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Idées de scénarios pour la suite de Princesse Sarah |
Si jamais une suite devait être inventée aux 46 épisodes de Princesse Sarah, que pourrait-il bien arriver à Sarah ?
Dans la série, elle a connu les affres de la séparation, la vie comme pensionnaire dans un collège pour jeunes filles huppées, la perte de son père, la déchéance, de nouvelles amitiés qui lui permirent de surmonter les brimades et les vexations et, enfin, la délivrance avec M. Crisford. Ce dernier accueille Sarah chez lui, en fait sa légatrice. Mais il est aussi son tuteur légal chargé d'administrer la fortune qu'elle a héritée de son père.
Le dernier épisode s'achève sur Sarah en partance sur un steamer à destination des Indes. De ce voyage, l'on sait très peu de choses hormis ce que Sarah a consenti à nous révêler du bout des lèvres, à savoir qu'elle souhaite se recueillir sur la tombe de ses parents.
Quelles péripéties Sarah pourrait-elle vivre ? Ce modeste dossier apporte quelques pistes scénaristiques, des plus conventionnelles aux plus rocambolesques. Cela vous inspire-t-il ? A vos plumes ! |
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| Le Meurtre de Thomas Crisford |
La pluie de la mousson s’était abattue avec fracas toute la nuit durant pour n’offrir de répit qu’aux premières lueurs de l’aube. Dans la villa noyée au cœur d’un parc luxuriant, les pensionnaires, encore plongés dans un demi-sommeil, entendaient profiter de cette accalmie quand un cri d’épouvante arracha la maisonnée de sa torpeur. Venue apporter un encas matinal, une domestique avait découvert le corps sans vie de Thomas Crisford, le maître de céans. La police fut rapidement sur place. Le lieutenant Waterford n’eut aucun doute quant à la cause du décès : la blessure béante et auréolée de sang prouvait que sir Crisford avait été sauvagement assassiné ! Après avoir passé les jardins au peigne fin, l’on pouvait écarter d’éventuels dacoïts : la terre, détrempée, ne portait aucune empreinte. De fait, les suspects se résumaient aux seuls pensionnaires. Des ennemis, le vieil homme n’en manquait pas, d’autant que sa vie semblait n’être qu’un amalgame de recoins troubles et obscurs. Ainsi s’adonnait-il à l’opium, pour fuir un sommeil hanté de cauchemars depuis plusieurs années après que son meilleur ami mourût à ses côtés. Waterford découvrir qu’il possédait une maîtresse et était le père de petits mulâtres, tous logés dans un lupanar. Mais qui pouvait haïr suffisamment Thomas Crisford au point de lui ôter la vie ? Etait-ce ce majordome indien, Ram Dass ? Il était au service du mort de longue date mais Waterford n’aimait pas son arrogance et sa politesse affectée, doucereuse, à la manière des orientaux. Il y avait aussi cette fillette qu’il avait recueillie, Sarah Crewe. A la mort de son père, elle avait héritée d’une fortune colossale dont Crisford, en sa qualité de tuteur, était devenu gestionnaire. Or les livres de comptes laissaient apparaître des irrégularités criantes qui appelaient des investigations. Sa demoiselle de compagnie, animée par une dévotion presque fanatique à son endroit, était tout aussi inquiétante. L’éclat enfiévré de son regard ne présageait rien de bon. Qui sait quel geste aurait-elle pu commettre pour défendre sa maîtresse ? Waterford en était convaincu : pour dénouer cet écheveau, il fallait comprendre pourquoi Thomas Crisford était rongé par la culpabilité. |
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| Le Naufrage |
L’horizon s’était soudainement enténébré, avec des nuages couleur ardoise s’amoncelant si bas qu’ils paraissaient se noyer. Succédant à un calme sépulcral, le vent avait fraîchi sans prévenir, distendant la voilure comme une panse trop gonflée alors que le navire tentait d’échapper à la tempête. Une heure ne s’était pas écoulée que le Pearl of Jaipur se débattait dans des creux abyssaux, se frayant une route à l’aveugle au travers de murailles de pluie. Une lame avait emporté plusieurs lascars, fracassant un bastingage, au milieu des hurlements et du tumulte. Il en viendrait d’autres. De peur, les passagers s’étaient recroquevillés dans leurs cabines, au plus profond du bateau dont la coque gémissait comme un prisonnier soumis au supplice. Ceux qui s’aventuraient dans les coursives étaient projetés en tous sens et plusieurs, comme M. Crisford, avaient été blessés. Dans leur cabine jonchée d’affaires que n’éclairait qu’une lampe à pétrole crachotante, les fillettes pansaient sa blessure. Sarah ne se souvenait plus très bien de la suite des événements. Il y eut un coup sourd sur le pont, probablement un mat arraché. Puis le plancher de la cabine s’inclina en une déclivité grotesque, aspirant les malles, les livres et tout le reste. C’est à cet instant que la paroi céda, ouvrant une brèche à un jaillissement salin qui emplit la pièce en une fraction de seconde. La lumière s’éteignit ; Sarah se rappela suffoquer, perdre l’équilibre et entendre le bruit tourbillonnant de l’eau qui la submergea avant de sombrer dans le néant. Ce fut la voix onctueuse de Ram Dass qui la ramena parmi les vivants. Elle vomit et inspira avec avidité de grandes goulées d'air. Son regard balaya les alentours. Çà et là le ressac charriait sur la grève des morceaux d’épave ou des rebus incongrus. Dès qu'elle la vit, Becky se précipita et l’étreignit en sanglotant. Ses vêtements étaient déchirés mais Sarah ne ressentait aucune douleur. Elle ne devait pas être blessée. M. Crisford, en revanche, gisait inconscient. Ils étaient quatre, deux enfants, un majordome indien et un infirme sur une plage déserte. Il n'y avait pas le moindre signe de navires à l’horizon ou de constructions humaines dans le paysage. Où diable pouvaient-ils être ? Ne serait-il pas trop tard lorsque l’Amirauté apprendrait la tragédie du Pearl of Jaipur ? |
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| Le Traître |
| Ralph Crewe n'a jamais succombé à des fièvres malignes près des mines de Golconde, pas plus que M. Crisford n'a recueilli ses dernières volontés au nom d'une amitié datant d'Eton. Tout homme est corruptible. Par vénalité ou conviction avérée (ne tenait-il pas sa hiérarchie pour responsable de la mort de son épouse ?), le capitaine Crewe a embrassé la cause des espions du Tsar. L'on sait que la Russie lorgne avidement sur les richesses de l'Inde : après avoir incité les tribus afghanes à s'en prendre aux Britanniques, elle dispose désormais d'un formidable agent dans la place. Polyglotte, cultivé, homme d'action disposant de vastes réseaux et de solides amitiés, Ralph Crewe est un agent hors du commun. Il saura convaincre les princes indiens de se rallier au Tsar, entretenir le mécontentement de tous ceux qui se sentent bafoués et spoliés par les Britanniques. Les services secrets de Sa Majesté ont pourtant entr'aperçu une faille dans la cuirasse : sa fille, Sarah. N'obéissant qu'aux ordres directs de Gladstone, le premier Ministre, Thomas Crisford, un agent secret de la Couronne, manqua de périr lors de sa confrontation avec le père de Sarah. Bien que gravement blessé, il regagna l'Angleterre, chargé d'une mission qui doit sceller le sort de l'Empire britannique en Asie : retrouver la fille de Ralph Crewe par tous les moyens et la ramener en Inde où elle devra servir d'otage contre la reddition de son père. |
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| Pour l'Inde ! |
| Ce devait être un amusement enfantin sans conséquences : après avoir lu à la lumière d'une bougie une historiette parlant de fantômes et de revenants, Sarah et Becky s'égaillèrent dans le bungalow plongé dans la torpeur vespérale. Déambulant en tapinois dans les couloirs assombris, prenant garde de ne pas réveiller la maisonnée assoupie, Sarah tentait de débusquer Becky qui s'était cachée Dieu sait où. Lorsqu'elle aperçut un rai de lumière dans les communs, elle crut avoir déniché l'imprudente. A pas de loup, elle s'approcha de la porte restée entrebâillée, s'apprêtant à bondir, et resta figée. Derrière l'huis, plusieurs voix discutaient avec une véhémence feutrée, s'arrêtant, guettant le moindre bruit qui troublait la nuit. Le cœur battant à tout rompre dans la poitrine, Sarah entendit la conversation se poursuivre. Il y avait là plusieurs personnes, des domestiques qu'elle ne reconnaissait pas ; il y avait aussi un homme, aux paroles âpres et violentes, que tout le monde semblait écouter avec crainte. Seule une voix osait s'élever contre. Une voix familière, puisque c'était celle de Ram Dass ! Tapie dans la pénombre, craignant d'être découverte à chaque instant, Sarah écoutait. Elle apprit que Ram Dass était le fils d'un riche marchand du Punjab acculé à la faillite par les Britanniques. Ruiné, déchu, l'homme n'avait pas survécu longtemps, laissant un fils aîné, lui, et quatre frères et sœurs orphelins. Privé de son rang, il subit humiliations sur humiliations pour survivre, jusqu'à ce qu'enfin sa conscience politique s'éveillât : les tourments qu'il avait subis et que son peuple continuait à endurer ne prendraient fin que lorsque les Britanniques auraient quitté l'Inde. Ram Dass, un conspirateur ! Voilà qui, si jamais cela était éventé, pouvait le conduire à être fusillé ou, pis, à être attaché à la bouche d'un canon, promis à une mort horrible ! Voilà une vérité bien lourde à porter pour Sarah. Quant à Ram Dass, son comportement paraît avoir changé. Se douterait-il que la fillette ait découvert son secret ? |
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| Shangri-La |
| Toutes les affaires personnelles de son père avaient été entreposées pêle-mêle dans un bungalow. Sarah y passa plusieurs après-midi à ranger les souvenirs, les papiers du quotidien ou tout simplement les échanges épistolaires que son papa avait nourris au fil des ans. Etrangement, il y avait là une abondante correspondance avec une dénommée Helena Blavatsky. Sarah découvrit que cette femme avait longuement voyagé en Inde ; de ses pérégrinations, elle avait rédigé plusieurs récits empreints d'occultisme, d'expériences avec l'au-delà et de pouvoirs de l'esprit. Le père de Sarah était présenté comme appartenant au Cercle Intérieur, visiblement des disciples proches de la médium. Plusieurs passages, souvent soulignés, s'enfiévraient à propos d'une vallée proche des montagnes de Kunlun. Il y était question d'un endroit idyllique appelé Sangri-La, d'êtres jouissant d'une longévité hors du commun et de prodiges indescriptibles. Ralph Crewe dissertait sur l'emplacement supposé d'une lamaserie qui était le fil conducteur de la route menant à cette mystérieuse vallée. L'imagination de Sarah était fertile, aussi ne vit-elle là qu'un amusement, une passion sans réelles conséquences. Lorsqu'elle découvrit par hasard, dans un tiroir caché du secrétaire, une carte griffonnée fébrilement et maculée de tâches brunes, Sarah se fit plus dubitative. Le jour d'après, elle manqua de peu de se faire écraser par une charrette et se promit d'être plus prudente à l'avenir. Puis il y eut le serpent dans sa moustiquaire. Quand le chowkidar mit en fuite plusieurs hommes qui s'étaient introduit dans la propriété, Sarah sut que la mort de son père n'était peut-être pas aussi fortuite qu'il n'y paraissait. Et surtout, que sa vie était désormais menacée. |
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| Un Visage Surgit du Passé |
| Quel est ce visage de femme que Sarah crut apercevoir à travers un hublot ? Il y eut d'abord cette apparition fugace sur le bateau qui la ramenait vers les Indes. M. Crisford tenta de la rasséréner en lui expliquant qu'elle avait traversé bien des épreuves et qu'il était normal que sa nervosité s'en trouvât exacerbée. C'était peut-être le fruit de mon imagination consentit-elle. Mais pourquoi cette femme semblait-t-elle si apeurée ? Pourquoi, à peine eut-elle débarquée à Bombay, que ce gamin des rues lui glissa-t-il dans la main un billet rédigé d'une écriture tremblante ? Lorsque la maisonnée s'éveilla aux cris d'au voleur, Sarah n'osa révéler qu'elle avait échangé quelques mots avec une inconnue qui prétendait être sa mère ! Comment cela pouvait-il être possible alors qu'elle était morte il y a plusieurs années ! Pour quelles raisons son père lui aurait-il caché la vérité ? Etait-ce là une imposture, une escroquerie abjecte ou la résurgence d'un passé enfoui ? |
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