Ram Dass

Ram Dass, le majordome de M. Crisford.
Derrière Ram Dass, le dévoué majordome indien ici accompagné de son singe Sulya, se cachent des trésors de bonté. Sarah fut grandement redevable à M. Crisford des attentions qu'il lui prodigua ; pourtant ce fut Ram Dass qui le premier se montra ému par le sort injuste et cruel dévolu à la fillette. Il se fera l'instrument de son salut après avoir informé son maître de la rudesse sordide dans laquelle la petite était contrainte de vivre. Et non sans une grande intelligence, il y verra incidemment l'opportunité de le distraire , lui qui était assailli de remords depuis la disparition de Ralph Crewe.
 

Fiche signalétique :

Nom Ram Dass.
Surnom Inconnu.
Sexe Masculin.
Age Inconnu.
Cheveux Brun foncé.
Yeux Bruns.
Nationalité Indienne.
Taille Inconnu.
Poids Inconnu.
Lieu de naissance Inde (probablement).
Lieux où le personnage a vécu Inde, Londres.
Statut Serviteur de M. Crisford
Signe particulier Instruit, parle anglais et hindoustani ;
Possède des connaissances en herboristerie et en médecine ;
Remarquable agilité et sens de l'équilibre inné ;
Maître de Sulya, le petit singe.
 
Au sein de la hiérarchie complexe régissant la domesticité indienne, Ram Dass est très certainement ce que l'on appelle un abdar, à savoir un majordome commandant les autres serviteurs.
 

L'avis de Princesse Sarah :

Commentaires
 

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?

En hindi, Ram Dass signifie « Serviteur de Dieu ».
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

L'impression que retient Sarah la fois où elle l'aperçoit pour la première fois est qu'il semble avoir encore plus froid que son maître, M. Crisford, qui paraît déjà bien frigorifié. Or, dans l'anime, jamais Ram Dass ne semble affecté par le froid londonien.

Sarah, qui ignore qu'il se nomme Ram Dass, l'appelle le Lascar (du persan laskhar, qui signifie soldat, et désignant un homme à tout faire). Le mot n'avait pas cette connotation péjorative qu'il a aujourd'hui.

La fillette remarque l'attachement que porte Ram Dass à son maître et se livre à de nombreuses conjectures sur l'origine de ce dévouement :
"Peut-être a-t-il sauvé la vie de son maître durant la révolte des Cipayes*," pensa-t-elle. "Ils ont l'air d'avoir eu toutes sortes d'aventures ensemble. Je souhaiterais pouvoir parler au Lascar. Je me rappelle d'un peu d'hindoustani."
Cette allusion à la révolte des Cipayes soulève plusieurs points intéressants : si l'anime se déroule en 1885, la nouvelle doit être nécessairement antérieure ou alors cela impliquerait que Ram Dass soit âgé de plus de cinquante ans, ce qui ne semble pas être le cas à en juger par les textes (on sait qu'il est agile sinon jamais il n'aurait pu bondir jusqu'à la mansarde de la fillette). L'action, dans la nouvelle, a du se produire grosso modo entre 1865 et 1875, avec un Ram Dass ayant entre la trentaine et la quarantaine (le film d'Alfonso Cuarón adopte ce parti pris, bien qu'il se déroule durant la première guerre mondiale), ce que corrobore l'allégation selon laquelle Ram Dass et son maître aient pu vivre de nombreuses aventures. L'anime adopte le principe d'un Ram Dass beaucoup plus jeune, qui, par conséquent, n'a pu connaître cet événement. Reste que Ram Dass constitue un personnage très énigmatique dont la représentation varie grandement dans chaque fiction : jeune, imberbe, instruit et parlant anglais dans l'anime (et de carnation plus claire que les autres serviteurs), plus âgé et ne parlant qu'hindoustani dans la nouvelle, également âgé dans le film de Cuarón mais ayant une apparence le faisant ressembler à un Sikh (barbe broussailleuse abondante, turban...).

Vis à vis du roman :
 

Ce personnage apparaît dans les épisodes :

30 , 31 , 32 , 36 , 37 , 38 , 39 , 41 , 43 , 44 , 45 , 46.

* En 1856, l'armée britannique fournit par erreur aux supplétifs hindous de la suie de bœuf pour graisser leurs cartouches et, aux supplétifs musulmans, de la suie de porc ( le bœuf étant sacré pour les hindous et le porc, jugé impur par les musulmans et les hindous ; or les soldats devaient déchirer les cartouches avec leurs dents pour les utiliser). Cette confusion cristallisa le mécontentement des autochtones à l'égard des autorités britanniques (rancœur suscitée par la domination coloniale et les bouleversements qu'elle introduisit dans la vie des indigènes), ce qui servit de prétexte aux Cipayes (des soldats hindouistes qui, avant l'arrivée des Anglais, se louaient aux plus offrants, et qui constituaient le gros des forces armées de la Compagnie anglaise des Indes ) pour se révolter en 1857, geste qui se solda par le massacre de 500 européens à Meeruth. Le mouvement, d'inspiration nationaliste et traditionaliste, se propagea comme une traînée de poudre à travers la plaine du Gange pour gagner Delhi, Bénarès, Allahabad, Kanpur puis Lucknow. Menacés de perdre leur plus riche colonie par un soulèvement d'ampleur national (et qui reste comme tel dans la mémoire collective indienne, non comme une rébellion ainsi qu'elle fut présentée en Angleterre), les Britanniques réagirent en employant des troupes sikhs, afghanes et népalaises qui, alliées au génie militaire anglais et à leur logistique supérieure, eurent raison des rebelles, désunis et désorganisés. Les Britanniques recouvrèrent la maîtrise de la situation à partir de 1858, non sans que de nombreux Indiens eussent été massacrés à leur tour, lors d'atrocités sans nom et, surtout, opérées systématiquement (plus de 200 000 personnes ; tous les Indiens capturés à Delhi furent ainsi passés par les armes). Quelques irréductibles poursuivirent la lutte jusqu'en 1859. Devant l'inconséquence de la Compagnie des Indes, à l'origine de la révolte de par son attitude empreinte de supériorité raciale et de mépris pour les traditions et les autorités indiennes, celle-ci fut dissoute, l'administration de l'Inde revenant à la Couronne et une politique plus souple envers les autorités autochtones fut adoptée.