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Cathédrale Saint-Paul |
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| Aperçu général |
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Saint-Paul plaît aux Anglais parce qu'on y compte beaucoup de colonnes corinthiennes. La manie des frontons sur pilastres, de péristyles, des galeries hypostyles, enfin des constructions gréco-romaines à colonnes classiques, est poussée jusqu'à l'absurde. |
Francis Wey, Les Anglais chez eux - esquisses de murs et de voyage (1854) |
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La cathédrale Saint-Paul.
Il n'y avait pas de voyageurs à l'extérieur qu'un bon gros provincial, à la mise honnête, qui, planté sur l'impériale, les yeux fixés sur le dôme de la cathédrale de Saint Paul, paraissait absorbé dans une admiration stupéfaite, au point de rester entièrement insensible au remue-ménage du bagage et des effets qu'on descendait de la voiture, jusqu'à ce qu'enfin une des fenêtres de l'intérieur s'étant abaissée avec vivacité, il se retourna pour regarder, et se trouva face à face avec une jolie petite figure de femme qui venait de mettre le nez à la portière.
«Vois donc, ma fille, cria le villageois en montrant du doigt l'objet de son admiration, c'est l'église de Saint Paul ; trédame ! en voilà une qui est de taille !
_ Dieu du ciel, John ! Je n'aurais jamais cru qu'elle pût être seulement moitié si haute. Quel monstre !» Charles Dickens (1812-1870), Vie et aventures de Nicolas Nickleby (trad. P. Lorain) |
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Admirez aussi, ô lecteur qui visiterez la capitale de John Bull, ce groupe placé devant la cathédrale Saint-Paul et surmonté de la statue de Queen Ann (prononcez Quoinaine et traduisez reine Anne). Cette pauvre reine est, depuis plusieurs siècles, privée de nez ; et elle n'a pas pu se plaindre de la perte de ce noble appendice... Car elle est en pierre... C'est vraiment bien fâcheux ! Mais le peuple anglais, qui voit chaque jour le pitoyable état de la statue de sa grande reine, n'a jamais eu l'idée de lui faire poser un autre nez... neuf ou d'occasion. Cependant il est question aujourd'hui de faire sculpter un nouveau groupe pour remplacer celui qui, actuellement, dépare la place de l'église Saint-Paul. (Fernand de Jupilles) Cette église, qui domine tous les autres édifices, et qui est le monument le plus remarquable de Londres, est située dans la partie la plus centrale et la plus élevée de la cité proprement dite, au nord et près de la Tamise, entre Cheapside, à l'est, et Ludgate-street, à l'ouest. Elle a la forme d'une croix, forme qui convient merveilleusement aux édifices religieux consacrés et destinés au culte chrétien. Au point d'intersection s'élève un superbe dôme, au sommet duquel se trouve un belvédère d'ordre corinthien, et dont le diamètre est de 145 pieds : le belvédère est entouré d'un balcon à sa base, et surmonté par une boule dorée, qui se trouve, à son tour, surmontée par une croix également dorée.
Voici les dimensions de cet édifice : sa longueur, y compris le principal portail, est de 500 pieds ; sa largeur, y compris les portes des portiques, de 250 pieds ; sa hauteur, à partir du sol jusqu'au sommet de la croix qui termine le dôme, de 340 ; sa circonférence totale, de 2,292 pieds. Un mur de pierre, sur lequel s'étend une grille en fer, environne tout l'édifice ainsi que l'espace libre qui forme le cimetière. L'on a dépensé pour construire cette église telle que nous la voyons aujourd'hui la somme modique de 747,954 livres sterling, c'est-à-dire 18,698,850 fr.
La cathédrale de Saint-Paul est élevée sur les ruines de l'ancienne, qui fut détruite dans le grand incendie de 1666, et qui était elle-même bien gigantesque, puisqu'elle était une fois plus vaste que l'église actuelle. Cette dernière, comme déjà l'on peut le savoir, n'a été que trente-cinq ans à construire ; la première pierre en a été posée par son architecte le 12 juin 1675, et la dernière, en 1710, par le fils de l'architecte, en présence même de celui-ci. Tous ceux qui parlent de Saint-Paul font la remarque que cet édifice n'a eu qu'un seul et même architecte, le chevalier Christophe Wren ; qu'un même maître des maçons, un appelé Strong ; et que pendant sa construction, pour laquelle furent constamment employés chaque jour cinq cents ouvriers, l'on vit sur le siège épiscopal de Londres le même évêque anglican nommé Henri Compton, lequel fut placé par Charles II, en 1675, et mourut à Julham, en 1715, à l'âge de quatre-vingt-un ans.
Cette église est décorée de trois portiques : l'un est à l'ouest, pour l'entrée principale, et les autres sont au nord et au sud. Dans le premier, qui se fait remarquer par sa grâce et sa magnificence, l'on voit douze colonnes d'ordre corinthien, que surmontent huit autre colonnes d'ordre composite, au-dessus desquelles se trouve un fronton triangulaire, où l'on peut parvenir par vingt-deux degrés de marbre noir. La statue colossale de saint Paul, apôtre des nations, domine le sommet de l'entablement, sur lequel se trouve placé un bas-relief représentant la conversion miraculeuse de cet apôtre sur le chemin de Damas. Au coin du fronton, de part et d'autre, sont placées, distantes les unes des autres, les statues de saint Pierre, de saint Jacques et des quatre évangélistes. Des deux côtés du portique, et à leur extrémité, s'élèvent deux tours, dont la forme, toute gracieuse et élégante, se termine par de petits dômes, que surmonte une pomme de pin dorée : celle qui est au sud renferme l'horloge, et l'autre le beffroi. Dans le lieu qu'on nomme cimetière, en face de la tour de l'horloge, l'on a placé une statue en marbre blanc de la reine Anne ; son piédestal, qui est tout sculpté, représente l'Angleterre, l'Irlande, la France et l'Amérique. Ce monument n'a rien de grandiose ; il nous a paru même d'une grande médiocrité, et sa vue est très insignifiante.
Le portique du nord a un dôme que supportent six colonnes, et sur son fronton l'on remarque les armes d'Angleterre, soutenues par la main des anges ; celui du sud porte un bas-relief sculpté, qui représente un phénix sortant du milieu des flammes avec ce mot de foi et d'espérance : Resurgam (je ressusciterai). Les murs extérieurs de l'édifice ont l'air de deux galeries l'une sur l'autre, et consistent en deux rangées de pilastres qui règnent tout autour ; ceux du bas sont d'ordre corinthien, et les autres d'ordre composite. Les fenêtres remplissent le vide qui se trouve entre les pilastres. La partie de l'église, du côté de l'est, diffère des autres parties tant par ses belles sculptures que par sa forme qui est demi-circulaire.
Le dôme, qui captive surtout l'attention et attire le regard du spectateur, s'élève avec majesté au-dessus de cet édifice, sur un soubassement haut de vingt pieds, et entouré de trente-deux colonnes, d'ordre corinthien, dont l'entablement soutient une belle et élégante galerie, avec balustrade ; sur cette galerie repose un attique orné de pilastres et de fenêtres ; et l'entablement de cet attique donne naissance à la coupole, près du sommet de laquelle se trouve une autre galerie. C'est du milieu de celle-ci que s'élève le belvédère, qui est entouré de colonnes d'ordre corinthien, et surmonté d'une boule, surmontée elle-même d'une croix richement dorée. |
Abbé Jean-François Robert, Voyage à Londres (1851) |
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Saint-Paul est un de ces monuments, à propos desquels l'admiration se calcule en pieds, pouces et lignes. Il a 100 pieds de plus en hauteur que le Panthéon de Paris, et 60 à 80 pieds de moins que le dôme de Saint-Pierre. Mais aux yeux des vrais patriotes, Saint-Paul l'emporte de beaucoup sur la basilique romaine, et voici pourquoi : Saint-Pierre a coûté cent quarante-cinq années de travail, et nécessité la collaboration de plus de vingt architectes, tandis qu'en l'espace de trente-cinq ans, de 1675 à 1710, avec un seul architecte, Christophe Wren, et sous le gouvernement épiscopal d'un seul prélat, le docteur Compton, on a édifié Saint-Paul, des fondations à la lanterne. (...) Observée du dehors, cette église est moins morne que sa petite sur des rives de la Seine. D'abord, Saint-Paul est situé au centre du quartier le plus remuant, le plus animé ; entre London-Bridge et la porte de la Cité. Puis, le style de l'uvre étant admis, il faut reconnaître à ce Christophe Wren un grand mérite. Il a meublé sa façade de deux campaniles très ouvragés, assez volumineux pour arrêter, pour caresser l'il en passant, et le préparer à subir la majesté plus froide de la coupole. (...) Ensuite, il y a une énorme horloge avec de beaux cadrans, qui, conformément à toutes les horloges du Nord, est la plus merveilleuse du monde. (...) Saint-Paul ne marie pas l'agréable à l'utile ; il ne carillonne point. Enfin, les hautes et longues murailles de Saint-Paul, loin d'être nues comme celles du Panthéon, roches à pic attristées de liasses de foin accommodées en festons, les murailles de Saint-Paul fourmillent de fenêtres, de colonnes, d'entablements, de moulures, de guirlandes, de niches à figures, de corniches, de modillons saillants, et autres détails d'ornement. |
Francis Wey, Les Anglais chez eux - esquisses de murs et de voyage (1854) |
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Le parvis de la cathédrale Saint-Paul peint par Yoshio Markino (illustration parue dans The Colour of London en 1907).
Dans Saint-Paul, les fidèles peuvent apprendre que le dieu de la guerre est le vrai Dieu. Saint-Paul est beaucoup moins peuplé que Westminster, mais les bonnes places y sont réservées aux amiraux et aux généraux. Les monuments n'y sont pas désagréables à regarder ; ils sont plus gais que ceux de Westminster. La plupart des statues allégoriques ont eu soin de laisser tomber leur chemise au moins jusqu'à la ceinture. Dans un musée, cela se conçoit.
Et de l'extérieur, Saint-Paul ne trompe pas le public. Quand on est au bas des marches, la coupole se distingue à peine. On a devant soi un grand bâtiment presque carré qui conviendrait parfaitement à un musée. En entrant, l'impression ne se dissipe pas de suite. On aperçoit d'abord, de chaque côté des portes, d'immenses décrottoirs, puis des groupes de marbre qui n'ont rien de biblique. Il faut avancer jusqu'au milieu de l'édifice ; alors on a l'immensité au-dessus de la tête. Les proportions de la coupoles sont telles que l'il ne touche pas immédiatement l'extrémité.
Sans son dôme, Saint-Paul aurait peu de succès. Même en face de la hardiesse de l'uvre de Wren, on n'a pas l'impression de hauteur qui étourdit dès qu'on met le pied dans la cathédrale de Cologne. C'est qu'à Cologne la hauteur est partout, elle vous enveloppe dès le seuil ; à Saint-Paul, on ne la découvre qu'en un point unique, après l'avoir péniblement cherchée à travers une triste et froide galerie de musée. Jules Degrégny, Londres - Croquis réalistes (1888) |
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Sarah s'est rendue à plusieurs reprises dans la cathédrale pour assister aux offices : en semaine dans l'épisode 2, et le dimanche, en compagnie des autres pensionnaires, dans les épisodes 5 et 7. On ignore en revanche si elle aura pris le temps de visiter l'édifice en compagnie de son père. |
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