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Hôtel Savoy (panorama depuis le balcon) |
Je n'ai pas besoin de raconter ici quelle étonnante ville me parut Londres lorsque je l'aperçus dans le lointain, ni comment je me figurais que toutes les aventures de mes héros favoris se jouaient et se rejouaient à chaque instant dans cette grande cité, chargée confusément dans mon esprit de plus de merveilles et de plus de crimes que toutes les villes de la terre. |
Charles Dickens (1812-1870), David Copperfield (trad. P.Lorain) |
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| Cet article tente de répertorier les lieux s'offrant au regard de Sarah depuis le balcon de sa chambre d'hôtel. Les réalisateurs de la série ayant souvent pris des libertés par rapport à l'exactitude historique, l'exercice permet de se rendre compte des écarts et des omissions. |
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Londres, ville de bruit, ville de tumulte et de joie, dont les marchands sont des princes, Tyr nouvelle, orgueilleuse métropole de la perfidie politique, métropole des intérêts matériels (...). |
Comtesse de ***, Neuf jours à Londres (1844) |
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L'on entr'aperçoit ici les quais de Victoria Embankment et, enjambant la Tamise, le pont de Waterloo Bridge. Théoriquement, l'embarcadère permettant aux bateaux d'accoster, le Waterloo pier, devrait être visible puisque situé de ce côté (à la base du pont et des quais). La bâtisse jouxtant le pont appartient à un pâté de maisons coincé entre Wellington Street (dans l'axe du pont) et Savoy Street, laquelle rue borde des bâtiments appartenant au Savoy. Par-delà le pont, sur cette rive, s'étend l'imposante façade de Somerset House ; en arrière-plan, l'on distingue le dôme de la cathédrale de Saint-Paul et une succession de façades sises au bord du fleuve, appartenant à des commerces, des entrepôts et des entreprises, entre Blackfriars Bridge et London Bridge, là où le fleuve s'incurve légèrement vers le nord. |
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(21 septembre 1893) J'étais la veille arrivé à la nuit noire, et ce matin quand je me lève, la Tamise, devant le Savoy Hôtel où je suis descendu
disparaît derrière un épais brouillard. On m'affirme que c'est le premier de la saison, et je suis ravi, car j'aurais été désespéré de voir Londres sans son brouillard. |
Emile Zola (1840-1902), Notes sur Londres (1893) |
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L'on aperçoit ici la Clock Tower, où se trouve Big Ben, avec son cadran égrenant les heures : le peintre Claude Monet, lors des séjours qu'il fit à l'hôtel Savoy, réalisa d'ailleurs de nombreuses toiles du Parlement depuis sa chambre. Devant figure le pont ferroviaire de Hungerford, masquant le pont de Westminster sis en aval ; Hungerford Bridge relie la rive droite de la Tamise à la gauche où il aboutit à la gare de Charing-Cross dont l'imposante masse nous est dissimulée. Au pied du pont et des quais de Victoria Embankment devrait normalement se trouver la jetée de Charing-Cross pier destinée à permettre aux steamboats d'accoster pour emporter les touristes. Sur la gauche de Sarah, l'on pourrait croire que des quais longent également la rive droite du fleuve ; en réalité, si les quais existaient bien (en amont de Blackfriars Bridge ,_ Bankside,_ et en aval de Westminster Bridge : Albert Embankment), cette partie du borough de Lambeth comprenait surtout des débarcadères destinés aux marchandises et des bâtisses industrielles : ainsi la petite devrait normalement voir la distillerie Lion, dont la statue figurant un lion majestueux est emblématique entre toutes (en 1893, un Émile Zola malicieux écrivit à son sujet qu'il lui souhaitait bonjour). Le dôme dans le lointain pourrait être celui du Bethlehem Hospital (situé en face du pensionnat de Mlle Mangin). |
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Les quais de Victoria Embankment décrivent une courbe en direction des bâtiments du Parlement : Aux pieds de Sarah, perpendiculairement à l'hôtel, la rue de Cecil Street sépare les corps de bâtiments du Savoy du Cecil Hotel, un autre hôtel de grand luxe. Les jardins bordant les quais sont ceux de Victoria Embankment Gardens. L' obélisque de Cléopâtre devrait être normalement visible depuis ce balcon. |
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Cette illustration, parue dans le magazine Century de novembre 1888, montre la façade du borough de Lambeth bordant la Tamise. L'on reconnaît au premier plan les quais de Victoria Embankment et un pont qui évoque celui de Hungerford. L'on a ici un aperçu du spectacle qui s'offrait à Sarah lorsqu'elle regardait droit devant depuis le balcon de l'hôtel Savoy, à savoir un ensemble d'entrepôts, de bâtiments industriels, de jetées et de cheminées. |
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D'abord Londres : une ville où j'avais juré de ne jamais venir, mais qu'aujourd'hui je me pique vraiment d'avoir découverte. Sous son ciel de pluie, je me l'imaginais compacte et oppressante, avec de trop hautes maisons comme en Amérique, et je la trouve au contraire étalée paisiblement, presque diffuse si l'on peut dire, parmi ses jardins aux grands arbres, ses prairies et ses lacs. Cette expression surannée, qui servait à nos pères pour désigner Paris, lui conviendrait à merveille : le grand village. A chaque instant, au détour de quelque rue élégante, c'est à se croire en pleine campagne ; entre des berges de haute verdure, une rivière coule, propre et tranquille; ou bien, sous des ormeaux séculaires, s'en vont à perte de vue des pelouses mouillées où paissent des moutons.... Oh ! ces moutons au milieu de Londres !... Or, ils sont là — tant ce pays est respectueux de son passé—en vertu de certains droits de pacage consentis jadis à des communautés, il y a des siècles, quand la ville s'étendait à peine et que ces squares restaient de simples champs. — Se représente-t-on, à Paris, une communauté réclamant des droits pareils sur quelque terrain entre l'Opéra et la Madeleine ? |
Pierre Loti, Premier Aspect de Londres (1909) |
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