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Bombay |
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| Aperçu général |
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| Population estimée à 821 764 habitants en 1891 (d'après le Whitaker's Almanack de 1900) ; cette population totale se compose de 543 276 hindous, 155 247 mahométans, 43 310 chrétiens et 77 931 personnes de confessions autres (parsi, etc.). |
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Le port de Bombay. Nous nous retrouvâmes, après un délicieux voyage de trois jours, dans le port splendide de Bombay. Ceux qui peuvent entrer en Inde par ce lieu sont bénis des dieux. Les premières impressions de Calcutta ne sont en aucune façon aussi attrayantes. Calcutta, il est vrai, est appelée la Cité des Palais, mais c'est véritablement Bombay qui mérite ce titre, car ça n'est pas seulement la ville la mieux construite en Inde, c'est aussi la plus belle ville moderne de tout l'Orient. Même là où la population indigène est présente en majorité, il y a pléthore de belles résidences, tandis que ces magnifiques bâtiments publiques, bâtis dans une très belle pierre décorée, soutiennent la comparaison avec ceux de n'importe quelle ville européenne, et sa nouvelle gare est probablement la plus belle au monde. John L. Stoddard's Lectures, tome IV, India (1897) |
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L'île de Bombay faisait partie de la dot de l'Infante du Portugal avant d'être transmise par Charles II à la East India Company en 1668. La province _ non comprise dans les Etats Indigènes mais incluant Sind, Aden et Perm _ accuse une superficie de 125,144 miles carrés (soit presque la taille de la Prusse) avec une population de 18 901 123 habitants. Elle mesure près de 1050 miles de longueur et compte de nombreux et bons ports naturels, Bombay et Karachi étant de loin les plus importants. Les Etats Indigènes occupent environ un tiers de la Présidence ; Sind, conquise en 1843, une province de non-règlement, un quart ; et Bombay proprement dit, les 82 000 miles carrés restants. La majeure partie de la population (76 pour cent) est hindoue et 17 pour cent est mahométane. La plus grande partie du territoire fut obtenue par des annexations sur les puissances de Mahratta et par la chute de l'état de Satara. Sind fut conquise en 1843 par Charles Napier. Son administration se distingue du reste de la Présidence à quelques égards. Aden, occupée en 1839, et Perm (1857), ayant tous deux une superficie de 85 miles carrés et une population de 41 912 habitants, appartiennent au Gouvernement de Bombay. Le coton est essentiellement produit pour l'exportation ainsi que pour les filature de coton, en constante croissance, de Bombay elle-même. Les principaux réseaux ferroviaires de Bombay sont le Baroda de Bombay ainsi que les lignes qu'il dessert au nord et la Grande Péninsule Indienne à l'est. Au sud-est l'on trouve le réseau du Southern Mahratta tandis que Karachi est le point de départ du réseau du North Western, la ligne du vieux Scinde Penjaub et la ligne de Delhi. Le Gouverneur est assisté par un conseil semblable à celui de Madras, déjà décrit, à la différence que les huit premiers membres additionnels sont appointés sur recommandation du conseil de Bombay (1), des autres conseils municipaux (1), des comités de districts (1), des Sardars du Deccan (1), des Jaghidars et des Zamindars de Sind (1), des chambres du commerce de Bombay et de Karachi (1 chacune) et de l'Université de Bombay (1).
Ville principale : Bombay. Population : 821 764.
Gouverneur : Lord Sandhurst, G.C.I.E. (2 février 1895 ; Sir Henry Stafford Northcote, Bt., doit lui succéder en février 1900) ; Rs : 10 000.
Secrétaire privé : A.M.T. Jackson ; Rs : 1 500.
Secrétaire militaire : Maj. Richard Owen, 21e Lanciers. Aides de camp : capitaine A.D. Young, R.H.A. ; Lieutenant J.G. Greig, 28 Bo. Inf. ; Lieutenant H.B.D. Wilkinson, 2e Durham L.I. (extra). Aides de camp indigènes : Risaldar Shaikh Abdul Karim, Garde du corps du Gouverneur.
Officier médical : Maj. H. Martin, H.M.S., M.B. Rs : 1 000.
CONSEIL DU GOUVERNEUR :
John Nugent, C.S.I. ; Sir E.C.K. Ollivant, K.C.I.E. Rs : 5 333.
Membres supplémentaires pour faire les Lois et les Réglements : Les Honorables Basil Lang (Avocat-Général) ; Mir Allahbakshkhan walad Mir Alibakhshkhan Shahvani Talpur ; Narayan Ganesh Chandavakar ; Gokuldas Kahendas Parekh ; Meherban Narayanrao Govind ; Fazulbai Visram ; Dhondo Shamrao Garud ; Phirozeshah M. Mehta, C.I.E. ; Vribhukandas Atmaran ; E. Giles ; Chunilal Venilal, C.I.E. ; W.C. Hughes ; Achynt Bhaskar Desai ; P.C.H. Snow, C.I.E. ; F.S.P. Lely ; A. Abercrombie ; T.L.F. Beaumont ; Shripat Anant Chatre ; J. Tate ; H.F. Aston ; J.W.P. Muir-Mackenzie ; Bamanji Dinshaw Petit ; L.C. Crump, Secy.
SECRÉTAIRES AU GOUVERNEMENT :
Secrétaire en chef, Départements des revenus, financiers et séparés, Jas. Monteath, C.S.I. Rs : 3 750.
Education, Général, etc., J. DeC. Atkins . Rs : 2 500.
Travaux Publics, John Tate. Rs : 2 500.
Politique, Judiciaire, Législatif, Steyning W. Edgerley, C.I.E. Rs : 3 125.
HAUTE COUR DE JUSTICE
Magistrat en chef, Sir Lawrence Hugh Jenkins, Kt. Rs : 5 000.
Juges, Les Honorables Henry James Parsons ; Edward Townshend Candy ; R.B. Mahadeo Govind Ranade, C.I.E. ; Badrudin Tyabji ; Edmund McG. H. Fulton ; L.P. Russell. Chacun Rs : 4 000.
Résident politique à Aden, Brigadier-Général O'M. Creagh, FC. Rs 3 500. |
Whitaker's Almanack (1900) |
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Liste des gouverneurs de Bombay de 1875 à 1905 : |
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| 1877-80 |
Sir Richard Temple (1826-†1902) |
| 1880-85 |
Sir James Fergusson (1832-†1907) |
| 1885-90 |
Donald James Mackay (1839-†1921) |
| 1890-95 |
Baron George Harris (1851-†1932) |
| 1895-00 |
Lord William Mansfield, Vicomte de Sandhurst (1855-†1921) |
| 1900-05 |
Sir Henry Stafford Northcote (1846-†1911) |
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Statue de Victoria, Impératrice des Indes.
Il est toujours intéressant de suivre un Anglais voyageant aux Indes ; il voit le pays sous un autre angle que le voyageur français, ou, en général, non anglais, et remarquera plus particulièrement certaines choses. C'est ainsi que M. C. F. Keary, qui commence par une description de Bombay une série d'impressions sur les Indes, constate d'abord combien il est facile d'y vivre de la vie anglaise. A Bombay même, on n'a, entre plusieurs clubs, que l'embarras du choix. Là on rencontre les fonctionnaires du gouvernement indien. « Nul ne sait mieux qu'eux, une fois la besogne terminée, prendre leurs aises. »
Dans ces clubs, vous-mêmes, « en mettant de côté quelques différences insignifiantes _ les larges communications entre chaque pièce, la véranda au dehors, le punkah se balançant au-dessus de votre tête, _ vous pouvez vous imaginer être à Londres, avec une rose de Londres à votre boutonnière. Mais lorsque vous voulez retourner à l'hôtel, de sombres et silencieuses formes, dont on ne peut distinguer la face, mais dont on aperçoit seulement le turban blanc, se détachent de l'ombre des arbres d'en bas. Leur apparente raison d'être semble être de veiller sur vous, d'appeler votre garry pour vous reconduire chez vous... »
A Bombay la vie sociale se concentre surtout dans les clubs, qui sont propriétaires de vastes hôtels. Derrière eux, derrière les monuments publics, s'étend la ville indigène. Là on retrouve ces trois choses communes à toutes les villes d'Orient : le bazar, une odeur particulière, demi-fétide, demi-aromatique, et les bambous. Au bazar de Bombay, « la rue étroite est encombrée d'une foule de promeneurs à pied, marchant tous du même pas mesuré. A les regarder au-dessus de la taille, ils paraissent majestueux et graves, le regard imposant ; au-dessous on aperçoit des jambes en fuseaux et des pieds nus. Pour nous, ils prennent plus ou moins un air de fantômes, ils ont quelque chose d'irréel. Dans ces ruelles sombres, à peine distingue-t-on leurs sombres figures ; on ne voit que les turbans ou puggarees, leurs tuniques et leurs courts pyjamas. »
Tantôt tout le costume est blanc, tantôt partie blanc, partie bleu foncé. « Mais en réalité le bleu, le jaune, le vert, toutes les couleurs de l'arc-en-ciel se rencontrent, et même assez communément ; très commun est le rouge sombre que l'on appelle rouge indien, et il est de règle pour les femmes. » Celles-ci sont voilées, et M. Keary trouve qu'elles le sont à la manière de la Déméter antique : les draperies de leur tête et de leurs épaules ont quelque chose de classique. Mais aussitôt qu'ils aperçoit leurs jambes mal faites, nues ou enveloppées dans un pantalon tombant jusqu'aux chevilles, ils les trouve à cent lieues de l'idéal antique. Somme toute cependant, elles font bien dans le tableau et leurs bijoux d'argent ont, dans la lumière voilée, des reflets agréables.
Les boutiques sont basses, élevées à peine au-dessus du niveau de la rue, dont un ruisseau les sépare. Un pont minuscule est jeté devant chaque entrée. Tout est sombre et sale, et l'auteur se demande comment tout cela, qui paraîtrait hideux sur un boulevard de Londres, comment toutes ces cotonnades de Manchester arrivent à produire un si pittoresque effet. Il en trouve une explication aisée : c'est que là tout est à sa place, que tout s'harmonise avec les bibelots de cuivre que l'indigène fabrique sous vos yeux, avec le bruit strident des marteaux, avec le geste de l'orfèvre en train d'attiser avec un éventail le feu de sa forge. « Ces boutiques du bazar d'Orient, dit-il, sont une image de l'esprit d'Orient, de la faculté de ces gens, qui n'atteint pas à l'art, mais qui reste au-dessus de la vulgarité. » Et de même, quoique l'Orient n'ait pas à proprement parler de musique, la mendiante indienne, qui, sur le bord de la route, psalmodie sa chanson monotone, exprime une bien autre poésie que le mendiant anglais.
Peut-être trouvera-t-on bien absolue l'opinion de M. Keary sur l'infériorité des arts d'Orient, et sans doute lui-même, à moins de repousser rigoureusement tout ce qui s'éloigne de notre idéal classique, n'aura pas voulu dire que l'Orient n'ait jamais fait uvre d'artiste. Quoi qu'il en soit de ce problème esthétique, il est certain que nulle part ailleurs ces étroites échoppes, ces quelques rares objets, ne feraient pareil effet. En somme, « c'est au bazar que se rencontrent les produits, les élégances, le mouvement, la poésie et la prose de l'Orient tout entier ». Et lorsque vous l'aurez suffisamment parcouru, lorsque le cocher enturbanné de votre garry _ un simple fiacre, _ tout fier de voiturer un sahib, vociférant et faisant claquer son fouet, manquera d'écraser les passants, vous verrez ceux-ci, impassibles et muets, tourner un moment vers vous « leurs tranquilles yeux de bufs », puis s'en aller sur les mêmes pensées, éprouvant les mêmes désirs, ayant les mêmes affaires que leurs ancêtres, aux époques lointaines de cet immobile Orient, « où l'on n'avait pas encore entendu parler des sahibs blancs ». |
(A travers le Monde, 1895) |
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Photographie colorisée (vers 1890-1900) de la gare Victoria de Bombay, bâtie en 1888.
Chef-lieu de la présidence qui porte son nom, Bombay est la première ville de l'Inde anglaise par son importance commerciale et la seconde par sa population qui dépasse 800.000 âmes
Elle est située sur la côté occidentale du Dekkan, dans une île de treize kilomètres sur cinq, qui laisse entre l'île de la Salsette et la digue qui les unit, un vaste port dont le trafic est immense. Reliée avec Madras par une chemin de fer de 1.251 kilomètres, elle l'est avec Calcutta par une ligne de 2.260 kilomètres, qui se termine dans la cité par la gare Victoria, magnifique édifice de construction récente et qui a plutôt l'air d'un palais que d'une gare de chemin de fer.
Moins riche en monuments que Calcutta, Bombay a un aspect plus curieux et plus varié, car en réalité c'est une agglomération de villes et de grands villages, groupés autour de l'ancien établissement des Portugais, qu'on appelle aujourd'hui la ville vieille ou la Forteresse, bien que ses remparts aient été abattus.
La forteresse, dont presque toutes les rues rayonnent autour de la place Apollo Bandar, joue à Bombay un rôle équivalent à celui de la Cité à Londres. C'est pendant une partie de la journée le siège de l'activité commerciale et celui des administrations, et son aspect n'a pas été trop modifié par les constructions récentes.
Photographie colorisée d'une rue dans la Forteresse (vers 1890-1900).
De la place Apollo Bandar part la large rue du Rampart Row éclairée à la lumière électrique.
Les autres quartiers de la ville sont :
Au nord : la ville noire, habitée par les indigènes et toujours fangeuse et insalubre malgré les efforts du gouvernement ; c'est néanmoins la partie la plus importante de l'agglomération. Au nord également, Bycullah où sont les cercles et les hôtels, comme à Parel, situé dans la même direction mais plus loin et un peu à l'ouest.
Au nord-ouest, Malabar-Hill, comprenant les demeures opulentes des négociants riches et des habitations plus modestes pour les Européens non fortunés.
Au sud-ouest, Kolaba possédant des casernes, des entrepôts, des hôpitaux ; c'est d'ailleurs la partie la plus saine de tout Bombay.
Quand au quartier de Mazagaon, situé à l'est, il est surtout habité par les métis portugais, assez nombreux à Bombay, dont la population offre le mélange de types et de nationalités le plus curieux qu'on puisse voir. |
Autour du Monde — Aquarelles Souvenirs de Voyages, fasc. XV |
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La Haute Cour et quelques bâtiments publics. |
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La Elphinstone High School. |
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Sir Albert Sassoon, puisque j'ai cité son nom pour une alliance avec les Rothschild, est issu d'une famille juive de Mésopotamie qui a longtemps habité Bagdad. L'immense marché des Indes attira sir Albert Sassoon vers ce pays, où le commerce de l'opium en fit le nabab que l'on sait. Albert était connu comme le « Rothschild des Indes » ; il a créé à Bombay des hôpitaux, des hospices ; il a même élevé une statue équestre au prince de Galles. De là il vint en Angleterre, où il se livra à des opérations de banque. Il y fut reçu comme un souverain, s'y plut, et délaissa les féeriques palais qu'il possède aux Indes, leur préférant les murs un peu tristes cependant de son splendide hôtel de Kensington. |
Comte Paul Vasili, La société de Londres (1885) |
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Après avoir passé une partie de son enfance au Cachemire, Sarah est venue habiter Bombay avec son père, probablement après le décès de sa mère. |
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