Episode 27 : Au revoir Mr Dufarge

[adaptation différente] : Le début de cet épisode a été inexplicablement tronqué dans la version française : quelques minutes ont en effet été amputées alors qu'elles s'avèrent précieuses pour comprendre pleinement le fil de l'histoire.

Dans la version française, l'épisode commence avec Sarah servant le déjeuner dans le réfectoire ; il s'ouvre sur cette image :
 
Assiette de soupe.
 
Voici en revanche le résumé détaillé de la scène dans la version d'origine (ne parlant pas japonais, je n'ai néanmoins pas pu saisir tout le sel des conversations) :
 
Sarah Crewe.
Les élèves dans l'escalier.
Lavinia tend ses devoirs à Sarah.
La version japonaise débute avec la vision de Sarah à travers la vitre du palier à une heure très avancée comme l'on peut en juger d'après la clarté crépusculaire baignant le collège. Lavinia, entourée de ses comparses habituelles, Jessie et Gertrude, attendaient visiblement que les deux petites servantes eussent accompli leur journée. Becky se tient craintivement en retrait alors que Sarah, inquiète, jette un regard autour d'elle. Lavinia prend l'initiative de s'adresser à elle d'une voix où perce le propos ironique puisque l'on distingue le mot japonais pour français. Et joignant le geste à la parole, elle lui tend incontinent le brouillon de ce que l'on devine être son devoir.
 
Sarah découvre les devoirs de français de Lavinia.
Imitant Lavinia, Jessie et Gertrude donnent leurs devoirs à Sarah.
Sarah, pensive.
Monsieur Dufarge aura chargé ses élèves de rédiger une lettre en français. La surprise de Sarah se peint un bref instant sur ses traits avant que Jessie et Gertrude ne tendent leurs copies en sa direction. Cette morgue glace Becky qui, pour la circonstance, laisse échapper un hoquet d'angoisse. Pourtant Sarah demeure sereine et, non sans une effronterie marquée étant donné sa condition vis à vis de ces élèves, elle se détourne pour ne pas les affronter du regard. Poursuivant, elle les rappelle à l'honnêteté : leur comportement puéril fait après tout offense à leur professeur.
 
Lavinia menaçante.
Sarah souriante.
Lavinia regagne sa chambre.
Ces paroles moralisatrices ont évidemment le don d'agacer Lavinia qui l'interrompt. Sarah ne se laisse néanmoins pas démonter et pousse même l'impudence jusqu'à redresser la tête pour la regarder droit dans les yeux et continuer d'une voix claire. Voilà qui a le don de révolter au plus haut point Lavinia dont la gestuelle et les mimiques trahissent l'énervement : n'eut-ce été l'heure indue, il est manifeste que des éclats de voix se seraient fait entendre. Il en faut cependant plus pour en venir à bout ; elle poursuit en rappelant à Sarah qu'elle a bien aidé Marguerite. La petite servante demeure dubitative mais Lavinia ne lui laisse pas le temps de répondre quoi que ce soit : elle lui fiche son devoir de force dans les mains avant de prestement gagner en tapinois le second étage où se trouvent ses appartements.
 
Jessie et Gertrude donnent leurs devoirs à Sarah.
Jessie et Gertrude regagnent prestement leur chambre.
Sarah tient en main les devoirs des élèves.
Bien sûr, Jessie et Gertrude l'imitent en glissant leurs copies dans les mains de Sarah. Et, à leur tour, elles dévalent les marches, laissant la petite domestique interdite. Demeurées seules, Becky jette un regard à Sarah, regard où s'affiche une compassion certaine. Celle-ci l'ignore, trop absorbée par ces devoirs qu'elle feuillette, laissant entr'apercevoir quelques mots gribouillés à la hâte.
 
Vue de la mansarde depuis le toit.
La mansarde de Sarah.
Sarah assoupie sur les devoirs.
Le plan bascule sur une vue de Londres par-dessus le toit de la mansarde de Sarah. L'aube commence à poindre et, au lointain, l'on entend le son matinal d'un clocher. Quelques moineaux viennent pépier sur les tuiles proches de la lucarne. L'on voit ensuite Sarah recourbée sur la table qui lui sert de pupitre. La vue embrasse ce bureau de fortune, avec les objets que lui ont offerts Peter et Lottie. Surtout, la chandelle consumée laisse deviner qu'elle aura travaillé toute la nuit pour terminer à temps. La petite ouvre des yeux emplis de fatigue avant de laisser filer quelques paroles inquiètes : la vérité est qu'elle se sera assoupie, comme l'on pourra l'apprendre plus tard lors d'une conversation entre elle et Lavinia dans le réfectoire.
 
Sarah est réveillée par Becky.
Sarah accueille Becky dans l'embrasure de sa chambrette.
Sarah et Becky se pressent de servir le déjeuner aux élèves.
Le bruit de quelqu'un toquant contre la porte vient la tirer de ses réflexions. La voix de Becky la salue, toujours avec le respect dû à une personne de condition élevée. Sarah répond par un oui et se lève avant de marquer un temps d'arrêt en direction des copies. Elle finit par aller ouvrir et dire bonjour à Becky. Sa voisine lui glisse un petit mot lui valant un merci sincère de Sarah. Puis le plan bascule sur le couloir du sous-sol sis entre le réfectoire et la cuisine. La voix cinglante de Mary admoneste les deux petites alors que retentit la clochette signalant l'heure du petit-déjeuner. Becky et Sarah se dépêchent alors de courir vers le réfectoire (le ventre vide, très probablement).
 
Sarah Crewe.
[erreur de doublage] : Ça n'est pas la voix habituelle de Sarah au début de l'épisode, lorsqu'elle répond à Lottie et à Marguerite.
 
Lavinia se plaint auprès de la directrice, Mlle Mangin.
[curiosité] : Quand Lavinia débite son petit discours bien rôdé pour évincer M. Dufarge du pensionnat, elle ajoute que ce dernier "lui a même offert un livre en français et qu'elle était présente quand il le lui a donné, qu'elle a tout vu ; ils ne se sont même pas aperçus de sa présence". Or cet événement se produit à la fin de l'épisode 24 : Sarah est en chemin vers le marché quand elle rencontre M. Dufarge qui lui fait don d'un livre de grammaire. Eux seuls sont présents : la question se pose donc de savoir comment Lavinia a-t-elle pu apprendre cela.
 
M. Dufarge, le professeur de français.
[continuité] : Lorsque M. Dufarge parle à Becky et s'enquiert de l'endroit où il pourrait trouver Sarah, il répond en marmottant "mhm, je la verrai plus tard". Puis il lui dicte un message à l'endroit de Sarah : "Ma chère petite, plus jamais je ne pourrai vous revoir, aussi je me permets de conseil : gardez en vous l'espoir". Rien n'explique la contradiction entre sa première phrase et le contenu de ce qu'il charge Becky de répéter.
 
M. Dufarge et Becky, la petite bonne.
[continuité] : Il semblerait que M. Dufarge appelle Becky (diminutif de Rebecca, le véritable prénom de la petite servante) "Betty" lorsqu'il lui souhaite adieu.
 
Mlle Mangin et Mlle Amélia.
[curiosité] : Lorsqu'elle annonce le départ de leur professeur de français aux élèves, Mlle Mangin leur enjoint de ne pas s'inquiéter pour leurs cours, car elle espère trouver rapidement un remplaçant. En vérité, M. Dufarge n'aura de remplaçant qu'avec l'arrivée de Mme Pascal, dans l'épisode 39 ; près de 3 à 5 mois se seront écoulés entre ces épisodes. Certes, l'intermède que constituent les grandes vacances explique partiellement la longueur de cette latence, mais pas en totalité. Reste à déterminer les raisons pour lesquelles la directrice éprouvera tant de mal à recruter : peut-être que les éventuels postulants étaient plus regardants quant à leurs appointements que le vieux professeur, la délicate situation financière du collège n'incitant pas à des traitements de choix.
 
La ruelle menant à la pension de M. Dufarge.
Sarah devant l'entrée du logis de M. Dufarge.
[continuité] : Lorsque Sarah arrive enfin en vue de la pension où loge M. Dufarge (image de gauche), l'on n'aperçoit aucun badaud devant les devantures du rez-de-chaussée. Or, au plan d'après (image de droite), quand la fillette parvient au niveau de la porte d'entrée, trois personnes sont occupées à scruter les ouvrages en vitrines.
 
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