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Victoria embankment |
Le voisinage de ces architectures a profité au quartier tout entier. On en a la preuve en examinant les belles constructions du quai dit « Thames Embankment », au pied desquelles la Tamise apporte son miroir souvent trouble, mais une grande largeur d'espace vide qui donne aux pierres le goût de fleurir. Cela fait un contraste qui frappe avec les rues de Londres qui sont généralement étroites, souvent bordées de maisons basses, aux façades plates où la brique domine. |
Maria Star, Quinze jours à Londres (1898) |
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Victoria Embankment vu depuis Westminster stairs. Le second bâtiment à gauche est le "Savoy Hotel and Restaurant" où M. Crewe et sa fille résidèrent à leur arrivée à Londres. A mi-chemin entre les deux ponts, l'obélisque de Cleopatra's Needle se dresse dans toute sa majesté. |
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Photographie de Victoria Embankment (peut-être prise depuis Somerset House), postérieure à 1890 (on aperçoit la silhouette, derrière Blackfriars Bridge, du pont de Tower Bridge, achevé en 1894). |
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Les quais, vus depuis le pont de Waterloo Bridge.
Les quais de Victoria Embankment, tels qu'ils peuvent être vus depuis le pont de Waterloo, surpassent en comparaison tout ce que l'on peut apercevoir à côté de la Seine ou du Tibre. Cette magnifique courbe qui s'étend depuis les Chambres du Parlement jusqu'à Saint-Paul constitue l'une des plus belles vues du tout Londres, devant laquelle aucun observateur ne saurait demeurer impassible. En regardant en direction de la Cité, le bâtiment le plus remarquable est celui de Somerset House, avec son élégante façade de 780 pieds de long ; à côté figurent les bureaux de la London School Board, la bibliothèque du Temple, la bibliothèque du Sion College, la City of London School, etc. Les quais, le plus grand achèvement du disparu Metropolitan Board of Works, coûtèrent la somme de près de 2 millions de livres ; leur construction demanda six années entières, de 1864 à 1870. The Queen's London, 1896 |
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Les quais de Victoria Embankment, vus depuis la gare de Charing Cross
Les quais de la Tamise, uvre de Sir J.W. Bazalgette, se composent de trois parties, la principale étant Victoria Embankment, que l'on voit ici, joignant Blackfriars au pont de Westminster, commencé en 1864 et fini en 1870. La voie pour les véhicules et pour les piétons, large de 100 pieds, est bordée d'arbres ; elle forme le plus joli boulevard de Londres. Lors de sa construction, près de trente-sept acres de terrain furent conquis sur la berge boueuse. Au centre de notre illustration figure l'Aiguille de Cléopâtre ; à mi-distance, l'on aperçoit le pont de Waterloo ; et, au-delà, on distingue l'élégante façade de Somerset House donnant sur le fleuve. Le coût pour ce quai fut de plus d'un million et demi de livres. Les autres parties des quais de la Tamise se composent d'Albert Embankment, allant de l'extrémité sud du pont de Westminster à Vauxhall, et d'un dernier tronçon allant de Millbank au pont de Battersea. The Queen's London, 1896 |
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Photographie de Victoria Embankment Gardens. |
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York Water Gate.
Dans un angle des jardins publics de Victoria Embankment, au pied de Buckingham Street, se trouve l'ancien portail d'eau de York House, un hôtel particulier commencé par Inigo Jones pour le premier duc de Buckingham. C'est un merveilleux monument, témoignant de toute l'habileté de ce fameux architecte, et pouvant soutenir la comparaison avec les uvres similaires de n'importe quel maître italien. Ce vieux portail est la plus ancienne voûte d'entrée ornementale de Londres. De surcroît, elle s'avère intéressante en ce sens qu'elle témoigne de l'ancien niveau de la Tamise. Cette partie de la ville était alors très différente, lorsque les nobles s'y sentaient attirés pour y faire bâtir leurs manoirs, ou, avant même que ne fussent construits les quais, quand elle était régulièrement bercée par le clapotis de la marée. The Queen's London, 1896 |
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Victoria Embankment vu depuis le pont de Westminster Bridge.
Depuis Westminster, le fleuve de la Tamise dessine sa course vers le large avec une courbure pleine de grâce ; et c'est depuis le pont que la vue de Victoria Embankment, ce triomphe de technique du feu Metropolitan Board of Works, s'avère être la plus belle. Derrière les platanes de belle stature bordant le quai émerge le bloc de bâtiments aux tourelles multiples abritant le National Liberal Club. A côté, l'on aperçoit la voûte de la gare de Charing Cross, avec le pont ; entre celle-ci et le pont de Waterloo se trouve Adelphi Terrace, l'immense hôtel Cecil, avec ses mâts de drapeaux, l'hôtel Savoy et le Medical Examination Hall ; par-delà Waterloo Bridge, notre illustration dévoile l'imposante façade de Somerset House. Au premier plan figure l'un des pontons pour bateaux à vapeur du Thames Conservancy. L'un des steamers de la Victoria Steamboat Association vient juste de partir pour London Bridge tandis qu'une autre embarcation, plus populeuse, s'approche, à destination de Chelsea. The Queen's London, 1896 |
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Victoria Embankment en hiver, peu avant Westminster bridge. Les fiacres progressent dans la boue et la neige. En face, la silhouette de la Clock Tower abritant Big Ben ; à droite, la bâtisse de granite, conçue par Norman Shaw, de New Scotland Yard : le bâtiment abritera le quartier général de la Metropolitan Police en 1890. |
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L'endroit avant les travaux, vu par Charles Dickens |
| Cet extrait de David Copperfield, de Dickens, décrit les berges de la Tamise, au niveau du pénitencier de Millbank, entre les ponts de Lambeth Bridge et de Vauxhall Bridge. A l'époque où le roman fut rédigé, en 1849-50, les nombreux travaux publics destinés à étançonner et à rendre plus salubres les abords du fleuve n'avaient pas encore été entamés. C'est là tout l'intérêt du récit, décrire l'aspect sordide des lieux bien que, pour offrir un tableau plus saisissant de l'endroit, il conviendrait de mentionner les effluves nauséabondes charriées par la Tamise, servant d'égout à ciel ouvert, les arches voûtés des Adelphi à ses abords, sous lesquelles se réunissaient de nuit nombre de malandrins résolus à régler leur sort aux passants solitaires, les petits appartements de la rive gauche surplombant les eaux saumâtres comme autant de constructions empilées précairement (on songera au modeste logis de David, chez Mme Crupp, ou à celui de Pip, dans De grandes espérances, dans The Temple). |
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Nous étions entrés dans le quartier de Westminster. Comme nous avions rencontré Martha venant dans un sens opposé, nous étions retournés sur nos pas pour la suivre, et c'était près de l'abbaye de Westminster qu'elle avait quitté les lumières et le bruit des rues principales. Elle marchait si vite, qu'une fois hors des deux courants humains qui traversaient le pont en sens opposés, et du fait de l'avance qu'elle avait sur nous, nous ne parvînmes à la rejoindre que dans l'étroite ruelle qui longe la Tamise près de Millbank. (...) Le fleuve m'apparut à travers un sombre passage où étaient remisés quelques chariots, et cette vue arrêta mes pas. (...) Il existait alors, et il existe encore à l'heure où j'écris, au bout de cette ruelle, un petit hangar en ruine, jadis, sans doute, destiné à abriter les mariniers du bac. Il est placé tout juste à l'endroit où la rue cesse, et où la route commence à s'étendre entre le fleuve et une rangée de maisons. Aussitôt que Martha arriva là et qu'elle aperçut l'eau, elle s'arrêta comme si elle avait atteint sa destination, et puis elle se mit à descendre lentement le long de la berge, sans la perdre de vue un seul instant. (...) Le quartier était lugubre à cette heure ; triste, solitaire et sombre comme tant d'endroits à Londres. Il n'y avait ni quai ni maisons sur la route monotone qui avoisinait la vaste étendue de la prison. Un étang d'eau saumâtre déposait sa vase aux pieds du bâtiment. De mauvaises herbes à demi pourries couvraient le terrain marécageux. D'un côté se décomposaient des maisons en ruine, commencées sous de mauvais auspices et qui n'avaient jamais été achevées ; de l'autre, un amas de monstres rouillés, chaudières, roues, manivelles, tuyaux, fourneaux, rames, ancres, cloches à plongeur, ailes de moulin, et je ne sais combien d'autres objets étranges, accumulés par quelque spéculateur et rampant dans la poussière sous laquelle, après avoir sombré dans la boue sous leur propre poids, ils semblaient chercher vainement à se cacher. Sur la rive opposée, la lueur éclatante et le fracas des usines semblaient prendre à tâche de troubler le repos de la nuit, mais l'épaisse fumée que vomissaient leurs cheminées massives ne s'en émouvait pas et continuait de s'élever en une colonne incessante. Des trouées et des jetées limoneuses serpentaient entre de vieux piliers de bois tout recouverts d'une substance abjecte ressemblant à des cheveux verts, et sur lesquels on pouvait encore lire, au-dessus du niveau des hautes eaux, des fragments d'affiches de l'année passée offrant une récompense à ceux qui recueilleraient des noyés apportés là par la marée, à travers la vase et la bourbe. On disait que jadis, à l'époque de la grande peste, on avait creusé là une fosse pour y jeter les morts, et cette croyance paraissait avoir répandu sur tout le voisinage une fatale influence ; il semblait que les lieux s'étaient peu à peu décomposés pour prendre cet aspect cauchemardesque, sous l'effet des inondations du fleuve souillé. |
Charles Dickens (1812-1870), David Copperfield (trad. P.Lorain) |
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Sarah a eu de nombreuses opportunités d'apercevoir les quais de Victoria Embankment, que ce soit lors de son arrivée dans la capitale, lors de son départ ou toutes les fois qu'elle se rendît au marché. Toutefois, à certains moments, elle y déambula : ainsi dans l'épisode 1, elle s'y promène en fiacre, avec son père ; et, dans l'épisode 42, elle se refugie au bord de l'eau après avoir quitté le collège. |
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