Couturier pour jeunes demoiselles

Le gentil couturier, dans sa boutique.
Quoique d'aspect distant et un peu sec de prime abord, l'homme dissimule des trésors de bonté. Sa gentillesse se manifestera envers Sarah lorsqu'elle sera aussi dans la détresse, totalement démunie.
 
A la porte de ce temple de la mode, comme au disait au temps où la poésie procédait par charades, stationnait un bel équipage. J'entre en séparant deux laquais pimpants que j'aurais dû saluer. Comme j'errais, les mains derrière le dos, un commis s'avance, et se tient à ma disposition. Après avoir admiré silencieux d'admirables popelines d'Irlande, jugeant l'objet trop peu considérable, je cherche des yeux le commis qui accourt et attend avec réserve. Je lui demande un cachemire de l'Inde vert-émeraude, en ajoutant que je tiens à la finesse de la nuance. C'était faire échec à un objet de deux à trois mille francs. Point de surprise indiscrète, aucune observation ; l'employé indique de la main le comptoir, et me suit civilement. Devant moi se trouvait une glace ; mon audace m'effraya, j'étais à faire peur. Le cachemire déployé est mis sous ma main, je l'étudie et demande le prix : _ 100 L. (2,500 fr.) Puis, je voulus en voir un bleu, puis un ponceau ; j'avisai des crèpes de Chine, d'une valeur moindre, et les examinai. Ce que je demandais m'était présenté sans observations sur le mérite de l'étoffe, ni sur l'énormité des prix. A Paris on m'eût jugé sur la mine, et l'on m'eût offert du bon marché. Quand j'eus bien tout considéré, je dis, avec un flegme incomparable, que je réfléchirais... Le commis inclina légèrement la tête, replia et remit en place le dernier châle, ce qui est l'habitude. On n'étale pas un nouvel article sans avoir enlevé le précédent, à moins d'ordre contraire de la part du chaland ; usage indiquant à quel point on dédaigne de séduire. Donc, l'employé me reconduisit jusqu'à la porte, que je gagnai lentement, regardant à droite, regardant à gauche. Il ouvrit, me salua d'un visage placide et respectueux ; puis il ferma la porte sur moi. Le marchand porte jusque-là le sentiment de sa dignité, de son devoir envers le public, et le respect de la liberté. (...) Quelle différence avec nos obséquieux et impertinent courtauds, qui vous assomment de leur caquet, qui vous enseignent quel goût est le bon, et qui apprennent à une duchesse ce qui est convenable et distingué !
Francis Wey, Les Anglais chez eux - esquisses de mœurs et de voyage (1854)
 
Où se situe la boutique du couturier ?
 
Sarah, dans Burlington Arcade.Il semblerait qu'il faille la localiser dans la galerie commerçante de Burlington Arcade, près de Piccadilly. Voir l'article sur les Arcades commerciales qui fournit davantage de précisions à ce sujet.
 
 

Fiche signalétique :

Nom Inconnu.
Surnom Inconnu.
Sexe Masculin.
Age  
Cheveux Gris.
Yeux  
Nationalité  
Taille  
Poids  
Lieu de naissance  
Lieux où le personnage a vécu Londres.
Statut  
Signe particulier  
 

L'avis de Princesse Sarah :

commentaires
 

Par rapport à l'oeuvre de Frances Hodgson Burnett :

Frances Hodgson Burnett
Vis à vis de la nouvelle :

Ce personnage n'existe pas dans la nouvelle. Il est remplacé par une vendeuse chez laquelle M. Crewe achète au moins un chapeau pour sa fille après qu'il lui ait été dit que "ceci était le dernier cri en matière de chapeaux, les plumes sont exactement les mêmes que celles que nous avons vendues à Lady Diana Sinclair hier". En revanche, si Emilie est offerte à Sarah le même jour, il n'est précisé nulle part que M. Crewe en ait fait l'acquisition dans ce magasin.

Vis à vis du roman :

Sara fait l'acquisition de sa poupée Emilie dans un magasin de jouets, de dimensions modestes, puis fait acheter ses vêtements dans une autre boutique, spécialisée dans la confection d'habits pour enfants.
 

Ce personnage apparaît dans les épisodes :

2 , 10 , 34 , 41 , 46 (flash-back).
 

Sujets en rapport :

  • Commerçants