Explication alternative de la venue de Sarah à Londres

L'Europe se républicanise peu à peu et la Russie grandit de jour en jour. L'une de nos fiertés est de considérer sur une carte l'étendue de nos possessions ; si nous arrivons à prendre les Indes et Constantinople, nous avons la suprématie du monde. On dit bien que toutes les races diverses qui composent l'empire russe, sont sans cohésion et que nous préparons nous-mêmes notre démembrement. Dieu merci, je n'en crois rien. Les peuples pour lesquels nous sommes des libérateurs et que nous entraînons dans notre mouvement, portent avec nous la civilisation dans une marche en avant. Notre respect pour des institutions qui ont des analogies avec les nôtres, la forme même de notre autocratie, nos instincts asiatiques, nous rapprochent de ce que les Occidentaux appellent les barbares, et nous destinent à les entraîner dans les voies du progrès.
Comte Paul Vasili, La société de Londres (1885)
 

Et s'il existait une autre explication à la venue de Sarah...

 
Que la tradition, certes bien ancrée, d'envoyer sa progéniture en Angleterre pour y parfaire son instruction ?

C'est là une explication avancée dans ce dossier. L'action de la série se déroule officiellement en 1885. L'on sait, de par sa propre bouche, que Sarah grandit au Cachemire, cette province du nord de l'Inde. Les soubresauts de la seconde guerre anglo-afghane se seront très certainement faits ressentir dans cette partie du pays, au point que le père de Sarah aura peut-être cru préférable de gagner Bombay. Sans doute quitter le Cachemire où lui et sa femme furent heureux fut-il vécu comme une rupture avec des souvenirs devenus douloureux avec la disparition de celle-ci. Mais le souhait de mettre Sarah à l'abri des tourments d'une guerre s'annonçant comme meurtrière aura, on peut le croire, prévalu : ce conflit menaçait de dépasser le cadre d'un simple affrontement entre Russes et Britanniques. Beaucoup d'Indiens ne taisaient pas en effet leur volonté de conquérir leur indépendance. Ayant à l'esprit les terribles événements de la révolte des Cipayes de 1857 où des Indiens se soulevèrent et assassinèrent les colons européens, sans distinction de sexe ni d'âge, le spectre d'une guerre civile opposant sujets britannique de Sa Gracieuse Majesté et autochtones, en sus d'une guerre anglo-russe, garder sa fille à ses côtés fut probablement perçu par M. Crewe comme une folie. Gardons présent à l'esprit que, comme nous l'apprend le roman, que ce dernier joussait du grade de capitaine dans l'armée des Indes : la survenance d'une guerre l'aurait obligé à prendre les armes pour combattre, laissant sa fille seule.
 
 
L'histoire de l'Afghanistan au XIXe siècle pourrait se confondre avec un synonyme de « troublé ». Quittant le giron de la Perse pour une brève indépendance, le pays se désagrège en une pléthore de provinces, avant d'être annexé en partie en 1834 par le Penjab. Les années à venir sont à l'aune de cette période confuse : le « Grand Jeu » débute entre Russes et Anglais. Il s'agit d'imposer son influence sur les souverains fantoches afghans car le pays revêt une dimension stratégique capitale : c'est là le glacis verrouillant l'accès à l'Inde, le joyau de la Couronne britannique, qui excite de féroces appétits. Qui contrôle l'Afghanistan dispose d'une voie d'accès royale vers la péninsule indienne et ses richesses. Décidés à contrer les influences russes et persanes, les Anglais investissent Kaboul en août 1839. Le pays passe d'ailleurs sous protectorat britannique mais de façon éphémère, celui-ci s'achevant trois ans plus tard, avec la mort du roi Shuja, alors aux ordres de Londres. Face aux velléités russes qu'il convient de tempérer, les Anglais nouent en 1854 des relations avec le nouveau monarque régnant ; l'année d'après, le traité de Peshawar lie le Royaume-Uni à l'Afghanistan : chaque état déclare reconnaître l'intégrité territoriale de l'autre et proclame une amitié mutuelle. A peine un an plus tard, la guerre éclate entre les Anglais et les Perses : ces derniers occupent partiellement l'Émirat de 1856 à 1857. En 1859, les Britanniques annexent le Balouchistan ; l'Afghanistan semble cadenassé, ce qui n'empêche nullement l'avancée russe vers le sud de peser de tout son poids.

Si en 1872 la Russie reconnaît les frontières nord du pays, rassérénant les esprits, le roi Sher Ali permet en juillet 1878 à une mission diplomatique russe non invitée de pénétrer dans Kaboul. A compter de cet instant, les choses s'enveniment : le vice-roi, le comte Lytton, dépêche en retour une délégation le mois d'après. Sans plus de nouvelles, les Anglais envoient alors un détachement militaire pour franchir la passe de Khyber. Celui-ci se heurte à un refus afghan : c'est le début de la seconde guerre anglo-afghane. Les Russes, eux, ont les mains prises puisqu'ils sont en guerre contre la Sublime Porte, les Turcs. En novembre, 40 000 soldats britanniques pénètrent dans le pays (le Dr Watson, collaborateur de Sherlock Holmes, s'illustrera d'ailleurs à la bataille de Maïwand avant d'être blessé par une balle jézaïle). Confronté à deux ans de résistance acharnée, les Anglais se voient forcés de quitter l'Afghanistan, à l'exception de Kandahar qu'ils conservent. Au terme de ce conflit, le traité de Gandomark marque la paix entre le nouvel état Afghan et les Britanniques ainsi que la promesse d'aider Yaqub Khan contre toute agression étrangère.
 
Une compagnie de soldats traverse la rivière Kaboul en 1880. UNE COMPAGNIE DE L'ARTILLERIE ROYALE TRAVERSE LE GUÉ DE DARANTA SUR LA RIVIÈRE KABOUL.

Cette illustration représente le franchissement de la rivière Kaboul, au retour de l'expédition dans la vallée de Lughman, par la 3e compagnie royale d'artillerie. Deux canons de cette batterie efficace, sous le Major Magenis et le Lieutenant Granet, furent montées sur des éléphants. Les chevaux et leurs cavaliers suivent derrière ; ainsi les canons peuvent être tirés par les chevaux lorsque la nature du terrain le permet. Les éléphants firent montre de leur sagacité légendaire à leur prudente façon d'avancer pas à pas au sein du lit rocheux de ces eaux traîtresses où, un mois plus tôt, cinq infortunés appartenant aux fusilliers périrent. L'affût, l'avant-train ainsi que huit boîtes de munition sont hissés sur le dos de l'éléphant par quatorze vigoureux artilleurs, l'opération prenant dans les six minutes. Lorsque les canons d'une batterie de campagne sont montées sur les éléphants, les munitions de réserve sont portées en boîtes par des chameaux.
(THE GRAPHIC du 15 mai 1880)
 
Le répit sera de courte durée : en 1884 les Russes s'emparent de l'oasis de Merve, habité des Turcomans, pour poursuivre avec la prise, en 1885, de l'oasis de Panjdeh, part du territoire afghan au nord de la rivière Oxus.
Gravure du Punch du 28 février 1885."Notre Commission des frontières afghanes" John Bull fixe une pancarte (Punch, or the London Charivari, 28 février 1885)

John Bull, l'équivalent de notre monsieur Dupont, brandit une pancarte sur laquelle on peut lire "Tresspassers will be prosecuted", ce qui se traduit d'ordinaire par "défense d'entrer sous peine d'amende" : la légende du Punch établit un jeu de mot avec notice qui peut se traduire par avertissement ou pancarte. A noter les cavaliers ennemis qui se tiennent à l'orée d'une frontière symbolisée par les mots HER (pour HERAT).

Les Britanniques répondent en surprotégeant Herat, la porte vers les Indes. Pourtant les Russes acceptent de stopper leur progression jusqu'à ce que les frontières soient délimitées.
 
Gravure du Punch du 28 février 1885.

BRITANNIA, armée et casquée, retient, l'un par la crinière, l'autre par la bride, le lion et le tigre symbolisant respectivement le Royaume Uni et l'Inde. A ses pieds se trouve la frontière estampilée "Afghanistan" : La Grande-Bretagne est sur le pied de guerre et ne reculera pas à engager massivement ses forces, des troupes provenant de ses colonies, dans le conflit menaçant d'éclater (c'est d'ailleurs ce qu'elle fit lors des deux guerres mondiales et les Indiens, qui firent montrent d'une grande vaillance, payèrent un très lourd tribut lors de la guerre de 1914-18) : Prêt ! clame-t-elle (Ready !). (Gravure parue dans Punch, or the London Charivari, du 4 avril 1885)

The Worst of the Russian Steppes. — Steps towards India.(Punch, or the London Charivari, 28 février 1885)

La pire des steppes russes. — Les pas vers l'Inde. (N.D.W.: jeu de mots avec steps, pas, et steppes, steppes)
 
Gravure du Punch du 18 avril 1885."Seulement son jeu." (!!!) "Les forces russes ont attaqué les Afghans, tuant 500 hommes" - Télégramme, 9 avril. "Le Gouvernement russe espère que cet infortuné incident n'empêchera pas de poursuivre les négotiations." (Punch, or the London Charivari, 18 avril 1885)

L'ours russe s'en prend aux loups afghans (l'un git mort à ses côtés) tandis que le lion et le tigre, figurant la Grande-Bretagne et l'Inde, se tiennent en retrait.

Or, le 30 mars 1885, en violation des ordres donnés, les troupes du Tsar engagent la bataille à Ak-Teppe, écrasant les Afghans.
 
Gravure du Punch du 16 mai 1885.Notre protéiforme premier ! (comme 'Ange de la Paix' dans son insurpassable numéro de divertissement et de changement rapide) (Punch, or the London Charivari, 16 mai 1885)

Au-delà du jeu de mot avec premier (signifiant aussi Premier ministre en anglais), Gladstone est caricaturé ici en ange de la paix, avec les attributs qui y sont associés : le rameau d'olivier et la colombe. L'on peut même lire le mot peace sur sa tunique. A ses pieds sont étalés un reste de discours, une épée ainsi que des pièces d'armure. Ah, la nature changeante des hommes politiques !


Entre Russes et Anglais, le conflit paraît désormais inévitable. Ce sera sans compter sur Gladstone, le Premier ministre, qui, résistant aux lancées bellicistes de ses compatriotes, parvient à trouver une issue pacifique à la crise : au 10 septembre 1885, les Russes se voient octroyer la province de Penjdeh. D'un commun accord, une commission anglo-russe est instituée avec pour rôle de fixer la frontière afghane, mission qui s'achèvera en 1887.
 
L'on jugera, au regard de ce texte signé Paul Vasili, pseudonyme désignant un diplomate du Tsar, de l'ampleur du péril russe dans la région d'autant qu'il puise sa force à la source d'un impérialisme nationaliste exacerbé (l'on notera l'insistance sur la croyance que la destinée de la Russie se trouve en Asie):
 

Toujours par ce système de déplacement et de bascule qui faisait de la politique de lord Beaconsfield une politique contradictoire de celle de M. Gladstone, lorsque la guerre d'Orient recommença, tandis que M. Gladstone, nous demeurant fidèle, prêchait en Angleterre une véritable croisade en notre faveur et montrait à l'Europe, pour la première fois, le chef d'un parti anglais plus préoccupé de justice générale que d'égoïsme britannique, lord Beaconsfield mettait en œuvre tous les moyens que lui suggérait son inimitié pour provoquer dans le Royaume-Uni une agitation factice anti-russe. A force de mensonges, de ruse, avec une habileté diabolique, il arrêtait les Russes aux portes de Constantinople.
A ce moment éclata la guerre de l'Afghanistan. Lord Beaconsfield l'excita, l'entretint, espérant que la traînée se produirait jusqu'aux possessions russes et qu'il soulèverait l'Inde entière contre « le colosse d'argile ». Mais dès que M. Gladstone reprit le pouvoir, il fit évacuer Candahar, pacifia le pays troublé, et termina une guerre qui avait coûté 19 500 000 livres.
Cependant l'Inde restait troublée ; ses populations, si placides en apparence, ne se calment pas du jour au lendemain lorsque la fièvre des révoltes publiques les agite. Les Afghans surtout sont un peuple de guerriers. Comme dans tous les pays de montagnes, chaque homme y sait manier un fusil et il aime à s'en servir. Tout, en temps de guerre, — le souffle qui passe, la passion du sol, l'amour de l'indépendance, — fait lever des soldats pour la défense des défilés. Mais ces petites troupes sans cohésion, si elles peuvent tenir les montagnes, fuient au moindre découvert devant les armées européennes.
Vous vous rappelez, n'est-ce pas, à quoi en était la question, au moment de l'entrée du général Komaroff sur le territoire afghan. Une commission anglo-russe chargée de délimiter la frontière était, du côté anglais, sous la direction du général sir Peter Lumsden. Les lenteurs de cette commission firent quelque tort au prestige britannique, mais à qui la faute?
Le moment de cette délimitation correspondant à la prise de Karthoum par le Mahdi, si notre respect pour les malheurs qui accablaient notre ami et allié M. Gladstone ne nous avaient retenus, si, par un sentiment naturel à tout peuple aimant la conquête, nous avions songé à profiter de la défaite de l'Angleterre, il nous était facile d'entrer en Afghanistan.
Au lieu de laisser nos avant-gardes camper à Penj-deh, et de les retenir immobiles sur la rivière Murgab, nous aurions franchi le défilé du Sobat, lequel est la clef d'Hérat, comme Hérat est la clef de l'Inde. Le chemin est le même que celui suivi de temps immémorial par les hordes du Nord qui ont inondé l'Indoustan. Nous avions pris Taschkend en 1864, Bockhara en 1870, Khiva en 1873, Khokand en 1876, puis Merw, Sarakhs. Nous pouvions prendre Hérat de la même façon.
Quand nous marchons vers l'Inde, nous marchons vers nos destinées, et les peuples qui nous voient venir nous résistent de moins en moins. Nous ouvrons partout des routes, nous construisons des chemins de fer, nous jetons des lignes télégraphiques ; bientôt nous pourrons transporter à Merw cent mille hommes en six jours. La Russie occupe le khanat de Khiva et l'a incorporé. Khiva et Merw sont réunis et forment ensemble un gouvernement qui peut devenir le quartier général de bien des conquêtes. Le khan, arrière-petit-fils du fameux Tamerlan, accepte d'être le tributaire de l'empereur, qui à tous ses titres ajoutera celui d'empereur de l'Asie centrale. Le jour n'est peut-être pas loin où le couronnement aura lieu à Samarkand, en présence de tous les khans et émirs qui se trouvent sous le protectorat russe. Samarkand est aux portes de Kachemire et de Lahore; il n'y a de là qu'à enjamber les monts du Bolor pour être aux Indes.
En Afghanistan, le parti russe est considérable et l'agitation en notre faveur est des plus actives. Les Usbegs à Caboul prêchent le détachement de l'Angleterre ; les Sunnites et les Turcomans sont prêts à jouer le rôle de libérateurs en venant au secours des Afghans.
La population d'Hérat nous appelle. D'autre part, les griefs de certaines populations de l'Inde contre l'Angleterre tournent à notre profit. L'émir Abdur-rahman ne se montrerait peut-être pas insensible à une revanche contre la récente occupation anglaise, si nous lui offrions de l'y aider. Il peut craindre aussi que nous ne ramenions au milieu de nous son ennemi, son rival Eyoub-Khan. L'apparition de nos troupes seule nous donnerait une victoire facile, et dans bien des lieux nous apparaîtrions plutôt en sauveurs qu'en ennemis.
L'Angleterre a bien dans le khan de Kasghar, qui dispose d'une quarantaine de mille hommes suffisamment armés et disciplinés, un allié fidèle, un ami disposé à nous barrer le chemin ; mais il nous suffirait de soulever contre lui quelques milliers de Chinois pour l'immobiliser. Sans doute, si l'Inde était acquise à l'Angleterre de corps et d'âme et peuplée de sujets reconnaissants, elle pourrait puiser en elle-même sa force de résistance ; mais bien des haines s'y sont accumulées. La métropole peut se trouver à chaque instant en présence d'un Nana-Sahib et d'une insurrection comme celle de 1857. Les rancunes sourdes des victimes grondent encore inapaisées. L'Inde comprend deux éléments distincts : l'Hindou et le mahométan ; c'est, je crois, Du Vivier qui dit : « L'Inde possède en tête de sa faune deux espèces dominatrices : l'éléphant et le tigre. » L'un débonnaire, comme l'Hindou, supporte le joug ; l'autre, comme le mahométan, toujours prêt à s'abandonner à des accès de fureur aveugle, n'a jamais épuisé sa provision de rage. La rébellion du Soudan, le succès de leurs frères en Mahomet peut enhardir les mahométans de l'Inde, s'ils croient y voir un signe d'affaiblissement de I'Angleterre. Ils commencent à suivre notre marche avec le plus grand intérêt, non qu'ils préfèrent notre domination à la domination britannique, mais parce qu'ils verraient avec joie écraser leurs oppresseurs.
Des pamphlets révolutionnaires sont lus à haute voix dans les bazars, devant des groupes fanatisés. Les rajahs détestent les fonctionnaires anglais, fermes, justes, j'en conviens, mais hautains ; ils se sentent plus à l'aise avec nous, qui admettons leurs usages, sommes plus indulgents pour la corruption orientale et acceptons l'arbitraire de leurs mœurs. Notre caractère, d'ailleurs, s'harmonise mieux avec les goûts asiatiques que le formalisme anglais. Notre faconde et notre imagination séduisent les Hindous plus que la réserve et la raideur anglaises. Ces enfants du soleil, orgueilleux et fiers, souffrent de se laisser opprimer par de simples administrateurs ; nos femmes sont accueillies en amies à la cour des rajahs, tandis que les Anglaises y sont reçues en étrangères.
Les Anglais nous accusent de consacrer d'énormes fonds secrets à acheter peu à peu les chefs asiatiques, d'infester l'Inde de nos émissaires, de semer la désaffection parmi les populations indigènes, de soulever les mécontentements contre l'administration anglaise, d'exalter l'orgueil des Hindous, d'avoir une politique rampante, d'exciter les victimes à la révolte pour leur tendre ensuite une main secourable, d'avoir abusé de l'incapacité du précédent vice-roi pour endormir la vigilance de l'Angleterre. Nos rivaux prétendent que, parmi les milliers d'adresses de sympathies et de regrets envoyées à lord Ripon, au moment de son départ de l'Inde, la plupart étaient faites par nos agents secrets pour rassurer le Royaume-Uni sur la loyauté de ses sujets hindous ; ils disent que nous avons fait tomber dans un piège la vanité du vice-roi, lequel, en quittant les Indes, a déclaré que jamais le pays n'avait été plus fidèle et plus tranquille. Si nous avions fait tout cela, le drapeau du tsar flotterait depuis longtemps sur le government house de Calcutta. Dieu nous a-t-il marqués pour des destinées si hautes et si dangereuses ? Sommes-nous appelés à gouverner en masses plus grandes ce monde mahométan qui, refoulé par les croisades, se reforme à nouveau et menace de refluer sur le monde occidental pour l'engloutir ? Dans ce cas, ce ne sont pas de vulgaires intrigues qui mettront en mouvement de telles forces. Nous attendrons que la volonté supérieure qui préside aux faits humains nous dirige dans nos voies pour accomplir notre mission.

Comte Paul Vasili, La société de Londres (1885)
 
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