Westminster Bridge

Westminster Bridge.
Westminster Bridge vu depuis Albert embankment. A gauche, la Chambre des députés, avec la terrasse et la Clock Tower (St Stephen's Tower), plus communément connue sous le nom de la cloche qu'elle abrite, Big Ben. Elle mesure 318 pieds de haut et lorsqu'une lumière y brille la nuit, ou que de jour l'Union Jack flotte à la Victoria Tower, Londres sait que le Parlement est en train de siéger. A droite, au coin, figure le St Stephen's Club, fréquentés par les parlementaires conservateurs. Enfin, à l'extrême droite, devant Victoria embankment, on aperçoit le bâtiment de New Scotland Yard avec ses tours d'angle caractéristiques.

Les embarcations du Resolute attendaient au pont de Westminster ; le commandant y prit place en compagnie de ses passagers et de ses officiers, et le courant rapide de la Tamise les porta vers Greenwich.
Jules Verne (1828-†1905), Cinq Semaines en Ballon (1863)
 
Quand vous êtes sur le pont de Westminster, vous voyez, à une petite distance, l'abbaye de ce nom, et, plus rapproché de vous, le nouveau parlement qui est sur le point d'être terminé, d'un style gothique ou mieux ogival pour la perfection duquel l'on dépensera des sommes immenses, et qui sera, dans son genre, le monument le plus grandiose et le plus remarquable, destiné à recevoir, dans des chambres séparées, les lords et les députés des communes, qui forment et représentent, avec le roi ou la reine, le pouvoir législatif en Angleterre. De ce pont on aperçoit encore sans peine, d'un côté le pont de Vauxhall, et de l'autre celui de Waterloo.
Abbé Jean-François Robert, Voyage à Londres (1851)
 
Aquarelle de Westminster Bridge.
Le pont, prisonnier des brumes printanières, vu depuis Bridge Street ; un paysage familier pour Sarah. Illustration signée Yoshio Markino.

Westminster Bridge est le second ouvrage se dressant à cet emplacement, l'ancien pont _ construit entre 1738-50 par Charles Labelye _ ayant montré de tels signes d'affaiblissement que les travaux visant à renforcer les fondations ne suffirent pas (ce, vers 1837). Aussi, un comité parlementaire recommanda-t-il une solution drastique en préconisant sa démolition et l'érection d'un nouveau pont. La conception de l'ouvrage fut confiée à Thomas Page, par ailleurs architecte du Chelsea Bridge, qui retînt comme projet un pont en fer forgé. Ses dimensions sont _ puisqu'il est encore debout de nos jours _ 1160 pieds de longueur (353,56 mètres) pour 85 de large (25,90 mètres), avec 53 pieds pour les véhicules et 15 pieds de chaque côté pour les piétons. Le pont revêt la forme d'un ouvrage pourvu de sept arches semi-elliptiques reposant sur des butées de granite ; l'arche centrale accuse 120 pieds de long (36,57 mètres) et les autres diminuent au fur et à mesure que l'on se rapproche des berges : 115 pieds (35,05 mètres), puis 104 pieds et 6 pouces pour les suivantes (31,84 mètres) et, enfin, 94 pieds pour les dernières arches (28,65 mètres). Sa construction s'étendit de 1854 à 1862, quoiqu'il fut ouvert partiellement à la circulation à compter de 1860, et coûta la somme de 250 000 livres sterling.
 
Edmondo de AmicisLe coup d'œil dont on jouit de là est le plus beau de Londres, et surpasse toutes les vues des ponts de la Seine. D'un côté, on voit le grand et délicat palais gothique du Parlement, couronné d'innombrables petites tours et décoré de mille statues de reines et de rois, au delà duquel se dressent les tours de la glorieuse abbaye de Westminster, le Panthéon de l'Angleterre : sur l'autre rive, les huits gracieux bâtiments de l'hôpital Saint-Jacques, peints de vives couleurs ; au-dessus du fleuve, un horizon ouvert et gai. Ici, on croit voir un autre Londres : il a je ne sais quelle majesté sereine de ville du Midi. La Tamise, sillonnée par de rares embarcations, passe en silence devant le monument qui représente la gloire et la puissance de l'Angleterre, comme une armée sans fin qui défile devant son chef ; et de ce large espace clair et tranquille, on voit au fond, dans le lointain, comme à travers un voile, les édifices noirs et confus, les ponts fourmillants de foule, et la fumée épaisse du vieux Londres qui s'agite et qui travaille.
Je remarquai pour la première fois, pendant que j'étais sur ce pont, qu'à Londres, quand il y a un peu de mouvement dans les rues, beaucoup de gens, même bien mis, retroussent le bas de leur pantalon comme des paysans, et que beaucoup d'autres portent à la boutonnière d'éclatants bouquets de fleurs. Et j'avoue que je ne pouvais m'empêcher de rire en voyant, comme je le vis souvent, un visage d'une gravité extraordinaire, le bouquet et le pantalon relevé, le tout sur la même personne.
Edmondo de Amicis, Souvenirs de Paris et de Londres (1874)
 
Statue de la reine Boadicée.
La statue de la reine Boadicée.

Sur un plan géographique, Westminster Bridge enjambe la Tamise au commencement de Victoria embankment, sur la rive gauche du fleuve ; il se situe dans l'axe de Bridge Street qui, elle-même, prolonge Great George Street qui s'étend vers l'ouest. Sur cette rive se dresse, au sud, le Parlement britannique, Big Ben s'élançant presque à l'angle du pont. Juste en face de la tour figurent la gare de Westminster Bridge station et, au commencement du pont, la statue de la reine Boadicée sur son char, œuvre datant de 1850 que l'on doit à Thomas Thornycroft. La souveraine, à la tête d'une coalition de tribus, mena la révolte contre l'occupant romain lors du premier siècle après J.C.. Sur la rive droite, le pont coupe les quais d'Albert embankment pour déboucher dans Westminster Bridge road, dans Southwark. Il est jouxté, sur sa droite, par le Hospital of St Thomas, bâti en face du Parlement.
 
La reine Boadicée
Voici un extrait, traduit par nos soins, d'A Child's History of England, de Charles Dickens, relatant la lutte héroïque des Bretons et de leur Reine contre l'envahisseur romain :
 
Pourtant, les Bretons ne fléchirent pas. Ils se dressèrent encore et encore, et moururent par milliers, l'épée à la main. Ils se dressèrent, à chaque opportunité. Suétone, un autre général romain, vint, et prit d'assaut l'Ile d'Anglesey (alors appelée Mona), qui était supposée être sacrée, et il brûla les Druides dans leurs propres cages d'osier, par leurs propres feux. Mais, même alors qu'il était en Bretagne, avec ses troupes victorieuses, les Bretons se soulevaient. Parce que Boadicée, une reine britannique, la veuve du Roi des peuples du Norfolk et de Suffolk, résista au pillage de sa propriété par les Romains qui étaient établis en Angleterre, elle fut flagellée, sur ordre de Catus, un officier romain, et ses deux filles furent honteusement outragées en sa présence, et les parents de son époux furent réduits en esclavage. Pour venger cette blessure, les Bretons se soulevèrent, avec toute leur force et leur colère. Ils chassèrent Catus en Gaule ; ils dévastèrent les possessions romaines ; ils refoulèrent les Romains hors de Londres, alors une pauvre petite ville, mais un lieu d'échange ; ils pendirent, brûlèrent, crucifièrent, et tuèrent par le fer soixante-dix mille Romains en quelques jours. Suétone renforça son armée et avança pour leur livrer bataille. Ils renforcèrent leur armée, et attaquèrent désespérément la sienne, sur le champ où il était puissamment situé. Avant que la première charge des Bretons ne fût faite, Boadicée, dans un char de guerre, avec sa chevelure blonde flottant au vent, et ses filles outragées reposant à ses pieds, passa parmi ses troupes, et leur cria vengeance contre leurs oppresseurs, ces Romains licencieux. Les Bretons combattirent jusqu'au dernier, mais ils furent vaincus dans un grand massacre, et la reine infortunée s'empoisonna.
 
Princesse Sarah Sarah vit le Westminster Bridge lors de son arrivée en steamer et lors du trajet en fiacre en compagnie avec son père, quoique son attention ait paru davantage attirée par Big Ben, lors de l'épisode 1. Plus tard, elle fut amenée à l'emprunter à pied : lors de son retour du marché Saint-James, dans l'épisode 21 (c'est le chemin le plus direct depuis The Mall où se trouve le palais Saint-James) et en allant apporter les paniers pour le pique-nique à Mlle Amélia qui les attendait dans le parc de Saint-James, dans l'épisode 40.