Sources ayant servi d'inspirations au dessin animé :

Biographies
Films
Illustrations
Romans
 

Vie de Frances Hodgson Burnett : La vie de l'auteur a peut-être servi aux auteurs de la série. L'idée peut paraître étrange mais personne ne songerait à contester que le personnage de Sara est le reflet de Frances Hodgson Burnett qui lui prête bien des facettes de son caractère et de ses inclinations (son goût pour la lecture, son engouement à raconter des histoires et à fasciner un auditoire avec...). Sans mentionner que Sara et Frances partagent une enfance douloureuse : la perte de la mère chez Sara (qu'elle n'a pas connue) puis de son père, alors que le père de Frances décéda lorsqu'elle n'avait qu'un an, puis le passage d'une vie confortable à la misère (une maison bourgeoise avec des domestiques pour Frances qui finit dans une maison de la banlieue sordide de Manchester avant de devoir émigrer aux Etats-Unis où elle et les siens vécurent dans une espèce de cabane...). Parmi les éléments de l'intrigue que nous supposons être extraits de sa vie viennent la fièvre de l'épisode 35 (Frances perdit son fils de la tuberculose) et l'incendie de l'épisode 41 (sa maison de Washington brûla).
 

The Little Princess (1939) : des personnages (comme Bonaparte, le perroquet) et des éléments de l'intrigue (la directrice découvrant la "magie" et accusant Sara de vol, l'étonnement de Miss Minchin devant le poney de la fillette, les écuries...) se retrouvent dans le film de Walter Lang, ce qui laissent supposer qu'il a été vu par les réalisateurs du dessin animé.

Petit Lord Fauntleroy (1936) : La scène du cadeau d'anniversaire de Lavinia (laquelle se voit offrir un bicycle), dans l'épisode 24, provient peut-être du film de John Cromwell. Est-il nécessaire de rappeler que cette œuvre est elle-même issue d'un autre roman de Frances Hodgson Burnett (lequel fut également adapté par la Nippon Animation)?

Films de Charlie Chaplin : cette conjecture s'appuie sur l'idée que le collège étant situé dans West Square et que l'acteur britannique ayant vécu dans Lambeth et habité dans ce square, il nous paraît non dénué de fondements que plusieurs clins d'œil aient été glissés par les scénaristes. Parmi les éléments que nous croyons être des hommages, l'allure vestimentaire de Peter paraît ouvertement empruntée à celle du kid, le gamin abandonné et recueilli par Charlot, dans le film The Kid (1921), tout comme le personnage du vitrier dans l'épisode 33 (renvoyant au métier du Vagabond, interprété par Chaplin, toujours dans The Kid) ; de même, le moment où Sarah joue avec ses couverts, imitant une ballerine, semble faire allusion à la danse des petits pains de la Ruée vers l'or (1925), dans l'épisode 38. Enfin, une brève scène où Charlot se remet d'un repas pantagruélique de pancakes en se frappant la poitrine paraît trouvé un écho dans la série :
 
Trop de pancakes au chocolat !...
 
Anne s'étouffe presque après avoir avalé en une seule bouchée le petit pain que lui a offert Sarah.
 
Becky manque de s'étrangler après avoir avalé d'un coup un sandwich de pain de mie.
 
Toujours dans ce même film de Chaplin, l'enfant qu'il a recueilli et élevé seul avec toute la tendresse d'un père de substitution tombe malade. Forcé d'appeler un médecin, celui-ci découvre que Charlot n'a aucun droit sur le petit malade et prévient les autorités afin qu'il soit placé dans un orphelinat. Or rappelez-vous l'épisode 35 dans lequel Sarah se retrouve gravement malade. Dans les deux cas l'on est en présence d'un ressort dramatique typiquement victorien : la maladie vaut transition et se révèle fréquemment le prélude à un changement d'état d'un personnage. Ainsi Charlot s'enfuit avec le gamin et trouve refuge dans un asile de nuit où le gardien, après avoir lu une annonce, kidnappe l'enfant et le ramène au commissariat où il retrouve sa vraie mère. Quant à Sarah, dans le dessin animé, la fin de sa maladie correspond à l'apparition de la magie (c'est-à-dire toutes les attentions apportées par son voisin).La chose se vérifie dans les romans de Dickens : Pip manque de succomber à des fièvres et, veillé par le brave Joe, prend conscience de sa vanité et de son ingratitude (Grandes Espérances) ; Oliver Twist s'effondre dans le tribunal et est soigné par Brownlow (dévalisé par les filous qui accompagnaient Olivier, il témoigna que ce dernier était le seul à ne pas avoir pris part au vol) qui se révèlera être un ami de son défunt père (Oliver Twist) ; dans David Copperfield, l'alter ego de l'auteur réalise après la maladie et la mort de Dora, son épouse, au terme d'une longue quête sentimentale, que celle qu'il chérit et qui fera son bonheur n'est autre qu'Agnes qu'il connut tout jeune.
 
Charlot appelle au chevet du Kid malade un docteur plutôt incompétent, prétexte à une avalanche de gags.
 
Je ne trouverai jamais la force de parler de toute la pauvreté, l'humiliation que nous,_ ma mère, mon frère et moi,_ avons endurées. Je ne trouverai jamais la force d'en parler parce que personne ne nous croirait. Moi-même, par moments, je ne puis croire à toutes les choses par lesquelles nous dûmes passer. (Charlie Chaplin)
Le choix de The Kid n'est pas anecdotique. Pour en apprécier la saveur, il convient de rappeler brièvement quelques éléments de la vie de Chaplin. Le comique naquit le 16 avril 1889, ce bien qu'aucun acte de naissance ne puisse en attester, dans East Lane, à Walworth, un quartier sud du borough londonien de Southwark. Il avait pour parents deux artistes de music-hall, Charles Chaplin senior, un baryton d'origine franco-irlandaise, et Hannah Hill, dont le nom de scène était Lili Harvey. Tous deux s'étaient forgés une certaine réputation et les Chaplin vivaient alors confortablement (ils habitèrent ainsi au 3, Parnell Terrace, dans Kennington Road). Un peu plus d'un après la naissance de Charlie, ils se séparèrent. L'enfant fut donc élevé par sa mère, en compagnie de son demi-frère Sydney, avec lequel il resta étroitement associé professionnellement parlant (Sydney aida son frère et contribua à son succès, ce dont ce dernier se souvint). En 1894, il monta sur scène inopinément pour remplacer sa mère dont la voix venait de se briser au milieu d'une chanson intitulée 'E Dunno Where 'E Are ; le public réserva à ce gamin à peine âgé de 5 ans un accueil des plus enthousiastes. Mais cette vocation naissante se fit sur fond de drame et de misère : sa mère n'était plus désormais en mesure de chanter. Elle travailla quelques temps comme ballerine (notamment à l'Empire Theatre, dans Leicester Square) mais sa santé déclinante,_ à partir de 1895, elle se mit à souffrir violentes migraines, symptômes de la maladie vénérienne qu'on lui diagnostiquera plus tard,_ aboutit à ce qu'elle dût y renoncer. Pis, les travaux de couture sur lesquels elle s'échinait ne rapportaient pas suffisamment de quoi vivre et même manger. Hannah dut être hospitalisée en raison de ses terribles migraines. Charlie et Sydney allèrent tout d'abord chez un ami avant d'être bringuebalés de taudis en institutions pour indigents. Ils firent connaissance avec la honte et la gêne qu'il y a à vivre de la charité en mendiant quelques secours à l'église de la paroisse ou en mangeant à la soupe populaire. Le 10 mars 1896, les deux enfants quittèrent l'orphelinat de la Cuckoo School d'Ealing pour être rendus à leur mère. Le 30 mai 1896, Charlie, alors âgé de 7 ans, et son demi-frère se virent confiés à la workhouse de Lambeth, dans Brook Street (dans le dessin animé, il suffit de descendre la rue du square, en direction du sud, pour s'y retrouver), puis, quelques semaines après, à la Hanwell School for Orphans and Destitute Children, leur père refusant de les prendre. L'état de santé de sa mère alternait entre crises et rémissions, au cours desquelles la petite famille se reconstituait tant bien que mal. Le 22 juillet 1898, Charlie, Sydney et leur mère retournèrent à l'asile pour indigents. Deux mois plus tard, le 15 septembre, Hannah fut transférée de l'asile pour les pauvres à l'infirmerie de Lambeth où les médecins lui diagnostiquèrent une syphilis (peut-être due au fait qu'elle se livrait occasionnellement à la prostitution, comme nombre de personnes pauvres, non par paresse ou par luxure ainsi que se le figuraient certains esprits mais simplement pour gagner de quoi survivre), puis à l'asile d'aliénés de Cane Hill, près de Croydon ; elle en sortit le 12 novembre. Charlie alla vivre un temps en compagnie de Sydney chez son père, atteint d'alcoolisme. Le 26 décembre, Charlie, du haut de ses neuf ans, fut engagé dans les Eight Lancashire Lads, une troupe professionnelle d'enfants donnant des représentations de danse en sabots (il se produisit ainsi à Manchester). Malheureusement, après avoir été admis au St. Thomas Hospital le 29 avril, le père de Charlie mourut le 9 mai 1901 de la cirrhose qui le rongeait ; il n'avait que 37 ans. Puis, en mai 1903, l'état de sa mère connut une aggravation : les troubles suscités par la syphilis dégénérèrent en une crise aiguë ; elle fut de nouveau internée à l'asile de Cane Hill après que son état de démence eût été établi. Le 27 juillet de cette même année, Charlie décrocha le rôle de Billy, le petit vendeur de journaux, dans la pièce Sherlock Holmes, donnée au Pavilion Theatre.
 
Ces derniers jours, Chaplin était à Vienne... Mais il y faisait trop froid à son goût aussi repartit-il rapidement. C'est indubitablement un grand artiste ; certes il dépeint encore et toujours le même personnage ; seulement la pauvre et chétive jeune personne maladroite et sans aide pour qui, néanmoins, les choses finissent par bien tourner à la fin. Maintenant croyez-vous que pour ce rôle il lui faille oublier son propre ego ? Au contraire, il ne se joue toujours que tel qu'il fut durant sa triste jeunesse. Il ne peut se défaire de ces impressions et de ces humiliations de cette période passée de sa vie. Il est, pour ainsi dire, un cas exceptionnellement simple et transparent. L'idée que les réalisations des artistes sont liées aux souvenirs, aux impressions, aux contrariétés, aux refoulements de leur enfance y a déjà apporté beaucoup d'éclaircissement et nous est devenue, pour cette raison, très précieuse.(Sigmund Freud à Yvette Guilbert)
Dès lors il n'est pas surprenant que ce vécu douloureux ait transparu dans la première réalisation de Chaplin, le Kid : le film dépeint l'histoire d'un enfant dont le père se désintéresse et dont la mère, jeune actrice en pleine ascension, abandonne au profit de sa carrière tout en espérant qu'il soit recueilli par une âme bonne. Cet instrument du destin, ce sera le Vagabond, Charlot, qui après avoir vainement tenté de repousser le nourrisson, finit par s'attendrir pour lui offrir tous les trésors de tendresse dont un père est capable. A l'écran, la relation entre le Vagabond et le Kid est éclatante de complicité, même si, derrière la prestation éblouissante, se cachait un drame : Chaplin perdit son premier enfant, âgé de 3 ans, deux semaines seulement après le début du tournage. D'aucuns ont affirmé que le Kid n'était autre que Chaplin enfant ; peut-être le film servit-il au cinéaste à exorciser son passé : de la mansarde aux murs pelés, de l'arrière-cour lépreuse où l'on se bat, des petits boulots pour dénicher de quoi manger au garnis sordide du marchand de sommeil, sans doute y-a-t'il du Lambeth que connut Chaplin. Le Lambeth victorien, celui de Sarah.
 

Gravures de Gustave Doré : deux passages, figurant dans l'épisode 42, sont des reproductions de scènes dessinées par Gustave Doré, pour le compte de l'ouvrage intitulé London : A Pilgrimage, à savoir l'encombrement au pied du pont de Londres et le trafic dans Ludgate Hill.
 

Œuvres de Frances Hodgson Burnett : Bien entendu, la nouvelle (Sara Crewe or What Happened at Miss Minchin's) et le roman (A Little Princess) ont servi de sources premières pour la réalisation de l'anime.

Œuvres des sœurs Brontë : Dans les notes relatives aux personnages d'Anne (Ann dans le roman), d'Emilie (Emily, dans le roman) et de Lottie (diminutif de Charlotte), nous faisions part de notre interrogation quant à la possibilité d'un hommage rendu aux trois romancières, dont les prénoms sont Ann, Emily et Charlotte ; Charlotte et Emily Brontë apparaissent en effet comme de grandes figures de la littérature victorienne dont le génie fut reconnu par leurs contemporains, _ ou, dans le cas d'Emily, peu après sa disparition, _ bien que leurs écrits, de par certains sujets abordés comme l'alcoolisme ou l'assuétude aux drogues, fussent considérés comme déplacés pour des femmes (laquelle audace littéraire dut plaire à Frances qui, à travers son comportement et son indépendance, faisait peu de cas de la morale bien pensante). Justement, leurs principales œuvres virent le jour peu de temps avant la naissance de Frances (1849) dont l'admiration pour Les Hauts de Hurle-vent (rédigé entre octobre 1845 et juin 1846, publié en décembre 1847, il fut l'unique roman d'Emily) et Jane Eyre (écrit par Charlotte et publié en 1847) a été rapportée par ses biographes et leur influence, notamment mise en exergue au sein de l'un de ses romans les plus célèbres, The Secret Garden. Bien que toutes les Brontë attrapassent dans leur enfance la scarlatine, une maladie potentiellement mortelle alors, ce furent des maladies pulmonaires qui eurent raison d'elles : Emilie mourut en 1848 au terme d'une pénible agonie après avoir contracté la phtisie, terme en vigueur à l'époque pour désigner la tuberculose, fléau qui avait déjà emporté en 1825 deux de ses sœurs aînées, Maria et Elizabeth ; incidemment, Lionel, le fils aîné de Frances, succomba en 1890 à la même maladie. Ann décéda de la grippe, en 1849, et Charlotte, d'une pneumonie en 1854 alors qu'elle attendait un enfant. Les scénaristes de la série perçurent-ils cette référence aux trois sœurs ? Deux éléments dans l'anime apportent une esquisse de réponse, sans s'avérer néanmoins pleinement convaincants : rappelons-nous que Sarah, dans l'épisode 35, fut la proie de fièvres qui, sans la diligence de Becky, faillirent l'emporter (lesquelles eurent comme causes le froid, la pluie et l'humidité auquel son organisme, déjà affaibli par la sous-nutrition, fut exposé) ; Marie, Mlle Mangin et Mlle Amélia, via leur comportement, laissent deviner leur crainte d'une maladie contagieuse, bien qu'il ne soit pas fait explicitement mention de la tuberculose (la fièvre typhoïde ou le choléra constituent des alternatives plausibles). Dernier point : Ann, Emily et Charlotte, avant d'accéder à la notoriété, écrivirent un récueil de poèmes sous les pseudonymes masculins d'Acton, Ellis et Currer Bell,_ les frères Bell,_ subterfuge auquel eurent pareillement recours les romancières Mary Ann Evans (alias George Eliot) et Aurore Dupin (alias George Sand) ; or l'on peut remarquer dans l'épisode 40 que l'enseigne du pub où se rend Sarah porte l'inscription Bell inn. Pas de preuves formelles donc, tout au plus des adminicules.

Œuvres de Charles Dickens : Nous inclinons à penser que la nouvelle et le roman éponyme de Frances Hodgson Burnett s'inspirent de la fiction semi-autobiographique David Copperfield, de Dickens ; par concaténation, ces éléments se retrouvent aussi dans le dessin animé (à l'instar du nom de l'héroïne, du traitement de la scène d'anniversaire, etc.). Bien qu'on ne puisse parler pour la circonstance que d'inspiration indirecte, la lecture du dossier consacré à ce point n'est pas dénuée d'intérêt. Il n'est également pas improbable que les Esquisses de Boz, un recueil d'articles portant sur le Londres des années 1830 et mêlant personnages fantaisistes et portrait détaillé de la capitale, ait été lu par le scénariste. Outre son caractère exhaustif sur des sujets comme les heurtoirs de porte, l'un des passages paraît avoir été transposé tel quel dans l'épisode 2 lorsqu'il est question d'abreuvoir.

Œuvre de William Thackeray : Paru en 1847 et illustré par ses soins, Vanity Fair (la Foire aux Vanités) est considéré comme l'une des œuvres majeures de Thackeray. Le roman dépeint les destins croisés de deux femmes que tout paraît opposer de prime abord : la douce, gentille et candide Amelia Sedley, fille d'un riche homme d'affaires de la City, et Rebecca Sharp, surnommée Becky, orpheline issue de l'union d'un peintre miséreux et d'une actrice. Pourtant le caractère d'Amelia la pousse à prendre en pitiée l'infortunée Becky ; après la mort de ses parents, celle-ci fut receuillie par le pensionnat où Amelia étudiait et contrainte en contrepartie de dispenser des leçons de français : elle parle en effet couramment cette langue qui lui fut enseignée par sa mère, française (songez à Sara, dont la mère est française et qui donne elle aussi des cours). Outre que les prénoms des deux héroïnes se retrouvent, pour l'un dans la nouvelle, pour l'autre à la fois dans le roman et la nouvelle, ceux-ci correspondent aux personnages campés par Frances Hodgson Burnett : le prénom d'Amelia demeure associé à une personne naïve (Sara s'en fait la réflexion) ; parallèlement, Becky est le surnom de la pauvresse employée comme bonne à tout faire. Un autre point commun s'impose à l'esprit : dans Vanity Fair, Becky, en présence de la Gentry, ment sciemment quant au métier honteux de sa défunte mère (le terme actrice était synonyme de prostituée) et la réclame d'une lignée aristocratique française imaginaire, les Montmorency. Or c'est de ce patronyme fantaisiste que les Carmichael se voient affublés par Sara lorsqu'elle ignore encore tout d'eux ! Mais c'est surtout le premier chapitre qui s'avère le plus marquant : le roman débute en effet dans le pensionnat pour jeunes filles tenu par la redoutable Miss Pinkerton. Sévère, intransigeante et près de ses sous, celle-ci règne sans partage sur ses pensionnaires et sa sœur Jemima, plus timorée. A l'instar de Miss Minchin, Miss Pinkerton conçoit des préférences à l'endroit de ses élèves ; bien entendu, la riche Amelia Sedley en fait parti et se voit offrir un joli dictionnaire le jour de son départ ; quant à la pauvre Becky, obligée d'enseigner gratuitement, elle n'aura pas droit à cet égard. Enfin, l'animosité qui oppose Miss Pinkerton à Becky nous vaut une scène où l'orpheline s'adresse à la directrice en français, pour la plus grande rage de cette dernière dotée d'une éducation lacunaire. Et Sara de faire de même dans la nouvelle et le roman avec Miss Minchin (celle-ci ne parle pas français) ! L'on retrouve d'autres ressemblances, à des degrés divers : le père d'Amélia, en banqueroute, connaît soudainement la détestation de celui qui était un partenaire et redevable de son ascension (John Osborne) ; dans une certaine mesure l'on songera à l'implication de Tom Carrisford dans la ruine puis la mort du père de Sara, Ralph Crewe. Pareillement, quelques scènes paraissent avoir trouvé un écho dans l'œuvre de Frances Hodgson Burnett. Ainsi l'on pensera au passage où le riche petit Georgy, ému de la détresse d'un balayeur de son âge, lui glisse une pièce en argent alors que son valet avait tenté de chasser l'importun ; Donald se livrera à un geste de charité semblable à l'endroit de Sara, toute dépenaillée. Ou bien à ce moment : revenu des Indes, Joe Sedley est accompagné d'un domestique indien ; à ce propos, l'auteur nous dit :
"L'indigène installé sur le siège du cocher à côté du domestique européen claquait des dents et grelottait de froid sous le tartan qui l'enveloppait. (...) Il était escorté du nouveau domestique qu'il avait engagé à Southampton, et de son indigène, transi de froid, et dont la figure noire, sous l'impression de la température, était devenue couleur café au lait. Le pauvre gelé produisit une sensation immense sur mistress et miss Clapp, qui (...) trouvèrent Loll Jewab assis sur un banc, tremblant de tous ses membres, au milieu de lamentations pitoyables et dont les grandes prunelles jaunes et les dents d'une blancheur éblouissante se détachaient sur l'ébène de sa figure".
Le texte de Frances Hodgson Burnett dès à présent :
"(...)et lorsqu'il sortait avec son attelage, il était presque toujours emmitouflé de châles et de pardessus, comme s'il avait froid. Il avait un domestique indigène qui semblait avoir encore plus froid que lui, lequel serviteur possédait un singe ayant l’air d’être davantage frigorifié que lui."
 
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