Ralph Crewe

Il était beau garçon, intelligent, énergique, enthousiaste, audacieux ; c'était, au meilleur sens du terme, un jeune Anglo-Saxon authentique.
Charles Dickens (1812-†1870), Georges Silverman s'explique (1868)
 
Ralph Crewe, le père de Sarah.
L'image d'un père débordant d'amour pour sa fille chérie.
 

Fiche signalétique :

Nom Ralph Crewe.
Surnom Inconnu.
Sexe Masculin.
Age Inconnu ; entre 30 et 40 ans bien que, dans l'œuvre de Frances Hodgson Burnett, il ait été censé avoir accompli ses études en compagnie de M. Crisford.
Cheveux Noirs.
Yeux Bleus.
Nationalité Britannique.
Taille Inconnue.
Poids Inconnu.
Lieu de naissance Inconnu.
Lieux où le personnage a vécu Inde (Cachemire, Bombay, Golconde...), Londres, Eton (dans le roman).
Statut Père de Sarah, l'héroïne de la série.
Signe particulier Veuf (à la naissance de sa fille dans le roman, lorsqu'elle avait 4 ans dans la série) ;
Officier dans l'armée des Indes ;
A fait ses études à Eton.
 
L'on apprend dans le roman que le père de Sarah est capitaine dans l'armée des Indes. En qualité d'officier, comme cela était exigé du personnel britannique servant dans la péninsule indienne afin de commander les soldats autochtones, il doit donc pratiquer presque couramment deux langues indiennes parmi les plus répandues, à savoir l'hindi, le tamil, le punjabi, le bengali... Dès lors, il n'est pas interdit de croire qu'il ait pu enseigner à Sarah ses premiers rudiments d'hindi.
 
Décès du père de Sarah
 

Dans le dessin animé, les circonstances entourant sa mort sont rapportées par Me Barrow à deux reprises :

_ Lors de l'épisode 11, l'avocat annonce aux sœurs Mangin que M. Crewe a été pris de malaise au cours d'une expédition en compagnie d'amis et qu'il est mort des suites de cette défaillance, sans autre précision.

_ Un autre récit plus tardif a lieu au cours de l'entretien qu'il a avec Sarah, lors de l'épisode 19. Mais de l'aveu de l'ancien avocat de M. Crewe, toute cette affaire demeure nimbée d'incertitude, aussi ses propos sont-ils sujets à caution. A en croire l'homme de loi, le père de Sarah fut trahi par son associé et meilleur ami (M. Crisford). Se retrouvant seul, et probablement pressé par des échéances financières, il aurait été travailler lui-même à la mine. Au reste, la portée et le sens de cette phrase sont susceptibles de revêtir deux interprétations : soit que M. Crewe, désormais seul dans cette affaire après la défection de Tom Crisford, se soit investi davantage en se déplaçant sur place, près de Golconde, pour superviser les travaux de prospection ; soit que, comme la tâche harassante d'extraction incombait d'ordinaire aux indigènes, les difficultés pécuniaires aient été si grandes qu'en état de quasi banqueroute il eut été impossible de régler les salaires et, de fait, de conserver la main d'œuvre. Dans cette dernière hypothèse, M. Crewe aurait été obligé lui-même de procéder à ce labeur d'autant plus pénible qu'à compter du mois de mars commence la saison sèche, avec des températures caniculaires. Toujours est-il qu'il tomba gravement malade, sans autre indice quant à la nature de cette maladie, résultante probable de facteurs conjugués comme la rudesse du climat, les soucis et l'épuisement physique (néanmoins on se doute qu'il devait se trouver dans l'inconscience ou dans une faiblesse extrême, autrement il aurait laissé quelques instructions, peut-être de nature testamentaire, à l'attention de Sarah), avant de succomber en 3 jours. Que personne n'ait pu le transporter jusqu'à Golconde ou Hyderabad demande à être éclairci : sans nul doute des soins appropriés auraient pu lui y être prodigués. Ou, si son état rendait tout transport impossible, un docteur aurait pu être dépêché sur les lieux depuis l'une de ces deux localités.

Dans la nouvelle, Sara apprend son trépas par le biais d'une lettre jetant quelques lumières sur ces tragiques événements. N'étant pas un homme d'affaire expérimenté, M. Crewe se serait reposé aveuglément sur son meilleur ami, M. Carrisford, qui l'aurait trahi. Se retrouvant failli, toutes ses forces le quittèrent, le laissant impuissant face aux miasmes et autres infections, au point qu'il contractât littéralement la fièvre de la jungle (jungle fever). Ce terme équivoque usité par l'auteur comprend de nombreuses pathologies, comme la malaria, et d'autres maladies aux symptomes voisins, quoiqu'il soit permis de penser que c'est bien cette première qui l'emporta. En réalité, la trahison avérée de M. Carrisford se révéla n'être qu'une suite de placements malheureux qui placèrent son ami et lui-même en banqueroute. Comme il ne put assumer une telle responsabilité, il s'enfuit, laissant le père de Sara seul et malade. Peu de temps après la mort de ce dernier, un des investissements qui paraissait avoir été fait à fond perdu s'avéra être d'un incroyable rapport, de sorte que la fortune de Ralph Crewe pût doubler et qu'elle rendît au passage immensément riche M. Carrisford. Pourtant le pire était advenu et l'ami de M. Crewe était dans l'impossibilité de savoir où se trouvait la fille de celui-ci.

Dans le roman, le père de Sara entretient avec sa fille une relation épistolaire plus nourrie puisqu'ils échangent une correspondance régulière. L'auteur nous relate la teneur de quelques-unes de ces lettres à compter de celle mentionnant l'existence des mines de diamants (élément repris dans l'épisode 9). Dans l'une d'elle, qui lui est postérieure, M. Crewe se plaint auprès de Sara des tracas que lui occasionnent ses affaires, lui si peu au fait des aspects comptables ; et de lui glisser, sans mesurer toutefois toute l'inquiétude que ses lignes auront fait naître dans le cœur de son enfant, que ses nuits sont très agitées, puisqu'il se débat contre les angoisses, lorsque les insomnies le minent, et des rêves oppressants quand enfin il parvient à s'abandonner au sommeil. Plus tard, à propos d'un échange concernant le cadeau d'anniversaire de la fillette, l'on découvre le père de Sara plus abattu que jamais : c'est un homme rongé d'inquiétude et d'angoisse qui se retrouve seul, loin des siens. Pis, à ses frayeurs se sont joints des symptômes physiques puisqu'on nous le décrit souffrant d'un violent mal de tête. Cette anxiété, en sapant sa robustesse morale et sa complexion, fera, hélas !, le lit du mal qui l'emportera bientôt. On apprend cependant que, lorsqu'il reçoit cette dernière lettre, il loge encore dans un bungalow (soit une habitation en dur).

Combien ne voyons-nous pas de nos amis rouler ainsi autour de nous dans l'abîme. La chance peut nous abandonner, nos facultés nous trahir ; nous pouvons voir notre place enlevée par de plus jeunes et de plus vigoureux champions ; et quand le tourbillon nous aura jetés sur le bord de la route, comme ces débris échoués sur la plage, les passants continueront leur chemin sans jeter un regard de commisération, ou, ce qui est pis encore, viendront nous tendre dédaigneusement un doigt et prendre à notre égard des airs protecteurs. Puis, derrière nous, nous entendrons nos amis murmurer à demi-voix :
« C'est un pauvre diable que ses imprudences et ses folles entreprises ont réduit à l'état que vous voyez. »
William Thackeray (1811-†1863), La Foire aux Vanités (trad. Georges Guiffrey)
 

L'avis de Princesse Sarah :

"Marguerite : _ Sarah, tu l'aimes beaucoup ton père... Il doit être aussi gentil que sa fille !
Sarah : _ Ha ! eh bien, c'est lui que j'aime le plus au monde..."
 
Commentaires
 

Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ?

De l'aveu même de Tom Crisford, son meilleur ami, Ralph aimait à appeler sa fille "ma petite fleur précieuse" (dans le roman, en revanche, il la surnomme dans l'une de ses lettres "ma petite dame").
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

On apprend que Sarah est la seule personne qu'il lui reste au monde, ce qui explique pourquoi il la place dans un pensionnat plutôt que la confier aux bons soins d'un proche (et qui révèle aussi la raison pour laquelle il la comble de présents et d'autant d'affection).

Dans l'introduction, il est également précisé qu'il est très jeune, élément qui se différencie de l'anime dans lequel Mlle Amélia mentionne que M.Crisford est âgé de la quarantaine alors que, dans le roman, il est dit que M.Crewe et M.Crisford se sont connus lors de leurs études à Eton (ce qui tendrait à indiquer qu'ils aient le même âge).

On sait également, par la façon dont la directrice s'adresse au père de Sarah, que Ralph Crewe est titulaire du grade de capitaine et qu'il sert toujours dans l'armée britannique.

Quant à sa fortune, elle ne provient pas de son travail, comme le laisse supposer la série _ Sarah se plaignant que la mine de diamants risque d'accaparer davantage son père _ mais d'un héritage.

Vis à vis du roman :

Ralph Crewe est officier dans l'armée des Indes où il occupe le grade de capitaine. Comme à son accoutumée, Lavinia nous livre son opinion sur la chose avec toute la délicatesse dont on la sait capable :
"Et, c'est comme pour son père, ça n'a rien de prestigieux que d'être officier dans l'armée des Indes."
Quant à Jessie, elle lève succinctement un coin du voile sur sa personnalité puisque l'on apprend qu'apparemment M. Crewe aime à s'adonner à la chasse aux grands fauves :
"Eh bien, dit Jessie en détachant chaque syllabe, "il a tué des tigres. Il a tué celui dont la fourrure est dans la chambre de Sara."
Qui sait quelles dépouilles abritait leur bungalow aux Indes ?

A noter que pour l'anniversaire de Sara, il ne lui offre pas une maison de poupées comme dans le dessin animé, mais une une autre poupée, que la fillette baptise "la dernière poupée".
 

Ce personnage apparaît dans les épisodes :

1 , 2 , 24 (flash-back) , 30 (flash-back) , 32 (flash-back) , 41 (flash-back).
 

Doublage

Hervé Joly.

Autres voix interprétées par ce doubleur (liste non exhaustive) : ?