que l'étrange petite fille avec de grands yeux pleins de gravité devait être au moins quelque princesse étrangère -- peut-être même la petite fille d'un rajah des Indes."
Mlle Amélia apporte quelques précisions à ce sujet, nous apprenant "(que Sara a)
de la zibeline et de l'hermine sur ses manteaux, et de la véritable dentelle de Valenciennes sur ses dessous".